07-08-2012 11:51 - L’éditorial de La Nouvelle Expression : Piétiner Messaoud ou tuer Biram…

L’éditorial de La Nouvelle Expression : Piétiner Messaoud ou tuer Biram…

Pour l’amour et la stabilité de son pays et pensant bien faire, Messoud Ould Boulkheir avait pris son bâton de pèlerin pour essayer de concilier les deux bords politiques du pays.

Aplanir les divergences et essayer de leur faire prendre ensemble la commande du bateau mauritanien dans une mer si agitée. Le président de l’Assemblée Nationale pense qu’avec un gouvernement d’union nationale, la Mauritanie évitera la décadence politique qui caractérise, depuis quelques temps, son quotidien.

Oui, Messoud croyait, dur comme fer, que son initiative tendant à rassembler les pôles politiques antagoniques pour une gestion commune du pays immuniserait ce dernier des maux qui plombent son avenir au triple plan politique, économique et culturel.

De son côté, Biram, par l’incinération de l’abrégé de khlil, une ancienne jurisprudence malékite (13è siècle) qui fait l’apologie de l’esclavage, voulait interpeller la société des élites mauritaniennes sur la gravité de la situation des ces « autres Mauritaniens ». Des Mauritaniens considérés comme des sous-hommes, réduits en esclavage par des bourreaux qui, pour justifier leur forfaiture, invoquent comme source l’abrégé de Khlil.

Par ce geste, Biram Dah Ould Abeid, cherchait à ouvrir un débat sans ambages sur les sources « islamiques » de l’esclavage, permettant ainsi aux Mauritaniens, dans leur ensemble, de s’affranchir de cette immoralité culturelle entretenue par des obscurantistes qui nuisent plus qu’ils ne servent l’islam.

Curieusement, le pouvoir en place après, avoir accordé un blanc seing à Messaoud, vient, semble-t-il, de le désavouer par le rejet pur et simple de son initiative. Une insulte qui ne laissera pas le vieux tribun indifférent. Qui connait Messaoud sait que l’homme supporte mal de se faire « mariner »

Et Biram, quant à lui, est jeté en prison avec six de ses amis pour atteinte aux valeurs islamiques, son dossier devient une patate chaude entre les mains de l’appareil judiciaire qui se dessaisit de l’affaire. Il est toujours gardé en prison car l’exécutif avait promis de punir cet homme qui dérange. Sous le coup de la torture morale, Biram est entrain de souffrir. Avec son admission aux urgences de l’Hôpital national dans la première semaine du mois de Ramadan, les militants des droits de l’homme craignent que le pouvoir ne cherche à éliminer ce militant encombrant…

Piétiner Messaoud ou tuer Biram ne va que nuire à la Mauritanie. Les pouvoirs publics le savent plus que n’importe qui d’autre, parce que par le passé on a commis toutes sortes des crimes contre des individus qui ne pensent pas de la même façon que le pouvoir en place et on a vu le résultat : déchéance culturelle, économique et politique de la Mauritanie qui a fini par être écartée du concert des nations civilisées.

Messaoud et Biram, sont-ils antinomiques ? La politique est-ce une autre dimension de lutte contre l’injustice ? Y a-t-il démarcation claire entre la politique et les Droits de l’homme dans la gestion des affaires de nos cités, notre relation avec la marche de notre pays ?

Messaoud Biram, y a-t-il dualisme, divergence de vues sur les néfastes problèmes qui tirent le pays vers le bas ? Pourquoi veut-on entretenir cette image, entre ces deux figures qui partagent tout ensemble pour le besoin de la Mauritanie ? Des questionnements qui occupaient le Mauritanien. Avec l’émission sur le négoce des esclaves, la Radio du Coran sans le vouloir a donné la réponse aux citoyens de ce pays sans ambigüité.

L’incinération d’une ancienne philosophie vigh qui « islamise » l’aberration et l’ignominie, a fixé et déterminé le Mauritanien que ces leaders de la Communauté haratine ont plus à partager et les brebis galeuses pour leur opposition peuvent ranger leurs armes même s’ils auront encore du temps à surfer sur la méthodologie de combat de ces deux leaders. Deux lions où l’âge et le contexte diffèrent leur approche de lutte contre l’esclavage et l’injustice qui mine la cohésion sociopolitique du pays.

