06-05-2013 08:54 - Restructuration des quartiers : Des étrangers ameutés pour la casse
Sous les directives du Hakem de Toujounine, une unité de la garde nationale, épaulée par les Bulldozers, a procédé à la destruction de dizaines de baraquements dans le quartier Sbeïkha à Toujounine.
L’opération s’est déroulée avec une rare violence, sous les yeux embués de larmes des familles déguerpies, en majorité des femmes et des enfants, dont les bagages ont été jetés à ciel ouvert. Le pire est que les autorités administratives ont fait appel à des étrangers pour les aider à démolir les maisons ciblées. Une partie de plaisir pour ces étrangers qui s’en sont pris à cœur joie.
L’un d’eux, un Malien interrogé par Sahel TV était tout sourire. Dans un mauvais français, il expliquera avoir été sollicité lui et ses compatriotes pour faire la casse, avant de conclure, toutes les dents dehors, « puis, on est avec les militaires, on ne craint rien ».
Cette image montrée en boucle en a révolté plus d’un. Que des familles pauvres soient jetées dans la rue, leur habitat détruit, alors que ceux de puissants voisins soient épargnés, passe encore. Mais qu’on fasse appel à des étrangers pour la tâche, à la place des forces de l’ordre, cela dépasse l’entendement.
Ce qui est sûr, les familles qui ont décidé de rester sur place, même s’il leur faudra supporter les rayons ardents du soleil et les frayeurs de la nuit, ne cessent de vouer aux gémonies, le Hakem de Toujounine et les responsables de la cellule de l’ADU (agence de développement urbain), responsables de leurs malheurs.
Leur révolte était d’autant plus grande, qu’ils ont vu débarquer des camions, des dizaines d’étrangers de nationalité africaine, que les autorités sont allées chercher dans les marchés de Nouakchott, pour les aider à détruire les dizaines de baraquement présents sur les lieux. Les étrangers semblaient prendre dans cette opération légalisée de vandalisme, un réel plaisir, sous les regards impassibles, du Hakem, des agents de l’ADU et des forces de l’ordre qui assuraient leur protection. Les journalistes étaient quant à eux tenus loin de ce qui se passait.
Avec cet acte, les autorités administratives de Toujounine, agissant sous les ordres de leurs chefs, le ministre de l’Intérieur et le président de la République, ont pour la première fois dans l’histoire de la Mauritanie, innové en confiant l’exécution d’actes administratifs à des étrangers, écornant au passage la fierté et l’honneur des citoyens, mais aussi la souveraineté nationale.
MOMS
