17-05-2013 22:50 - Depuis l'Egypte, KFC livre dans la bande de Gaza
Dans la bande de Gaza, les amateurs de KFC peuvent désormais se faire livrer. Toutefois, la livraison depuis l'Egypte prend environ quatre heures.
Les habitants de la bande de Gaza peuvent désormais commander des plats de la chaîne de fast-food KFC, à condition d'avoir la patience d'attendre des heures pour être livrés en provenance de la ville égyptienne d'Al-Arich, dans le Sinaï.
"Nous passons la commande au restaurant d'Al-Arich, puis l'acheminons en voiture jusqu'au côté égyptien de Rafah", ville frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte et unique accès au territoire palestinien non contrôlé par Israël, explique le patron de l'entreprise Yamama, Khalil al-Ifranji.
"Puis quelqu'un la fait passer par les tunnels (de contrebande sous la frontière, NDLR) de l'autre côté de Rafah, où elle est récupérée et envoyée à notre siège" dans la ville de Gaza, un périple d'environ quatre heures, ajoute-t-il.
"Les gens ne peuvent pas voyager régulièrement", indique Khalil al-Ifranji, pour expliquer le recours aux tunnels plutôt que le terminal de Rafah, précisant avoir lancé ce service il y a trois semaines sur le conseil d'amis revenus d'Egypte avec un plat de KFC.
La bande de Gaza, dépendante de l'aide humanitaire internationale
Les frais de transport se reflètent dans l'addition plutôt salée: 20 morceaux de poulet frit reviennent à 130 shekels, soit 27 euros, le double du coût à Al-Arich. Le blocus israélien, en particulier la quasi interdiction des exportations vers Israël et la Cisjordanie, qui représentaient avant 2007 85% du marché de la bande de Gaza, condamne le territoire palestinien à dépendre de l'aide humanitaire internationale, faute de production, selon l'ONU et des ONG.
Décrété en juin 2006 à la suite de la capture d'un soldat israélien, ce blocus terrestre, maritime et aérien a été renforcé en juin 2007 à la suite de la prise de contrôle de Gaza par le mouvement islamiste Hamas.
Israël, sous pressions après son assaut meurtrier le 31 mai 2010 contre une flottille humanitaire à destination de Gaza, l'a ensuite allégé en annonçant sa levée pour les produits alimentaires, ainsi que les matériaux de construction destinés à des projets de la communauté internationale approuvés par l'Autorité.
