19-05-2013 12:50 - Risque élevé de tenue d’élections sur fond de boycott !
A moins de 5 mois de l’organisation vraisemblable, -si l’on s’en tient à la verve manifeste dans les rangs de la majorité présidentielle et de la détermination de la Ceni -, des consultations législatives et municipales en octobre prochain, la COD vient de livrer à l’opinion publique dans un long document de 4 pages, une série de conditions non négociables pour toute participation à ces futures échéances.
Très contraignantes pour le pouvoir malgré leur grande portée dans le renforcement de la transparence et de la crédibilité des scrutins, ces conditions régulièrement rejetées par les autorités, présagent fortement la tenue d’élections sur fond de boycott.
Les exigences de la COD s’articulent autour de 4 axes principaux à savoir une supervision politique crédible des consultations, des institutions électorales fiables, une neutralité de l’Etat et des attributs de la puissance publique ainsi qu’une préparation technique suffisante.
Jusqu’à ce stade, le pouvoir n’aura pas beaucoup de peine pour satisfaire ces doléances, exception faite pour le premier point où les clarifications apportées par l’opposition, pour toute participation, sont synonymes de l’exclusion totale des cerveaux de l’actuel pouvoir de toute postérité politique active.
La COD illustre l’incapacité du Chef de l’Etat et du Premier Ministre actuels de superviser des élections libres, honnêtes et transparentes sur la base de l’expérience du scrutin présidentiel de 2009 ainsi que sur la pratique politique, tout au long des dernières années jusqu’à ce jour, précisant que « seul un gouvernement consensuel dirigé par un Premier Ministre neutre et investi de tous les pouvoirs nécessaires, peut garantir la transparence des prochaines élections ».
Autrement dit, une équipe gouvernementale nouvelle autre que celle du Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, auquel le chef de l’Etat est plus attaché qu’à son propre pouvoir, au point de le maintenir contre vents et marées à la Primature depuis aout 2008 jusqu’à l’heure. Pour la COD, cette première condition n’est pas suffisante, mais faut-il aussi que le Chef de l’Etat, le Premier Ministre et les membres du Gouvernement s’engagent à ne pas se présenter aux prochaines échéances électorales, ni à soutenir un candidat.
Ce qui est synonyme d’une mort politique de la carrière de tout un pan de l’administration dont la mobilisation manifeste à tous les égards depuis ces 5 dernières années, montre qu’il ne renoncera jamais à gestion du pays, tant qu’il n’est pas désavoué par les urnes. Dans ce document la COD, résume ses conditions de participation aux lacunes des institutions électorales, qu’elle considère peu fiables depuis le Conseil Constitutionnel, à la Ceni en passant par les administrations chargées du fichier électoral et des médias publics.
D’autres autres exigences de la COD telles que celles qui portent sur la promulgation de nouvelles lois, notamment sur la dépolitisation de l’administration, sont des doléances de plus qui en plus de leur caractère irrecevable par les cercles du pouvoir et de la majorité, sont des réformes qui exposent le pays à une agonie constitutionnelle plus longue, du fait qu’elles supposent un train de mesures constitutionnelles et autres qui ne peuvent s’opérer que sur le moyen terme, et présentent donc le risque de prolonger davantage les actuelles institutions anticonstitutionnelles arrivées à terme de leurs mandats légaux depuis quelques mois.
Md O Md Lemine