Pour ceux qui veulent cultiver la discorde entre Messaoud et son poulain, la radio du Coran a levé le voile sur le lien entre ces deux symboles (l’émission sur le négoce des esclaves). Le système a fait comprendre que le combat de Biram, le pourquoi de son emprisonnement aujourd’hui, ce combat a été de tout temps et reste encore celui de Messaoud Ould Boulkheir et de tous les autres citoyens épris de justice pour une Mauritanie égalitaire. La sortie de son parti APP sur l’émission de la radio en témoigne.

On s’est longtemps accommodé de l’amalgame (et ça continue) sur les auteurs des crimes odieux qui ont souillé l’histoire récente du pays (sang, société, voire économie). Cette situation voulue est une façon de reléguer au second plan, comme d’habitude, les solutions des questions importantes de ce pays. On continue à entretenir la division entre les combattants pour une Mauritanie libérée du joug de l’injustice.

« Ils » ont réussi à semer la graine du racisme, d’où la communautarisation de tout les problèmes fondamentaux du pays. Ils ont réussi à faire pousser la mauvaise semence au grand dam et détriment de notre Mauritanie à tous. Mais ne désespérons pas ; cultivons la vigilance, la tolérance pour permettre à la Mauritanie d’expier les péchés de ses indignes fils qui l’ont plongée dans les profondeurs de la déchéance.

Seydi Moussa Camara


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La Nouvelle Expression revient en Septembre.

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A bientôt.


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Commentaires (13)

  • mansour25 07/08/2012 18:29 X

    Tenter de diviser la communauté maure est une entreprise vaine !!! La haine que portez pour la majorité des habitants de ce pays finira par vous consumer, et vous n’aurez pas droit à une sépulture même au cimetière des esclaves de DIOUGOUNTOUROU

    Apprenez à aimer votre pays et vos semblables, ainsi et seulement ainsi vous pouvez entamer tous les combats justes qui vous chantent, si entre temps la sincérité aurait pu visiter votre pauvre cœur malade.

  • Awesome 07/08/2012 18:24 X

    Arretez ce comportement chauvin et racist. il y'a belle et bien des sarokolle en mauritanie. il faut s'attaquer au contenu pas a la personne

  • Ksaleh 07/08/2012 16:46 X

    Ishaghh,
    tu représente le prototype de ce raciste esclavagiste Beydane qui ne peut voir au delà du bout d son nez quand il s'agit de se débarrasser de ses tares moyenâgeux.

    Je te signale que depuis le temps côlon, on utilise le mot sarakole pour désigner les Soninke, on dit simplement Soninke.

  • RIMDU76 07/08/2012 16:17 X

    M. Ishghh,
    Quand on a plus rien a dire dans ce pays, c'est sur l'origine supposée des gens auquel on s'attaque. juste une précision, il n'existe pas de sarakholé en RIM

  • Oumar9 07/08/2012 15:49 X

    les chiens esclavagistes aboient la caravane de la liberté passe

  • ishaghh 07/08/2012 15:40 X

    Un sarakolé, de surcroit un camara appartenant à une sous fraction sarakolé la plus moyen-âgeuse et obscurantiste, hautain et orgueilleux, qui se permet le luxe de se poser en champion de la lutte antiesclavagiste!!!

    En plus ce monsieur n'est ni journaliste ni rien du tout. Juste un guignol qui veut se faire voir.

  • assounni 07/08/2012 14:01 X

    Camara
    je n'ai jamais lu quelqu'un qui peut t'égaler dans la mauvaise foi!!! "une ancienne jurisprudence malékite (13è siècle) qui fait l’apologie de l’esclavage". C'est un mensonge!

    C'est sûr que s'agissant de religion tes connaissances sont très limitées. Tu n'est guidé dans tous tes écrits que par la haire de la culture et de la civilisation arabo-musulmane, à laquelle nous appartenons, y compris toi-même

  • bougnoul 07/08/2012 13:27 X

    @Mohamed w.l
    A partir du moment où tous les cridemiens se rendent compte que t'es une personne effectivement paranoïaque on ne fais plus attention à tes délires et à ton comportement illogique....

    t'es une personne qui doit être prise en charge

  • mohamed w.l 07/08/2012 12:46 X

    je me demande ce que cherche Seydi Moussa Camara par ses mensonges qui le paye et pour quoi

    dans se pays il n ya qu un seul esclave, ses toi Seydi Moussa Camara et biram car vous ete esclave de l argent vs n ete pas maitre de votre destin

  • KANTAKI 07/08/2012 12:44 X

    Mesaaoud Ould Boukheir et Biram OUld Abeid ne sont pas comparables. Le premier est un homme avisé, responsable et sait faire la part des choses.

