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"Une priorité absolue" de ramener les pays du Sahel dans l'OIF, souligne la Mauritanienne Coumba Bâ (VIDEO)
FRANCE24 - Dans un entretien accordé à France 24, la ministre conseillère du président mauritanien Mohammed Ould Ghazouani et candidate au poste de secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie, Coumba Bâ, met en avant sa "posture de rassemblement" et affirme que "la francophonie doit rester fidèle à ses valeurs fondatrices" comme la promotion de la démocratie, l'État de droit et la liberté des citoyens, "tout en ne fermant la porte à personne et en aidant des pays à sortir de façon efficace et efficiente de ces situations d'anticonstitutionnalité et de rupture démocratique".
Elle est opposée à deux autres femmes africaines : l'actuelle secrétaire générale, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, et la Congolaise Juliana Lumumba, ainsi qu'à un ancien Premier ministre de Roumanie, Dacian Cioloș.
"Ma candidature, je la mets dans une posture de rassemblement", déclare Coumba Bâ. "Je reste ouverte à tout consensus, que je privilégie, et je suis aussi prête si les chefs d'État décident d'aller au vote", ajoute-t-elle.
Alors que le conflit ouvert entre la RD Congo et le Rwanda pourrait pénaliser les candidatures de ses deux adversaires africaines, Coumba Bâ précise que sa "candidature a été mûrie depuis 2019.
Interrogée sur ses soutiens lors de sa campagne, elle affirme avoir "rendu visite à plus de 40 pays où j'ai présenté ma vision" sur les 53 pays votants. "Je pense que je peux compter sur le soutien d'un bon nombre." Comme elle l'a évoqué lors de son audition, Coumba Bâ souligne "les défis de sécurité et de paix" et "la vocation de l'organisation de promouvoir un multilatéralisme très poussé".
"Ne fermer la porte à aucun pays"
Au sujet de la défense de la langue française par l'OIF en Mauritanie, elle soutient que "la langue française n'est pas en recul. C'est une langue qui est présente dans l'éducation, dans tous les cursus. C'est une langue de travail, dans le commerce, dans l'économie" et rappelle que la francophonie "défend un plurilinguisme" et qu'il s'agit de trouver "une articulation utile, cohérente et équilibrée entre cette langue française qui gagnerait à rester langue-monde par rapport aux 2000 langues qui sont parlées dans l'espace francophone".
En mars 2025, le Mali, le Niger, le Burkina Faso ont tous annoncé leur décision de quitter l'OIF. Une décision que Coumba Bâ, si elle est élue, souhaite inverser : "Si on ne doit retenir qu'une seule chose de mon premier mandat, parce que j'en ferai une priorité absolue, c'est de ramener tous les pays. C'est d'être la secrétaire générale du rassemblement, de la cohésion qui aura ramené ces pays et ouvert la porte à d'autres."
Difficultés de financement
Mais alors qu'il semble y avoir une contradiction avec les textes de l'OIF de réintégrer trois régimes issus d'un coup d'État militaire, la candidate mauritanienne rappelle que "la Francophonie doit rester fidèle à ses valeurs fondatrices" comme la promotion de la démocratie, l'État de droit et la liberté des citoyens, "tout en ne fermant la porte à personne et en aidant ces pays à sortir de façon efficace et efficiente de ces situations d'anticonstitutionnalité et de rupture démocratique".
Et alors que l'OIF fait également face à des difficultés de financement, notamment de la France qui réduit ses contributions, elle déclare que "les ressources dont nous disposons doivent être mieux utilisées. Il s'agit de faire certainement plus avec moins".
Elle estime également que les grandes entreprises privées pourraient contribuer au financement de l'organisation : "Si on a des programmes viables qui donnent des impacts et des résultats, je pense qu'on pourra mettre en confiance
tous ces partenaires qui pourront contribuer aux ressources, à aider financièrement l'organisation."
Par :
Marc Perelman