23-05-2013 16:38 - Aziz/Bouamatou : 'Paix générale cette fois, descends que je t’embrasse…'

Aziz/Bouamatou : 'Paix générale cette fois, descends que je t’embrasse…'

Jeudi dernier, en début de journée, les guichets de la GBM sont rouverts. En fin d’après-midi, de la même journée, la seconde personnalité du groupe BSA, Mohamed Ould Debbagh, quittera son exil forcé, en détention préventive, depuis cents jours, ou presque, dans la prison de la ‘’ rectification’’ de Mohamed Ould Abdel Aziz.

‘’ Paix générale, cette fois’’ ? Ou tout simplement un compromis ? Un compromis. Plutôt. Chuchote-t-on dans les milieux des affaires nouakchottois. Cela s’avère, si on sait que Mohamed Ould Debbagh, mis en prison depuis quelques mois, pour une affaire, qui ne tient pas vraiment, selon ses avocats, n’a bénéficié que d’une liberté provisoire.

Liberté provisoire, qu’il a eue grâce à une requête déposée par le truchement de son avocat auprès du juge, en charge du dossier. Debbagh avait, pourtant, cette possibilité, depuis quelque temps. Qu’il ait engagé la procédure, aujourd’hui, renvoie à une forme d’entente, mais pas une paix. Un cessez-le feu.

Qui dit cessez-le feu, dit négociations. Et, négociations, semble-t-il, auraient eu lieu, ici, à Nouakchott. C’est le frangin de l’exilé volontaire de Marrakech, Moulaye Ould Bouamatou, qui aurait engagé les pourparlers, avec Mohamed Ould Abdel Aziz, à travers un cousin, aux deux belligérants, Sidi Mohamed Ould Ghadde.

On ne sait pas vraiment les termes du pacte. On sait, par contre que les guichets de la GBM ont rouvert, Debbagh libéré en provisoire. Qu’aurait concédé Aziz. On évoque un montant de 14 milliards comme indemnisation à la GBM. Difficile de confirmer ou d’infirmer. Les affaires des gros sous se font en silence. On sait, toutefois, que la GBM aurait pris possession de ses avoirs auprès de la BCM. Combien exactement. On parle des 18 milliards, en dépôt, au moment du déclenchement de la crise.

Même si les négociations ont eu lieu en Mauritanie, cela n’exclut pas l’intervention de bien des acteurs étrangers. L’ancien ministre sénégalais des affaires étrangères, Gadio, était bien présent à la prison à l’heure de la mise en liberté provisoire de la seconde personnalité du groupe BSA. D’autres acteurs étrangers auraient intervenus pour le rapprochement entre Aziz et Bouamatou.

Toutefois, il est bien évident, quelles que soient, par ailleurs, les cartes dont disposent Aziz, en sa qualité de président, que d’autres facteurs ont constitué un élément de pression, de fait, sur ce dernier. L’affaire des enregistrements de’’ Ghanagate’’, comme on dit dans les milieux de la Coordination de l’Opposition Démocratique, les vidéos citées, dans cette même affaire, et la bataille juridique engagée par le président Aziz contre le député français, Noël Mamère, sont autant d’éléments de pression sur le président de la République.

Un président de la République, sachant bien mesurer la capacité de nuisance de son ennemi, exilé volontaire, qui a toutes les possibilités de surfer sur cette affaire. Un apaisement. Mais, pas une paix, dit-on. La bataille médiatique a visiblement cessé.

Dans l’entourage immédiat de Mohamed Ould Bouamatou, c’est la réserve. A l’inverse de quelques soutiens libres de l’ancien patron des patrons, qui n’hésitent pas à s’attaquer publiquement au premier citoyen du pays. Pas une paix, en tout cas, tant que Mohamed Ould Bouamatou n’opte pas pour la Mauritanie comme destination possible. Ce qui fait un peu penser à la célèbre paix de Jean Lafontaine, entre le coq et le renard. Où Mohamed Ould Abdel Aziz dirait à son cousin ‘’paix générale cette fois, descends que je t’embrasse’’. Et Bouamatou, de son côté, saurait bien voir, sinon entendre de là-bas, d’Accra, deux lévriers, qui assisteraient à la paix générale.

AVT


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