23-05-2013 13:23 - B’il a dit
Le voyage de tous les remèdes…
B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Le président de la République est parti, il y a dix jours, en Europe. Il a été d’abord à Bruxelles, puis à Paris. Sa mission pour Paris a été dite et redite plusieurs fois ces derniers temps. On dit, dans ce qu’on dit, le motif de santé. Pour un complément de santé, dit-on.
Il devait prendre l’avion, il y a plus d’un mois. Tout était près, l’équipage de l’appareil de la MAI, la sécurité rapprochée, les valises du président étaient préparées. Le décollage était imminent. Mais, Ghazouani devait s’introduire chez le président pour que ce voyage soit reporté sine die.
On a beaucoup dit sur cet atermoiement d’un voyage dit important. Ghazouani, le plus proche général mauritanien des généraux français et de l’univers sécuritaire de l’ancienne puissance coloniale aurait dit à son président quelque chose, qui devait, peut-être, suggérer une mise en veilleuse du voyage présidentiel.
Quoi donc ? On n’en sait vraiment rien. On sait, toutefois, que le président Aziz a accordé une audience, il y a une semaine, au représentant diplomatique de la France, Hervé Besancenot.
On ne sait pas ce qui a été dit au cours de cet entretien. Mais, on sait une chose, au moins. Une chose dont on est sûr. Presque.
Que le président Aziz continue de bénéficier du même soutien au sein de la France de Hollande. Un soutien, qui demeure intact, aujourd’hui, en dépit de changement d’équipe de la droite de Sarkozy. Une droite, on le sait, championne des relations occultes africaines, comptant sur des hommes spécialisés dans les réseaux occultes de financement et de ‘’blanchiment’’ de l’argent.
Le voyage présidentiel s’opère dans une période où ses anciens parrains au sein de la France officielle, ou officieuse, sont indexés par la justice française. On pense à Claude Guéant, qui devrait justifier, dit la presse, française, ‘’son oubli’’ de remettre à la République française un tableau d’art africain, qui lui a été offert par le président ivoirien Alassane Ouatara.
La presse ivoirienne a même diffusé la cérémonie de remise de ce tableau, qui a été retrouvé par ‘’oubli’’ sans doute, accroché sur les murs du bureau du désormais avocat Claude Guéant. Un tableau qui lui a été offert, pendant qu’il exerçait une fonction publique pour le compte de la République de France.
Claude Guéant doit aussi justifier les cinq cent mille euros ( 500.000 euros) virés dans son compte. En France, la presse parle de l’argent de la Lybie. Guéant parle de l’argent fruit d’une vente de deux tableaux pour un avocat malaisien. Difficile pour la justice française de prouver le contraire, les pistes de la Malaisie étant étrangement sinueuses. Biladi a pu rentrer en possession d’un document qui dit sur cette affaire des pistes, jusque-là , non expérimentées.
Les 500 000 euros, trouvés sur le compte de l’ancien secrétaire général de l’Elysée, dit le document, ‘’datent de 2008, et non de 2007, et plus précisément de l‘automne de 2008.’’ Le document laisse entendre, dans ce qu’il laisse entendre, que le revirement de la France, qui avait, en suivant les sanctions internationales contre la junte putschiste -frappée de l’interdiction de voyager - changé de position dans cet automne vis-à -vis des généraux de Nouakchott.
Ghazouani a été reçu, plusieurs reprises, à l’Elysée, par Claude Guéant même, accompagné de Bourgi, d’abord, puis tête à tête. Le document évoque l’organisation des élections présidentielles en perspectives en Mauritanie. Et, dit clairement ‘’l’homme que nous avons soutenu est en train d’organiser des élections plus truquées que celles de 2009.’’ Mystère ! Le document va jusqu’à l’évocation de l’accusation de Noël Mamère, en rappelant même ce qu’il qualifie de ‘’tir à bout portant’’ dont été victime le président mauritanien, en octobre dernier.
