24-12-2012 08:45 - Accusé de vol, le tailleur est libéré sous contrôle judiciaire.
Un Guinéen du nom de Mohamedou Boye Barry, 31 ans, a été déferré au parquet de la République.
Il a été accusé par un boutiquier du nom de Sidi Ould Elbou, de lui avoir volé un montant de 180.000 UM qu’il avait déposé sur son comptoir. Selon lui, personne n’était entré sauf le Guinéen qui était venu déposer sa machine.
Couturier de son état à El Mina, le Guinéen a réfuté l’accusation, soutenant qu’il n’est jamais entré dans la boutique. Selon lui, chaque soir à la descente et cela depuis des années, il confiait sa machine à un de ses compatriotes, propriétaires d’une cafétéria voisine et que c’est ce dernier qui se chargeait de garder la machine dans la boutique, moyennent une rémunération mensuelle.
Arrêté par le Commissariat d’El Mina 1, Mohamedou a été déferré une première fois lundi 17 décembre, retourné au Commissariat par le Procureur pour compléments d’enquêtes, avant d’être ramené hier Mercredi.
Devant le Procureur, le plaignant et l’accusé se sont confrontés, chacun avec sa thèse. Après les avoir entendus, le Procureur les a orientés vers le juge d’Instruction du 6ème cabinet qui libéra le Guinéen sous contrôle judiciaire. En sortant du Palais, Mohamedou qui était vêtu d’un pantalon noir et d’une chemise rouge, remerciait Allah qu’il ait pu toucher le cœur des Magistrats.
"Si on m’avait envoyé en prison, que feraient ma femme et mon enfant ? " disait-il. La taille élancée, chétif, Mohamedou soutenait à qui voulait entendre qu’il vit en Mauritanie depuis dix ans et que c’est la première fois de sa vie qu’il voit un commissariat de police.
Il s’en prenait au boutiquier, jurant qu’il l’a injustement accusé, pestant contre le sort qui lui a fait passer trois nuits au Commissariat, pour le plus grand malheur de sa petite famille. Selon lui, la seule pensée qu’il est accusé de vol lui fait remuer les tripes tellement c’est une infamie dans sa famille. Daouda Konaté qui avait fait l’enquête lui dit qu’il devra se présenter tous les dimanches et mercredis au Commissariat d’El Mina 1 pour signer le registre de présence jusqu’à la tenue de son procès.
Abou Cissé
