20-04-2015 14:30 - Des hommes politiques de la majorité mauvais payeurs
Hayat Nouakchott - Alors que la crise entre la BCM et la Générale de Banque de Mauritanie (GBM), était à son paroxysme, certains clients de cette dernière (dont un est devenu banquier entre temps) ont voulu profiter de la situation ainsi créée et qu’ils auraient contribué à aggraver, pour ne pas faire face à leur obligation notamment en remboursant un prêt sous forme de crédit documentaire.
Tout a commencé en 2012 lorsque Chach Ould Deya a solidairement avec son père Mohamed Ould Deya a décidé de réactiver son compte pour bénéficier des services de la GBM, la seule banque d'Affaire du pays.
En février 2012, Ahmed Baba dit Chach Ould Deyé, agissant en qualité de PDG de la société EMNI sa, ouvre par le biais de la GBM un Crédit Documentaire pour l'importation d'une quantité de 62800 litres d'huile végétale en bidon de 20 litres destinée au marché mauritanien pour un montant de 1475000 USD. Pour garantir le crédit son père Mohamed Ould Deyé se porte caution solidaire pour une échéance au 5/8/12.
Comme conditions, Chach s'engage à domicilier le produit des ventes et à apporter les devises équivalentes de la BCM. A l'échéance prévue la banque solde le compte de son client qui ne lui reste redevable que d'une vingtaine de millions d'ouguiyas. C'est à ce moment qu'entre en jeu Mohamed Limam Ould Benna, député d’Akjoujt et l’un des principaux actionnaires de la banque NBM et associé et ami d'Ahmed Baba Ould Deyé.
Ould Benne accompagne Chach dans ses démarches auprès de la GBM pour obtenir le 23/5/12 l'ouverture d'un deuxième Credoc cette fois pour un montant d'un peu plus de trois millions dollars pour l'importation d'une quantité de 131800 litres d'huile de cuisine en bidon de 20 litres aux mêmes conditions que le premier et avec des échéances qui tombent le 22/10/12, le 29/10/12 et le 5/11/12.
Aux termes de ces trois échéances pas une ouguiya n'a été versée à la banque qui commençait à relancer son client qui changea de téléphone et devint de plus en plus injoignable. Pour les agents de poursuite de la banque trouver Chach ou Ould Benne devenait un véritable parcours du combattant.
Non content d’avoir changé ses téléphone Chach ne venait chez lui que tard la nuit et donnait instruction à ses gardiens pour ne pas être dérangé sous aucun prétexte. Pourtant à force d’insistance il se résolut à réaliser un nantissement au profit de la banque d’un stock d’huile emmagasiné dans un entrepôt situé dans la zone de la foire
Seulement pendant un weekend quelqu’un informa la banque que des camions étaient en train de charger l'huile, lorsque les responsables interrogèrent Chach celui ci leur répondit que ces produits ont été vendus au CSA et leur donna même un lettre par laquelle l’acheteur en l’occurrence le CSA s’engageait à virer le produit d la vente dans le compte de EMNI domicilié à la GBM.
Le CSA paya mais l’argent n’arriva jamais à destination. Relancé, Chach s’engagea lors d’une réunion en présence de Ould Benne de verser à la banque des chèques sur ses comptes dans les autres banques.
Entre temps la GBM connût les problèmes que tout l monde connait et lorsque ses avocats déposèrent plainte auprès de la Justice, l’examen du dossier ne put se faire à causes des interventions inexpliquées du Procureur de la République Cheikh Ould Baba Ahmed.
Chaque fois que le Tribunal voulait examiner la plainte de la GBM, le Procureur de la République émettait une ordonnance de communication qui est une procédure peu usitée par laquelle on remet le dossier au Parquet afin qu’il y apporte des mentions. Le procureur aurait fait quatre fois usage de cette prérogative régalienne et dans le seul but apparemment de faire obstruction à la bonne marche de la Justice.
Il est vrai qu’entre temps Chach Ould Deya est devenu secrétaire exécutif au sein de l’UPR et avec la complicité agissante de certains rouages du système il réussit encore jusqu’à aujourd’hui, lui et ses complices à ne pas rembourser à la GBM son argent.
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