29-06-2014 10:39 - Forum Jeunesse et Développement à Paris : état des lieux du multiculturalisme et de l’unité nationale en Mauritanie
[Vidéo & PhotoReportage] - "Le multiculturalisme, qui a toujours existé en Mauritanie, est né d’un vécu historique." Ce rappel est de Lô Gourmo Abdoul, qui animait un thème sur "Comment renforcer l’unité nationale sur des bases institutionnelles stables ?" en marge du Forum Jeunesse et Développement qui s’est tenu samedi 21 juin, à Paris.
Pour lui, les Mauritaniens n’ont pas à réinventer leur multiculturalisme. "On a qu’à le faire vivre. On a qu’à le traduire dans nos actes politiques et culturels. On a à en tenir compte pour l’introduire dans l’espace de nos rapports", a déclaré M. Lô lors de cette rencontre organisée par Swahifri consulting.
L’historien Abdarahmane Ngaidé, qui a participé à ce forum, a invité les Mauritaniens à expérimenter le concept du "Bonheur national brut". "Je pense que pour bâtir une nation, il faut être serein. Les Bhoutanais disent quelque chose d’extrêmement intéressant que nous devons peut-être tester en Mauritanie : c’est développer ce qu’ils appellent le bonheur national Brut.
Si nous arrivons à développer cela, en nous tranquillisant un tout petit peu, en comprenant que nous sommes, comme tous les pays du monde, constitués de communautés".
Il faut d’abord gagner le combat de la tolérance qui est loin d’être le cas aujourd’hui, explique un des conférenciers, Abdel Weddoud Ould cheikh qui a renvoyé les Mauritaniens à l’histoire des Etats-Unis d’Amérique "fabriqués par des migrants" venus notamment de l’Afrique Noire et de l’Europe.
"Les Etats-Unis d’Amérique se sont construits sur la tolérance", ajoute-t-il.
"L’Etat est devenu le principal diviseur de la Nation Mauritanienne. Et tant qu’on n’aura pas réglé ce problème, ce sera toujours un débat qui tourne à vide, c’est peine perdue pour la résolution des autres questions nationales", complète Lô Gourmo Abdoul.
"En organisant cette rencontre dans un esprit purement apolitique, Swahifri consulting a voulu donner la parole à la jeunesse pour qu'ils expriment librement leurs opinions sur un ensemble de questions qui touchent l'avenir de notre cher pays. Je vous remercie pour avoir accepté d'honorer de votre présence en ce jour mémorable, ce forum qui s’est voulu un vaste espace de rencontre et de discussion autour des questions qui remuent notre pays", a conclu Aïssata Kane, fondatrice de Swahifri consulting .
Par Babacar Baye Ndiaye

