16-05-2013 12:49 - Loupe du Jour : Des élections à tout prix pour renouveler des mandats 'périmés'!
Personne n'est en mesure de dire avec certitude la date exacte à laquelle se tiendront les élections parlementaires et municipales. Pas même la Ceni à qui revient la responsabilité de les organiser et de les superviser.
Car désormais même le fichier électoral est du ressort de cette commission dont les prérogatives ont été élargies au fil des amendements survenues sur la loi électorale qui déleste du ministère de l'intérieur et de la décentralisation certains pouvoirs en matière d'organisation des élections.
Du côté du ministère de l'intérieur et de la décentralisation dont les compétences administratives et politiques sont encore fortes dans le processus organisationnel et techniques, on n'est pas à la vitesse de croisière dans la préparation des consultations prochaines aux dates avancées et qui du reste, sont très approximatives.
Même les opérations de l'enrôlement ne permettent pas de préjuger sur le degré d'avancement du processus étant entendu qu'il y a beaucoup de citoyens qui s'estiment être" liquidés" biométriquement par l'enrôlement en cours. Pendant que des milliers de cas restent "Out", des informations circulent avec insistance sur lancement probable du Ravel en perspectives des élections envisagées.
Il y a fort à craindre que dans ces conditions, la machine électorale soit en marché avant que les conditions minimales soient réunies pour leur organisation transparente. Ce qui de facto donnerait une idée de la suite qui en découlerait en termes de fiabilités. Dans le contexte actuel où les antagonismes sont loin de trouver un point de convergence, les acteurs politiques ne sont pas tous animés par le même élan politique et la même motivation citoyenne d'aller aux urnes.
Pour la COD et certains partis proches du pouvoir, la crise politique actuelle n'autorise pas d'aller aux votes sachant que le climat de précarité rend encore les rapports entre les hommes politiques plus tendu avec des risques de dérapages. Mais au vu de l'empressement avec lequel les partisans de l'organisation des élections mettent le pied sur l'accélérateur, il serait peu envisageable de continuer à repousser sans fin la date des scrutins. Dans le meilleur des cas et dans l'hypothèse d'un accord minimal, le calendrier pourrait être décalé au- delà de la fourchette fixée par la Ceni.
On le voit sur toute la ligne, c'est encore un flou total qui prévaut non pas sur la décision d'aller aux votes mais sur la fixation définitive d'une date à un "jour j ". L'obstacle majeur reste le financement attendu par la ceni qui doit compter plus sur l'Etat que sur des bailleurs de fonds qui ne sont prêts à cautionner des élections au cours desquelles une grande partie de la classe politique ne serait pas partante. Le moins que l'on puisse dire est que les acteurs politiques sont divisés au sujet d'un scrutin devenu nécessaire pour renouveler le mandat des élus largement "périmé". Mais faut-il à tout prix y aller avec ou sans une partie des électeurs des camps "boycottistes"?
Cheikh Tidiane Dia
