27-12-2012 14:51 - Loupe du Jour : Le problème n’est pas dans l’organisation des élections
A entendre le pouvoir et ses soutiens faire des élections municipales et législatives l’ordre du jour d’un chronogramme politique aux contours non encore assez clairs et de l’autre côté, en observant l’opposition alignée sur les ondes de la COD faire la moue par dédain de la cuisine que veut servir le président Aziz et ses affidés, et entre les deux un peuple qui n’arrive pas à voir très clair sur son présent et très sceptique sur l’avenir politique du pays, on se pose une question qui demeure toujours sans réponse : que cherche-t-on à faire de la Mauritanie ?
Il est embarrassant et regrettable d’assister à une déperdition des énergies sur des futilités alors que la Mauritanie a besoin avant tout de rattraper le temps perdue. Elle est déjà très redevable d’une dette énorme à l’égard des générations présentes et celles à venir.
Les responsabilités seront situées le moment venu. Les pillards des deniers publics seront démasqués. Les putschistes qui se complaisent dans le luxe mais qui seront rattrapés par l’histoire doivent songer aux tords qu’ils ont fait subir à la Mauritanie.
Les auteurs de toutes sortes de délits attendront leur sort morts ou vivants. Bref l’heure de la vérité sonnera un jour. En attendant : que de questions importantes ont été sacrifiées à l’autel des querelles d’intérêts mesquins qui ne servent ni ceux qui se combattent entre eux comme des taureaux, ni ceux qui subissent cette violence inouïe.
Tous ces gens qui se réclament d’un tel groupe, d’une telle tendance veulent maintenir le pays dans une situation de précarité absurde. Certains cherchent le pouvoir à tout prix. D’autres sont en mal de gloire. Les plus nombreux veulent se frayer un chemin sur la ruine des valeurs censées protéger un pays contre des marchands de la facilité.
C’est cette situation qui prévaut et qui prévaudra tant que ceux qui dirigent ferment la porte à la recherche de solutions en mesure d’éviter que l’on continue de vivre une précarité institutionnelle. La Mauritanie a trop souffert de cette longue marche vers l’inconnu. Dans ces conditions on ne pourra jamais asseoir une démocratie si élémentaire soit-elle.
On ne pourra pas garantir un avenir stable pour ce pays. Comment vouloir instaurer la paix quand ceux qui prônent la réconciliation des cœurs et des consciences attisent la haine. Il y a une volonté malsaine d’étouffer tout un pays à cause de la folle ambition de nos hommes politiques que l’on supplie de jouer à l’apaisement par les mots d’abord ensuite par la responsabilité morale et le devoir patriotique.
Il faut nous dire si ce pays est une chasse gardée pour un groupe, pour des hommes qui se croient plus puissants ou si c’est une terre commune pour tous. Il est temps de marquer une pause pour réfléchir sur ce que nous avons accusé comme retard, sur ce que nous avons failli face à nos responsabilité et sur les risques de dérives politiques qui menacent la démocratie mauritanienne.
Il est temps donc de mettre fin à cette page marquée par la zizanie, l’errance, la prétention aveugle pour ouvrir une nouvelle ère plus civilisée où la démocratie trouve un terreau favorable pour s’implanter ; où les meilleures batailles seront celles qui servent le développement du pays. Où les bons actes sont ceux qui font avancer l’économie, lutter contre le chômage, l’amélioration du système éducatif.
Il est temps de cesser de vivre dans le ponctuel quand l’urgent est de dépasser une crise par un dialogue franc. Par une volonté d’aller de l’avant et non une course vers l’incertain. Les élections dans une impasse politique ce ne sera qu’une parodie. Sauf pour ceux qui s’inscrivent dans une logique d’une démocratie en pointillé.
Cheikh Tidiane Dia