Tir, dont l’auteur serait bien loin de celui suggéré par les autorités de Nouakchott, mentionne le document.
Même sous Hollande, on reste attaché à Mohamed Ould Abdel Aziz, tout de même. On ne sait pas la force secrète qui arrive à maintenir, au sein de l’Elysée, une bonne image pour le président mauritanien. On sait, cependant, que François Hollande, n’a pas touché au système sécuritaire français, en place depuis l’époque Sarkozy. Pas avant 2014, dit-on.
C’est peut-être la persistance de cet appareil, qui donne à Aziz quelques bouffées d’oxygène élyséennes. Elle lui donnerait même des bouffées d’oxygène bien au-delà de l’Hexagone. Mohamed Ould Abde Aziz compte beaucoup sur les réseaux de renseignements français en Afrique pour étouffer sa voix, que les Mauritaniens ont entendue, depuis Accra, négociant, avec un présumé irakien intermédiaire avec des faussaires de dollars, en 2007.
Il semble qu’Aziz ne souhaite surtout pas, que ses compatriotes puissent entendre et voir, en plus de sa voix ghanéenne largement diffusée, l’enregistrement de deux insupportables vidéos, qui montrent son émissaire africaine, Coumba Ba, dans ses plus beaux apparats, et ses plus beaux supers dollars, discutant même parfois avec lui, au téléphone et avec d’autres comparses de l’affaire.
Les réseaux secrets amis sont en branle sillonnant les capitales africaines pour faire taire tous les échos de cette affaire. Et faire disparaitre toutes les mauvaises images qui pourraient surgir d’un président déjà en difficulté pour restaurer, au sein de son opinion, une image savamment entamée par ses propres indélicatesses.
Indélicatesses que la finesse des alliés français, espère le président, saurait y passer l’éponge. De la voix ghanéenne, aux séquelles de la balle amie, sympathique et intelligente, ou belle amie, maltraitée, à ces honteuses vidéos qu’on redoute le plus de toutes les indélicatesses. Du boulot. En somme, qui ne dépend pas exclusivement de la finesse des renseignements français ni de la performance des médecins de Percy-Clamart.
B‘...
4 milliards d’ouguiyas, c’est trop pour la réglementation en vigueur…
B’il a dit et redit des tas de chose. B’il dira et redira des tas d’autres choses. L’Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés (ANRTPTS) a procédé, jeudi 9 avril 2013, à l’ouverture des plis relatifs aux offres de soumissions pour la construction de 167 centres d’accueil des citoyens, dans les chefs-lieux communaux.
L’ouverture a été reportée, deux jours plus tard de la date prévue, dans l’avis d’appel d’offres. Une petite ambition, légitime, pourtant, chez la commission de passation des marchés publics, secteur Souveraineté, aurait retardé seulement de deux jours l’ouverture des offres, par qui, il faut le signaler, n’est pas de droit. Si bien entendu on est soumis au Droit dans la boîte des titres sécurisés du bien aimé et bien nommé Mrabih Ould El Wely.
La commission de passation des marchés publics, secteur souveraineté, qui est censée, en vertu de la réglementation en vigueur des marchés publics, devrait-être concernée, à part entière, par les marchés de cette institution, qui n’est qu’une direction du ministère de l’intérieur, lui-même, soumis, normalement, à la même structure, en matière de marchés publics.
Mais, l’enveloppe est si importante, dans les eaux de quatre milliards d’ouguiyas, si on s’en tient à la plus petite des offres financières pour les 8 lots, que constitue le marché. Qu’elles aillent aux diables, et la commission sectorielle et la Souveraineté dont elle s’évertue. Ici, c’est la chasse gardée du cousin germain et ami proche d’Ould Abdel Aziz.
