19-05-2012 15:24 - Les Objectifs du millénaire pour le développement.

Les Objectifs du millénaire pour le développement.

Réduire de trois quarts, entre 1990 et 2015, le taux de mortalité maternelle.
Rendre l’accès à la médecine pro-créative universel d’ici à 2015. 

Constat. Alors que l’accès des femmes aux systèmes de santé et à la planification familiale est une des conditions de leur autonomisation, en Afrique subsaharienne, seules 47% des femmes bénéficient d’accompagnement médical lors de l’accouchement.

Au plan mondial, le taux de mortalité maternelle a reculé de moins de 1% par année entre 1990 et 2005, ce qui est insuffisant pour atteindre la cible des 75%. Le taux de mortalité maternelle est aujourd’hui de 900 femmes pour 100 000 naissances vivantes en Afrique subsaharienne.

Environ 500 000 décès maternels surviennent chaque année dont plus de 99% dans les pays pauvres. Le risque de décès lié à la grossesse est de 1 pour 19 en Afrique (1 pour 9 850 en Europe). L’hémorragie est la cause majeure des décès maternels (un tiers).

Chaque année 54 millions de femmes ont des problèmes de santé à la suite d’une grossesse, et, parmi elles, 100 000 sont atteintes d’une fistule obstétricale (surtout des femmes jeunes et des adolescentes). Les explications de cette situation, tant en ce qui concerne les causes liées aux droits que les causes liées aux services de santé, sont maintenant connues. Les solutions font l’objet d’un consensus, surtout en ce qui concerne les actions de santé. Il s’agit maintenant de les appliquer :

- Prévention des grossesses non désirées et espacement des naissances ;
- Présence de personnel qualifié au moment de l’accouchement (sages-femmes, obstétriciens) ;
- Disponibilité et accès aux soins obstétricaux d’urgence (dont césarienne et transfusion sanguine) ;
- Renforcement du statut des femmes.

Des progrès ont été réalisés en matière de réduction de la mortalité maternelle dans plus de 100 pays grâce au renforcement et à l’extension d’interventions qui ont fait leur preuve : planification familiale, présence de personnel qualifié lors de l’accouchement, disponibilité et accès aux soins obstétricaux d’urgence. Mais ces progrès sont inégaux selon les régions : en Afrique au sud du Sahara la réduction de la mortalité maternelle n’a été que de 2% de 1990 à 2005, alors qu’elle dépasse 20% en Asie.

Engagement Français

Outre sa contribution volontaire annuelle au Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) (4,6 millions d’euros sur 2006-2007), le MAEE finance un projet de 2 millions d’euros avec la même organisation et l’association Équilibres et Populations pour la lutte contre la mortalité maternelle et pour la lutte contre les fistules obstétricales. Elle apporte également de l’expertise technique auprès de l’OMS (à Niamey) et de l’UNFPA (à Dakar) pour appuyer leurs stratégies de lutte contre la mortalité maternelle et néonatale dans les sous régions africaines.

Des projets de santé maternelle sont également soutenus par l’AFD. Cette dernière a engagé plus de 48 millions d’euros sur des activités dans ce domaine dans 9 pays. Un projet de 3 millions d’euros est également mis en Å“uvre depuis 2008 par l’Université médicale francophone virtuelle, intitulé « formations internationales par internet santé mère-enfant ». Enfin, sur la période 2003-2008, le MAEE a cofinancé des projets concernant la santé des mères et des enfants, mis en Å“uvre par des ONG pour environ 2,5 millions d’euros.


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Le forfait obstétrical en Mauritanie, une réussite d’amélioration de la santé maternelle

En Mauritanie, les niveaux très élevés de la mortalité maternelle (930/100.000 naissances vivantes en 1990) et de la mortalité infanto-juvénile (137/1000) témoignaient de l’insuffisance du système sanitaire mais aussi des problèmes liés à l’accessibilité géographique et financière aux services de santé.

Le Ministère de la Santé a lancé en 2002 une initiative de mutualisation du risque obstétrical. Ce programme a été initié avec l’appui de l’Ambassade de France puis de l’AFD et reçoit actuellement le soutien complémentaire de l’UNICEF, du FNUAP, de l’Espagne et de Monaco. La maîtrise d’ouvrage est assurée par le Ministère de la Santé, à travers le programme national de la santé et de la reproduction. Le choix d’un système de pré-paiement sur le mode forfaitaire a été guidé par le double principe d’équité pour les bénéficiaires et de simplicité pour l’équipe chargé de la gestion.

