17-05-2010 02:03 - Dr Wagué Diango/Hôpital de Kaédi : « Au Gorgol, personne ne veut donner son sang… »
La semaine dernière, à Kaédi, de pressantes rumeurs ont fait état de prélèvements clandestins d’organes sur des malades au moment de leurs opérations. Ces mêmes rumeurs accusent un gynécologue de l’hôpital de Kaédi de négligences ayant entrainé le décès d’une femme. Pour plus d’information, nous avons interrogé le Dr Wagué Diango, en service à l’hôpital de Kaédi.
Ces derniers jours, de pressantes rumeurs ont fait état de prélèvement illicite d’organes à l’hôpital de Kaédi. Qu’en est-il au juste ?
Ce sont des rumeurs. Aucune transplantation n'est techniquement possible en Mauritanie. Donc je ne vois pas pourquoi prélever quoi ça soit. Secundo, le plateau technique pour ces genres d'opération n’existe pas en Mauritanie. Les gens regardent trop les séries télévisés et ne font plus la différence entre la réalité et le fictif.
Il y a aussi des soupçons sur les causes réelles du décès d’une femme ?
La femme en question allait décéder à la suite de son anémie sévère aigue (manque de sang) à cause de l'hématome rétro placentaire (gros caillot de sang entre le placenta et l'utérus) même s'il y'avait pas eu d'interventions chirurgicale.
L'intervention chirurgicale était une indication médicale dans le but d'évacuer l'utérus et d'arrêter cette hémorragie interne qui continuer d'enfoncer la patiente et précipiter une mort inéluctable. Il fallait donc intervenir en urgence.
L’hôpital de Kaédi serait confronté à un sérieux problème de banque de sang ?
Oui en effet, hélas c'est la vérité. On a tendance à oublier que le sang ça se donne et que ça ne se synthétise pas. Malgré toutes les campagnes de sensibilisation et toutes les issues fatales dans beaucoup de familles, personne ne veut donner son sang au Gorgol. C'est révoltant. Ce problème est presque dépassé dans les autres wilayas.
Autres problèmes de l’hôpital.
C'est la prise en charge des ces de patients indigents. Des patients très souvent accompagné par une ou deux personnes qui se présentent. Quand il va s'agir d'interventions en urgence tous les problèmes vont se poser pour la prise de décision, ou bien quand il s'agira de faire une transfusion (donner du sang au malade) il y a d’interminables tergiversations et palabres. Pendant ce temps, le pauvre patient est entrain de s'enfoncer et trépasser, c'est en ce moment seulement que chacun commence à montrer sa générosité.
J'aimerais que ces journalistes qui sont en train d’écrire des choses qu'ils ne maitrisent pas, utilisent plutôt leur énergie et écrits à la sensibilisation, afin d'amener leurs concitoyens à donner du sang, ainsi beaucoup de vie pourront être sauvées.
Propos recueillis par Khalilou Diagana
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Hôpital D’Aleg /Pédiatrie : Urgent ou pas urgent ?
Mercredi dernier, Mohamed Moustapha Ould Mohamed Yahya conduit son enfant de 05 mois d’Aoucherguitt vers l’hopital d’Aleg. Ould Mohamed Yahya nous a fait le témoignage suivant :
« Je suis arrivé vers 20 heures. J’ai trouvé une infirmière. J’ai demandé de voir le pediatre en urgence pour consulter l’enfant. Plusieurs coups de télephone ont été donnés mais le pediatre a refusé de repondre. Il est finalement arrivé vers 23 heures et il a refusé de consulté mon enfant qui respirait difficilement. Je l’ai ensuite amené au domicile du medecin chef d’Aleg qui l’a consulté et lui a prescrit des médicaments.»
L’infirmière de garde, elle, a fait le témoignage suivant : « J’étais ce jour là de garde. Le monsieur est venu avec son enfant qui avait le nez bouché. Ce n’était pas un cas urgent. Mais sur insistance du père, j’ai appelé le medecin. Je lui ai expliqué que ce n’était pas urgent. »
Enfin, le témoignage du pediatre en question : « L’infirmière a appelé pour un cas d’encombrement nasale non urgent. Je suis dans une situation d’astreinte 24 heures sur 24 qui m’oblige à rester dans la ville d’Aleg. Et, je ne suis tenu de repondre qu’à deux numéros officiels de l’Hopital. Un pour la pediatrie et un autre pour la maternité. »
Khalilou Diagana