L’homme des titres sécurisés et des camions sécurisés et des mille ouguiyas sécurisés…Le droit et l’ordre sont établis, ici, pour être appliqués aux cons d’opposants et autres haineux. Pas question de se soumettre à une quelconque réglementation, ici, quand on est proche parent du premier citoyen du pays, son œil sur l’Etat civil et sur bien d’autres états…La lutte contre le népotisme, tant chanté par Aziz, s’effondre sous le pied de MRabih Ould El Ewely. On verra bien à qui sera adjugé les marchés de huit lots de construction de 167 centres d’accueil des citoyens. C’est une histoire à suivre de près…
B’…
18 milliards d’ouguiyas et autant de grains de sable…
B’il a dit et redit des tas de choses. B’il dira et redira des tas d’autres choses. Le projet du nouvel aéroport international de Nouakchott, un projet phare et grandiose de la rectification, qui a fait couler beaucoup d’encres, de salives, remuer des tonnes de grains de sables mouvants et bien d’autres choses, semble connaître quelque enlisement. La société, qui a eu le marché, suivant une forme de partenariat singulière - pour ne pas dire primaire et primitive- le troc, éprouve bien des difficultés de trésorerie, depuis quelque temps.
En-Najah, un consortium dont le chef de file n’est autre que le groupe ASML, à travers son MCE de construction et la BNM comme structure financière. L’accord, qui selon, un cadre du ministère des affaires économiques et du développement proche du dossier, s’inscrit dans le registre de contrat administratif, ne nécessitait pas une approbation du Parlement, même si les partenaires de l’Etat dans ce projet avaient exprimé le besoin de faire passer le marché par les deux chambres, pour débat.
Ce n’était pas l’avis de l’exécutif. Pourtant, les parlementaires de l’opposition n’allaient pas rater l’affaire. Ni même l’opposition, aujourd’hui même, où elle inscrit le dossier du marché de l’aéroport en seconde priorité après l’enquête sur ‘’l’implication avérée ou supposée du président de la République dans une affaire de trafic ou de faux dollars, à la suite de la diffusion d’une voix, dite sienne, dans quelques médias mauritaniens’’.
C’est pour dire combien l’affaire de l’aéroport interpelle le monde politique. Un troc digne des temps archaïques. L’Etat cède des domaines fonciers à Nouakchott et la société construit un aéroport, sur une période bien définie. Depuis quelques jours, les porteurs du projet courent entre les banques primaires mauritaniennes pour pouvoir bénéficier d’un coup de main. Un coup de main, et pas n’importe lequel, des coups de main, et de bien d’autres organes précieux : 18 milliards d’ouguiyas. Au moins.
Pour pouvoir continuer le projet de construction de l’ouvrage aéroportuaire et donc espérer le finir, même au-delà du temps imparti. Même si Mohamed Ould Abdel Aziz, regardant, dans ce qu’il regarde, à la fin de son mandat, à gauche et à droite, et ne saurait voir réellement de projets finis, entièrement, compte beaucoup sur la finition de l’aéroport international avant le démarrage de la campagne présidentielle, en 2014.
Question de dire, dans ce qu’il dira, le voilà : Le projet ! Jamais pareil n’a pu être réalisé depuis cinquante ans d’indépendance, dans ce pays.
Difficile. Difficile, surtout, pour l’entreprise, qui passe pour l’opinion comme une veinarde qui a gagné le jackpot du siècle dans ces contrées. Alors que, pour les initiés, c’est une affaire plombée, au mieux, ruineuse au pire, pour ses porteurs.
Les banques primaires avancent quelques conditions pour s’embarquer dans une affaire, qui s’est faite sans elles, et qui se gère, cahin-caha, depuis plus d’une année. Un intéressement, bien entendu, profitable. Et une garantie de la part de l’Etat. Les promoteurs du projet tournent toujours. Et tapent un peu partout afin de trouver une âme sensible. Ils pourraient bien continuer à taper et à chercher vainement les âmes sensibles. Mais, il faut peut-être se garder de revenir chercher une quelconque sensibilité auprès du premier citoyen du pays.
B‘...
