25-12-2012 10:22 - Un policier mêlé à une affaire de visa est relâché.
Le brigadier chef Diop Alassane dit Séni a été libéré de prison le 2 décembre dernier après dix jours d’incarcération. Il a pourtant toujours plaidé innocent, soulignant faire les frais d’ennemis qui cherchent à briser sa carrière.
Pas vraiment convaincu de sa culpabilité, le Procureur de la République ainsi que le juge d’instruction du 5ème cabinet qui avaient en charge son dossier n’ont pas hésité à lui accorder une liberté provisoire. Passé en conseil de discipline pour corruption, il a été déferré au Parquet suite à un problème de visa.
Pour le moment, Diop Alassane attend son jugement pour se situer par rapport à sa carrière. Diop Alassane reste convaincu du fait qu’il existe des personnes qui ne lui veulent pas du bien. Il se rappelle d’une affaire antérieure où il fut également mêlé à une affaire de corruption.
Déferré au Parquet, il sera acquitté lors de son jugement devant une Cour. De retour à son travail, il dit constater que les médisances sur son compte n’avaient pas cessé et que l’effort de ceux qui veulent le jeter hors de la police s’est poursuivi, sans qu’il n’en fasse fi, continuant à accomplir son travail convenablement. Pour lui, cette nouvelle affaire est une manigance de plus, mais que rien dans ce qui lui est à nouveau reproché n’enfreint la loi. Diop Alassane travaille depuis des années à l’aéroport de Nouakchott, où beaucoup de ses chefs l’apprécient.
Il lui est reproché aujourd’hui d’avoir aidé une Ivoirienne à entrer sur le territoire en lui procurant un visa. Le même reproche a été également fait à son collègue Sambo Ould Sidya, qui travaille également à l’aéroport, lequel aurait lui aussi aidé une Malienne détentrice d’un passeport français à obtenir un visa d’entrée. Le pot-au-rose sera découvert plus tard. Les deux femmes seront arrêtées sur la route de Nouadhibou par un contrôle de police.
Là, les policiers découvrirent qu’elles détenaient toutes les deux de faux passeports. Celui de la Malienne d’origine était flagrant, car la date d’établissement de son passeport était 2013 alors que nous sommes encore en 2012. Elles furent convoyées à la Direction de la Surveillance du Territoire (DST). Interrogées, elles dénoncèrent les deux personnes qui leur avait servi d’intermédiaires, un dénommé Salif Kane pour la Malienne et un Togolais du nom de Yao pour l’Ivoirienne. A leur tour, ces deux personnes auraient indiqué être passés par deux policiers de l’aéroport, Diop Alassane et Sambo Ould Sidiya.
Les deux policiers soutiendront n’avoir fait que récupérer les passeports, qu’ils ont déposé à la DST pour l’obtention du visa, après avoir versé la taxe correspondante. Ils sont repassés plus tard à la DST après accomplissement des formalités et qu’il n’y a aucun mal à cela et que tous les policiers font des facilités pour leurs amis, des connaissances et en effet à tout le monde. Selon leur déclaration, en aucun moment, ils n’ont dévié des procédures normales pour l’obtention de visa. Sambo dira que s’il y a un fautif, ce sera sûrement l’agent de la DST préposé aux visa.
Ce dernier devait d’abord vérifier la validité des passeports, ayant à sa disposition les instruments de contrôle nécessaires, avant d’apposer le sceau du visa. Pour leur part, ils soutiennent n’avoir en aucun moment constaté que les passeports étaient faux. A souligner que Sambo Ould Sidya est un Haratine du Guidimakha qui se confond d’ailleurs aisément avec les Soninkés dont il maîtrise parfaitement la langue.
C’est lui qui joue au traducteur pour les émigrés Soninkés en provenance d’Europe et ailleurs, qui lui vouent d’ailleurs une grand estime. A noter également que l’enquête sur cette affaire a été confiée au brigadier chef Mohamedou Ould Mokhtar de la DST.
Une efficace policière qui bosse dans le service depuis des années et en maîtrise tous les rouages. Il est souvent chargé du convoi des étrangers refoulés sur décision judiciaire, comme c’est le cas actuellement avec six étrangers en instance de refoulement, quatre Congolais dont deux femmes, un Sénégalais et un Guinéen. Jugés pour délits par la Cour Correctionnelle, ils ont été condamnés à la conduite aux frontières, plutôt qu’à des peines d’emprisonnement.
Abou Cissé
