13-09-2010 21:07 - Aid El Fitr : une fête sous les eaux et sous l’orage !
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L’Aid Fitr est un jour spécial qui marque la fin du ramadan pour tous les musulmans. Elle est célébrée le 1er jour du mois suivant qui est shawwal.
Cette fête qui marque la fin du mois de ramadan est l’occasion des festivités. Malgré la crise économique qui sévit sur la tête de bon nombre de mauritaniens, elle est préparée avec faste dans tous les foyers.
Très tôt dans la matinée du vendredi 10 septembre, un peu partout à travers le territoire national, les fidèles ont convergé vers les différents lieux de prière afin de communier avec Dieu. Au-delà du devoir religieux, l’Aid El Fitr représente également une occasion de rassemblement des proches entre eux préparant ainsi des repas typiquement traditionnels.
C’est aussi l’occasion de rendre visite à la famille et aux amis, paré de ses plus beaux vêtements, et de demander pardon (Adaa Yarloo Adaa Yaafoo). Les enfants frappent aux portes pour demander le "Dewenel", quelques pièces de monnaie.
Un bémol tout de même, la crise économique qui sévit dans le pays et les pluies qui se succèdent, au jour le jour, a placé une bonne partie des mauritaniens dans le désarroi des inondations. Parce que la fête s’est déroulée sous les eaux et sous l’orage.
En vérité, quelques jours auparavant, la fête de l’Aid El Fitr était source d’appréhensions pour tous les foyers musulmans. Et pour cause, les marchés et leurs alentours étaient bondés de monde. Le motif reste le même pour chacun.
Mais l’affluence fut marquée par une dominance féminine. L’affluence était au summum au marché de la Sebkha où malgré les eaux de pluie mélangées à celles nauséabondes, les visiteurs pataugeaient et les commerçants ne savaient plus où donner de la tête. Paradoxalement, ce triste constat allait de pair avec un décor où l’ambiance était malgré tout joyeuse : du tintamarre des vendeurs à la criée, de la sonorisation à longueur de journée tout y passe.
Jusqu’aux voleurs qui sont aux aguets et attendent la moindre inattention de leurs cibles. La situation économique actuelle du pays n’aidant pas, la fête de l’Aid El Fitr devenait un casse- tête pour certains parents. Il n’en reste pas moins que maintenant la fête est derrière nous, ce qui n’empêche de vivre d’autres cauchemars. Le boutiquier du coin, le commerçant de tissu, la teinturière, le couturier, le vendeur de bétail, tous sont au aguets pour récupérer leur argent.
La koritè pointe le bout de son nez avec une appréhension différente. Voilà comment la fête de l’Aid El Fitr qui devait d’ordre religieux consacrant un mois de jeûne, d’abstinence, de pénitence et de dévotion à Allah et à son prophète Mohamed (psl) a été dévoyé par une bonne partie de la communauté pour en faire autre chose, loin des préceptes du Coran et de Sunna. Ainsi a-t-elle été marquée par des gâchis incommensurables rien que pour préparer la fête . Qu’ Allah accepte notre jeûne. Wa Koul aamin antoum Bi Khaïr. Dewenati. Yo en batuni mo wuuri !
Moussa Diop