    Pourtant, Messaoud a été soumis à l’esclavage dans sa jeunesse et sa lutte contre les thèses malékites sur l’esclavage ne datent pas d’hier. Mais Messaoud n’a jamais attaqué frontalement l’Imam Malek, qui a régné sur Médine en Arabie Saoudite , il ya près de 13 siècles en tant que grand Imam et prolixe narrateur des thèses » vouriuistes », c'est-à-dire aux jurisprudences appliquées à l’époque à une certaine interprétation des textes coraniques, pourtant très clairs sur la pratique de l’esclavage.

    BIram, un homme militant mais qui a choisi une autre tactique de guerre : la provocation et le défi.

    Le droit ne les lui interdit pas. Et en l’espèce, je confirme que le recueil de Malik, entre autres, n’est pas un texte sacré. Le brûler ou le jeter dans une machine à détruire n’est pas un acte blasphématoire.

    L’erreur de Biram est d(avoir cru s’attaquer à des niches d’esclavagistes et à leurs thèses. En fait, tant les esclavagistes que les soumis aux thèses de l’Imam Malik sur l’esclavage croient dur que l’Islam établit que la non soumission à la différence par la naissance est une négation des textes sacrés et punissable comme telle. La lutte contre l’esclavage n’est pas seulement l’apanage de ceux qui se considèrent ruinés par les thèses malékites et ses successeurs dans la même pensée.

    L’esclavage est l’affaire de tous les mauritaniens aussi bien maures que négro-africains.

    Les ONG opérant dans le domaine doivent sensibiliser ceux qui pensent que l’esclavage est un droit, aussi bien chez ceux qui domestiquent que ceux qui se soumettent à l’asservissement. La loi criminalise l’esclavage aussi bien comme acte « maître » que comme acte « esclave ». Nos faqihihs de fortune n’ont aucune originalité dans le domaine et se contentent de réciter par cœur les thèses de malek et autres successeurs. Ces faqihs doivent réfléchir et lire le Coran comme il se doit Mais le problème n’est pas en Mauritanie. Il est ailleurs dans la péninsule arabique où le pouvoir de l’argent et le pouvoir politique continuent à professer des thèses archaïques et illégales par ailleurs dans bien d’autres domaines de la pensée ou prétendue pensée islamique. C’est de là que tout cela est arrivé et c’est là aussi que la lutte doit aussi continuer.

  • shouda 07/08/2012 12:19 X

    Vraiment vous êtes comme toujours égal à vous-même : vous êtes animé d’une très mauvaise intention. II est clair que vous cherchiez toujours la moindre occasion pour nuire à la cohésion de ce peuple affamé et spolié par des dirigeants corrompus et très mal préparés. Ça se lit clairement sur votre visage !

    Que Dieu nous protège de ces charlatans journalistes.

  • Ould Kanigui 07/08/2012 12:14 X

    C'est ce Biram qui n'a rien compris d'un combat qu'il est en train de sacrifier en commettant des erreurs irréparables. Aussi, il a eu le culot de taxer le vieux Messeoud d'esclavagistes alors que c'est lui qui avait demandé du haut du perchoir sa libération.

    Biram doit comprendre qu'il n'est pas possible de combattre un systéme bien assis en faisant la guerre par la meme occasion à ses propres frères.

    C'est buiram qui est à l'origine de la dissidence du mouvement Ira qui quoi qu'on dise a pesé sur la balance.

    Biram doit des excuses au peuple mauritanien mais surtout aux plus démunis qu'il a juré de défendre.

  • conseiller 07/08/2012 12:09 X

    Pour que votre article ait un sens et se retrouve dans toute l'objectivité recherchée, il est mieux de reconnaître certains mérités d'un pouvoir qui cherche à peser sur la balance entre conservateurs plus nombreux encore que progressistes.

    Monsieur, vous n'etes pas un journaliste mais un chevronné de la lutte contre l'injustice. Il vaut mieux vous recycler dans ce cadre car vous aurez l'occasion de mieux dire et dans des instances (nationales et internationales) beaucoup plus autorisées.

    Un conseil d'ami car chaque jour on vous sent venir dans votre engagement qui ne trompe point.

    Un ami de l'autre bout du monde.