28-12-2012 19:34 - Congrès de Tawassoul: Consécration d’une vision 'progressiste'
Les rideaux sont tombés, samedi dernier, sur le deuxième congrès du parti Tawassoul. Un conclave qui a plébiscité l’approche modérée du président du parti, Jamil Ould Mansour, réélu pour un nouveau mandat – le dernier pour lui- de quatre années.
A en juger par le nombre des délégués à ce congrès et des invités extérieurs, le parti Tawassoul parait avoir atteint l’âge de la maturité en se forgeant une place confortable au cœur d’une scène politique qui était fermée devant lui.
Les militants du parti Tawassoul, contrairement à ceux des autres formations politiques mauritaniennes, travaillent au service d’une cause qui, pour eux, passe avant les autres préoccupations.
Mariem et Mohamed, fervents militants du parti islamiste, devraient organiser, samedi dernier, le mariage de leur fille. C’était également le jour de la clôture du deuxième congrès de leur parti. Un événement que le couple militant ne pouvait, en aucun cas, rater.
Pour cela, on avance l’heure de la cérémonie de mariage en demandant aux invités de se présenter chez eux aux environs de 14H. Ce genre de cérémonie se tient généralement après la prière d’Al Asr, vers 17h.
Cette histoire reflète le degré d’engagement des militants du parti Tawassoul dans l’action politique. Un capital important pour un parti politique en Mauritanie où le nomadisme politique constitue un réel problème pour l’ancrage de la démocratie.
Plus que cela, le parti Tawassoul attire beaucoup de monde au sein de la junte féminine mauritanienne. Une frange de la société qui a la réputation de ne pas accorder beaucoup d’intérêt à la politique. Surtout que certains observateurs présentent les partis islamistes comme étant carrément misogynes. Alors comment et pourquoi Tawassoul a réussi à percer ce milieu qui devrait pourtant lui être hostile ? Une question qui mérite d’être étudiée, même si on explique ce phénomène par la simplicité du discours islamiste, particulièrement la place qu’il consacre à la religion.
Quoique important, l’apport des femmes n’est pas l’unique élément qui explique la réussite concrète et palpable du parti islamiste. D’autres éléments variés et complexes expliquent cela. D’ailleurs, la tenue, en grande pompe, du congrès de Tawassoul , commente un citoyen ordinaire, rappelle les réunions du défunt PRDS, à travers le nombre de véhicules stationnés devant le palais des Congrès et le nombre important de personnes présentes à l’événement.
En plus, il faut noter le nombre et l’importance des délégations étrangères invitées au mess islamiste. Parmi elles, on ne peut que s’arrêter sur l’arrivée du leader tunisien, Rachid Al Ghanouchi. Une arrivée un petit peu perturbée par la concurrence entre le pouvoir et Tawassoul pour l’accueil du leader tunisien qui a été tout de même reçu par le président de la République. Quant au ministre marocain de la Justice, venu lui également porter son soutien à la mouvance islamiste, il a été tout simplement ignoré par le pouvoir et n’a pas bénéficié de la même considération officielle !
Toujours, le renouveau…
Le parti Tawassoul a désigné, lors de son congrès, ses instances dirigeantes. Il a certes reconduit son président et certains de ses adjoints. Mais il a revu le nombre des vice- présidents à la baisse. Ils ont passé de sept à trois seulement. Quant au bureau politique du parti, 50% parmi ses membres, sont des nouveaux. Autre modification au niveau des instances, le conseil national est passé de 150 à 200 membres.
L’élargissement des instances, commente un cadre du parti, est dicté par le souci de représenter tout le monde. Parce que, ajoute-t-il, le parti a attiré beaucoup de ralliements et est désormais représenté dans 48 départements du pays. Il est donc, juge un autre, bien implanté au sein de la société et s’est ‘’transformé d’un parti idéologique à un parti national’’ ouvert à tout le monde. Un parti de masse, dit-on.
Pourtant, le succès revendiqué, aujourd’hui, par les Islamistes mauritaniens n’est pas partagé par tous. Certains estiment même que le projet islamiste est en train de battre de l’aile dans tous les pays du printemps arabe ; Et qu’en Mauritanie, ils n’évoquent plus le mot d’ordre du départ président Aziz. Même si cela a disparu des recommandations du congrès, un membre du conseil national de Tawassoul explique que rien n’a changé dans leur philosophie politique et qu’ils sont toujours en phase avec la COD.
Quoi qu’il en soit, le parti de Jamil et ses amis a considérablement amélioré son audience sur la scène politique, mais cela doit être attesté ou confirmé au cours d’une consultation électorale.
Mohamed Mahmoud Ould Targui
