03-02-2012 16:20 - Santé : Ould Abdel Aziz compte-il insuffler un sang neuf au secteur de la santé ?
La visite effectuée mardi par le président de la république Mohamed Ould Abdel Aziz à l’hôpital de la mère et de l’enfant est porteuse de beaucoup de soulagement et d’espoir pour la frange cible, dont les taux de mortalité sont quasiment statiques depuis 2003, allant de 747 à 686 pour s'arrêter aujourd'hui à 660 décès pour 100.000 naissances vivantes .Ce qui explique certes, une forte fécondité et un risque de mortalité élevé et observé à chaque grossesse.
Il ne fait aucun doute également que si l'on ne fait rien pour réduire les risques associés à la grossesse, le nombre de femmes décédant n’augmentera avec le nombre de femmes en âge de procréer.
Ceci est d'autant plus vrai que si rien n'est fait, les femmes enceintes Compteraient plus de 3300 décès d'ici 2015 et des centaines d'orphelins et en 2022, 6600 femmes mourront et la mortalité maternelle aura fait plus de victimes que la guerre civile en Syrie.
La visite du Président intervient donc après d’autres menées dans les mêmes circonstances par l’homme de Nouakchott à des structures sanitaires du pays comme le centre hospitalier de Nouakchott, l’hôpital de l’Amitié, sans qu’elle soit suivie de progrès notoires en matière de services dispensés aux patients.
Ce qui renforce davantage les chances de voir la situation changer à partir de cette visite dont certains analystes sont convaincus qu’elle constitue le prélude d’une nouvelle dynamique du secteur, en premier essor au profit de la mère et de l’enfant.
C’est aussi vrai, puisque une visite de telle importance aussi bien pour le statut élevé de l’hôte que le profil social de la catégorie visitée, n’est généralement pas faite pour des raisons politiques, mais au contraire pour aboutir à des résultats et pour montrer à l’administration qu’elle est bien surveillée et qu’elle doit améliorer son rendement.
Une visite qui suscite aussi l’optimisme, qui devance la descente récemment promise par le ministre de la santé lors de l’émission Wejhan Li Wejh, toujours renvoyée aux calendes grecques pour des raisons que seul Ba Housseinou Hamadi connaît ; à moins qu’il ne faisait allusion à celle du président de la république dont le caractère inopiné la cuirasse de toute discrétion, car si c’est l’hôpital qui est l’objet de cette reconnaissance, c’est aussi le département qui l’est en filigrane.
Ce qui augure donc des horizons qui méritent cette fois de la part de la république davantage d’attention pour ne pas être blessés, mais qui resteraient vain si un regain n’est pas fait au profit des zones de l’intérieur du pays où les sages-femmes et les accoucheuses font cruellement défaut ; sans compter que si elles sont parfois là , elles ne disposent pas des équipements nécessaires pour mener à bien leur mission et pour permettre à la Mauritanie d’inverser ses taux élevés de mortalité.
S’il ne pas encore urgent de dépêcher dans un premier temps des gynécologues à l’intérieur du pays, pour permettre d’assurer un meilleure diagnostic des maladies relatives aux décès maternels, tel n’est absolument le cas des accoucheuses et des sages-femmes dont le renforcement de la formation en matière de santé néonatale. Aussi, la dotation du matériel requis pour leur devoir dont les tables chauffantes, les aspirateurs et les sources d’oxygène et une banque de sang de proximité, permet incontestablement à la Mauritanie d’améliorer la santé de la mère et de l’enfant.
Ceci dit, ce type de visite de haut niveau doit aussi toucher toutes les autres structures sanitaires où l’état des lieux mérite une véritable révolution pour que de manière globale, la santé promet des lendemains meilleurs autres que ces images de mouroirs, ces établissements de gémissements d’agonisants et d’évacuation à l’étranger.
Et par ce qu’on parle de la santé, beaucoup de questions restent encore posées dans ce secteur où le fiasco total de 10 ans de la santé de reproduction n’a pas déboulonné une direction toujours là , comme si l’Etat tient à récompenser les mauvais bilans.
Cette mauvaise tradition qui consiste à des nominations inappropriées, sur des bases tribales, népotistes ou régionalistes, n’est plus admissible et reste une épine plantée dans le pied du secteur, l’empêchant d’aller en avant.
C’est aussi inconcevable après chaque échec de culpabiliser le passé pour se débarrasser de ses erreurs fatales, surtout après 4 ans de travail où s’il existe des cumuls qui entravent la bonne marche du service public, ils sont le résultat de ceux qui dirigent actuellement, trouvant chaque dans le passé une perche de salut pour légitimer leur inefficacité publique.
La même remarque vaut aussi pour ces cooptations faites au profit de certains cadres du secteur de la santé qui se voient propulsés a la tête des établissements dont la vocation est étrangère à leur spécialité de carrière et dont le défaut de compétence, conduit à la dérive de toute une structure sanitaire, qui pouvait faire des progrès si elle est confiée à des professionnels de santé publique en fonction de leurs compétences.
Ahmed Ould bettar
