26-12-2012 20:54 - Le calvaire des enfants nés de parents étrangers en Mauritanie.
La Mauritanie, de l’avis de beaucoup d’étrangers, est le pays africain le plus difficile. Beaucoup d’entre eux vivant dans ce pays ne parviennent pas à décrocher un acte de naissance pour leurs enfants nés sur le territoire Mauritanien.
C’est le cas d’Ola, une Nigériane Musulmane, mariée à un compatriote de même religion. Ils vivent depuis des années en Mauritanie. En 2010, elle avait accouché à la clinique Kissi. Un certificat d’accouchement lui fut délivré. Parce qu’elle devait se rendre chez elle au Nigéria, auprès de sa mère gravement malade, elle s’était rendue à la Mairie du Ksar pour obtenir un certificat de naissance pour son enfant.
Elle sait que sans ce document, elle risque de se faire arrêter au premier poste frontalier, car elle ne détient pas la preuve que l’enfant qui l’accompagne est le sien.
A la Mairie du Ksar, elle déposa le certificat d’accouchement délivré par la clinique, son acte de mariage, une photocopie de son passeport portant un visa toujours valable plus sa carte de séjour. Les agents de la Mairie lui donnèrent rendez-vous. Commence alors une longue série de va-et-vient, puis finalement, les agents lui dirent que son dossier est perdu. "Les papiers n’ont pas de pieds pour marcher, comment peuvent-ils se perdre entre les quatre murs d’un bureau ?" s’enquit-elle.
"Ils sont perdus, ils sont perdus, c’est tout" lui laissa-t-on entendre. Elle en pleura de rage et de déception. Déboussolée, elle se rendit à la clinique Kissi où elle avait accouchée, mais là, on lui fit comprendre qu’ils ne peuvent pas l’aider à obtenir un certificat de naissance pour l’enfant, que tout ce qu’ils pouvaient faire, c’était de lui donner un certificat d’accouchement.
Ils lui délivrent un autre certificat à la place de celle qui a été "perdue" et il lui fut conseiller de s’adresser à la Mairie la plus proche de son domicile. Elle constitua un nouveau dossier, copie passeport, acte de mariage, carte de séjour, plus certificat d’accouchement, qu’elle déposa à la Mairie d’El Mina.
Rendez-vous lui fut fixé dans deux jours. Elle subit de nouveau le calvaire des va-et-vient. Fatiguée, elle finit par dire au personnel, qu’elle ne cherchait pas la nationalité Mauritanienne pour son enfant, mais juste un acte de naissance, qui est un droit universel.
Prise de rage, elle dit que beaucoup de Mauritaniens nés au Nigéria trouvent facilement l’acte de naissance ; qu’elle-même, elle est née en Côte d’Ivoire dont elle détient l’acte de naissance bien que plus tard, elle a conservée la nationalité de ses parents Nigériane. Les agents lui demandèrent d’attendre la fin du recensement des étrangers en janvier 2013. Mais Ola ne peut attendre. En larmes, elle dit qu’elle se rendra au Nigéria coûte que coûte, et tant pis pour l’acte de naissance de son enfant.
Elle se débrouillera, que sa mère est gravement malade, et qu’elle voulait juste un acte pour son enfant pour lui permettre de voyager. Aux derniers moments, elle a décidé de se rendre au Ministère de l’Intérieur pour exposer son problème. Tout ce qu’elle veut, c’est un justificatif administratif que l’enfant est le sien. Avec leur enfant âgé aujourd’hui de 2 ans, Ola et son mari ne savent pas à quel Saint se vouer. Ils en appellent au Président de la République.
Abou Cissé