Cette stratégie nommée « Forfait obstétrical » a débuté en 2002 dans deux arrondissements de la ville de Nouakchott puis étendue progressivement aux capitales régionales en 2005 et puis à d’autres villes avec des financements du FNUAP en 2008. Elle s’intègre dans la politique nationale 2005-2015 qui a ciblé en priorité la santé de la mère de l’enfant.

Actuellement, environ 35% de la population cible du pays peut bénéficier de cette stratégie. L’objectif est d’atteindre 80% à la fin 2011. Le forfait correspond a une cotisation équivalente à 18 euros environ permettant à toutes les femmes enceintes de faire suivre la totalité de leur grossesse et d’accoucher dans des structures indépendamment du déroulement de la grossesse, du mode d’accouchement, et des complications éventuelles.

Les recettes issues des cotisations assurent le réapprovisionnement en médicaments et consommables (30%), aident au fonctionnement des structures de santé (10%), payent les gardes du personnel du bloc opératoire, puis assurent au personnel des maternités des primes (30%) destinées à compenser la perte des perceptions d’honoraires non officiels. Afin que la notion de qualité reste présente chez les prestataires, ces primes sont attribuées en fonction de critères : respects de l’hygiène, ponctualité, respect des protocoles, qualité de l’accueil.

La Direction régionale de la santé reçoit 10% des recettes afin de rembourser les frais occasionnels par quelques transferts inévitables en réanimation ; ce fonds sert également à prendre en charge les médicaments et consommables des patientes les plus démunies. Les résultats montrent que dans les provinces où le projet est mis en œuvre, le taux de mortalité de 466 décès en 2004 est passé à 198 en 2007.

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Commentaires (5)

  • paccorabane (H) 20/05/2012 14:58 X

    Vous n'avez sans doute pas tord TEGUEDI. Sans ressource humaine de qualité et en quantité, on aura beau déverser de l'argent dans le secteur de la santé pour rien. Le reste est du ressort du management.

    Chaque jour des personnes meurent dans nos établissements de santé pour cause d'incompétence et de manque d'organisation criard de la prise en charge et du suivi des patients.

    wa salam

  • ArrefT (H) 20/05/2012 14:18 X

    En tout cas, et dépuis l'investiture de Ould Abdel Aziz à la tête de l'état, nous constatons une nette amélioration sur tous les plans (social, économique, politique...Ect).

  • habouss (H) 19/05/2012 19:06 X

    Arroseur arrosé ! Lire 400 à 500 pour 100 000 naissances.

  • habouss (H) 19/05/2012 18:40 X

    Réactualisez vos chiffres ! Cette affirmations ''Le taux de mortalité maternelle est aujourd’hui de 900 femmes pour 100 000 naissances vivantes en Afrique subsaharienne.'' est fausse, même à la fin des années 90, on parlait de 700 pour 100 000 naissances, nous voilà en 2012 et vous continuer à alarmer avec une fausse appréciation.

    La MM maternelle est comprise aujourd'hui entre 400 000 et 500 000 pour 100000 naissances vivantes. Cela reste, certes, très élevé, mais gardons nous de jeter les bébés avec l'au du bain !!!

  • TEGUEDI (H) 19/05/2012 15:29 X

    Il est évident de rappeler ici les appels lancés- incessamment par toute la communauté internationale – aux Anthropologues et aux Sociologues quand l’épidémie du Sida s’est développée d’où le recrutement par le département depuis 2000 (OMD), des Sociologues, des juristes, des économistes, des assistants sociaux et autres pour répondre efficacement à cette problématique (ref. OMD). Où sont ces 96 cadres qui ont été recrutés depuis 2002 ?

    Ainsi, le médecin ne doit-il pas s’appuyer sur ces spécialités pour être capable d’influencer aussi sur les politiques publiques concernant son domaine d’autant plus que la « santé n’est plus seulement l’état complet du bien-être physique, mental et social » mais aussi le bonheur : la vie elle-même.

    Tant que ces approches ne soient pas prises en relief la santé battra toujours de l’aile dans notre pays comme je vous l’avais bien signalé dans ma lettre que je vous ai adressée et à travers CRIDEM aussi

    Sid’Ahmed Teguedi
    Anthropologue de la Santé