23-12-2012 06:29 - 40 émigrés largués dans le désert maroco-mauritanien
«Depuis quelques jours, nous sommes en contact avec de jeunes sénégalais qui sont dans le désert au niveau de la frontière entre le Maroc et la Mauritanie. Ils ont été transportés par la police par un bus marocain avant de les larguer en plein désert. Pour leur dire : “débrouillez vous !“», témoigne l’altermondialiste visiblement ulcéré par l’attitude du Sénégal.
«Je n’arrive pas à comprendre que la disparition d’un seul américain puisse mobiliser toute l’Amérique, alors que chez nous, la situation de nos jeunes nous laisse indifférent», s’indigne-t-il, en précisant qu’il y a «des Sénégalais, des Ivoiriens, des Togolais, des Gambiens, des Camerounais, des Congolais etc.» parmi les émigrés expulsés.
Et d’ajouter : «Ils nous ont appelé pour demander du secours en disant: «nous sommes là. On nous a largués ici. Nous n’avons aucun document. Nous n’avons pas d’argent pour nous nourrir. Nous sommes dans le désert entre la Mauritanie et le Maroc. Nous ne pouvons pas retourner au Maroc parce que nous ne disposons pas d’autorisation d’entrée. Nos papiers ont été récupérés par la police marocaine. Nous ne pouvons pas rejoindre la Mauritanie». Et l’altermondialiste de s’interroger: «Qu’est ce qu’il faut faire?. Nous sommes entré en contact pas plutard que ce matin (hier, Ndlr)».
Cependant Mignane Diouf qui précise que leur rôle se limité à la médiation souligne qu’il revient à l’Etat de demander aux marocains d’arrêter. «Nous sommes juste entrain de jouer une médiation citoyenne. Nous ne sommes pas l’Etat, qui est le seul capable de dire à l’Etat marocain : «arrête ça et rend nous, nos concitoyens !» C’est le travail de l’Etat. Nous essayons à notre niveau avec nos contacts et nos réseaux au Maroc et en Mauritanie comment les secourir en envoyant au moins de l’eau et éventuellement aider ceux qui veulent revenir au Sénégal en passant par la Mauritanie».
A l’en croire, «ils sont au nombre d’une quarantaine dont douze sénégalais. Certaines émigrées avaient d’énormes problèmes de femmes. Vous comprendrez ce que je veux dire». «C’est une situation qui ne mérite pas d’être vécue. D’autant plus qu’entre le Sénégal et le Maroc, des conventions ont été signées depuis 1964. Ces conventions font que le Maroc a un quota de places dans l’Université de Dakar. Les Marocains ont la liberté de s’installer à Dakar et d’y tenir leur commerce. Ils sont devenus d’ailleurs nos cousins et nos frères», fait remarquer l’altermondialiste.
Par conséquent, conclut Mignane Diouf, «il est bon d’abord de secourir d’urgence les Sénégalais qui sont dans les difficultés avec éventuellement les autres africains. Ensuite, reposer diplomatiquement et de manière citoyenne les relations maroco-sénégalaises qui datent de très longtemps»
Abdoulaye Thiam
