10-03-2017 23:15 - L’AFCF et les femmes migrantes célèbrent le 08 mars à l’IFM [PhotoReportage]

L’AFCF et les femmes migrantes célèbrent le 08 mars à l’IFM [PhotoReportage]

Journal Tahalil - L’Association des Femmes Chefs de Famille (AFCF) a célébré, ce 08 mars, à l’instar de la communauté internationale, la fête internationale de la femme à l’Institut Français de Mauritanie (IFM).

Une occasion pour l’Afcf de mobiliser les femmes migrantes réunies au sein de l’Association des Femmes Migrantes en Mauritanie (AFEMIMA) pour célébrer en symbiose et en apothéose, cette fête qui demeure une opportunité pour toutes les femmes du monde une tribune pour s’exprimer par rapport à leur situation.

La salle de l’IFM a refusé du monde cet après-midi du 08 mars 2017. Ces femmes mobilisées pour la circonstance, se sont déguisées pour la plupart d’entre elles, aux couleurs de la Mauritanie alors que certaines, étaient tout de blanc vêtues. Elles étaient en grande partie sénégalaises, mais aussi gambiennes, ivoiriennes, maliennes ou encore ghanéennes à se joindre aux femmes de l’AFCF venues de tous les horizons de Nouakchott pour marquer la fête du 08 mars.

Dans son mot à cette occasion, Mme Camara Salimata Sy, vice présidente de l’Afcf, a souligné que la célébration de la fête du 08 mars constitue une occasion pour toutes les femmes de la Mauritanie et des communautés migrantes, « d’exprimer notre solidarité avec les femmes victimes des violences abominables, des atrocités inouïes et d’attirer l’attention des gouvernants sur ces exactions d’un autre âge qui constituent des menaces sur les acquis et réalisations faites en matière de promotion des droits des femmes dans notre pays ».

Elle a également indiqué que le thème choisi cette année, «Les femmes dans un monde du travail en évolution, une planète 50/50 d’ici 2030 », est un « slogan évocateur ». Car «plusieurs engagements ont été faits » mais «très peu sont ceux qui ont fait l’objet d’un suivi ou d’une application » déplore-t-elle.

Ce qui fait dire à Mme Camara, que « ce slogan est une réponse à l’action de la femme à travers le monde et particulièrement en Mauritanie car au plan politique sa participation est irréversible puisqu’elle a apporté les preuves pertinentes de ses capacités en matière de gestion et de leadership».

Reconnaissant les avancées politiques par rapport aux droits civils et politiques des femmes, Mme Camara, a regretté de voir certaines « forces obscurantistes tenter de torpiller ces acquis ». Pour Mme Camara très au fait de la situation de la femme, « la volonté politique reste l’unique voie pour parachever le rêve de toutes les femmes mauritaniennes, qui est celui d’appartenir à une nation qui reconnait et valorise le rôle et le statut de la femme».

Au plan social, Mme Camara, est revenue amplement sur les différentes campagnes de mobilisation sociales, sur le plaidoyer concernant la loi sur les MGF (Mutilations Génitales Féminines) et les différents foras et rencontres organisés qui ont permis, selon elle, de «démontrer les capacités et toute l’intelligence des femmes à contribuer à la formulation de politiques et stratégies cohérentes de développement de notre chère patrie, la Mauritanie », soutient-elle.

Pour ce faire, Mme Camara, a appelé à la conjugaison des efforts et des énergies de toutes les femmes, pour maintenir les acquis et réaliser l’ambition d’un monde « plus juste et plus équitable ». Et cela ne peut se faire qu’avec l’appui des partenaires techniques et financiers de l’Union Européenne notamment la Coopération espagnole qui a toujours accompagné l’Afcf dans ce combat.

La vice-présidente de l’Afcf a ainsi appelé l’Etat mauritanien à instituer une loi criminalisant « toutes les formes de violences faites aux femmes », devenues le lot quotidien des hommes, afin de mettre un terme à cette discrimination.

Toutefois, elle a soutenu que cette loi doit être promulguée sur la base d’une concertation entre les pouvoirs publics et la société civile. « Sans les femmes, il n’y aura Rien, avec les femmes, il y aura Tout » soutient Mme Camara.

Une rencontre multiculturelle

L’implication des femmes migrantes en Mauritanie, une première chez l’Afcf, a été un apport important pour la réussite de cette fête du 08 mars. Les Sénégalaises fortement mobilisées, et avec elles, les gambiennes, les maliennes, les ivoiriennes et les ghanéennes, ont tenu à exprimer leur solidarité et leur soutien au combat que mènent les femmes mauritaniennes en particulier l’AFCF.

« Migrantes oui, mais travailleuses », c’est le slogan érigé par cette Association des femmes migrantes en Mauritanie pour juste dire qu’en dépit de leur statut de migrantes, elles ont toujours été des travailleuses modèles. Leur présidente, Mme Mama Sarata Diatta, a souligné tout l’intérêt pour son association de travailleur en étroite collaboration avec les associations mauritaniennes sœurs pour œuvrer à l’amélioration de la situation de la femme mauritanienne et africaine de manière générale.

Cette femme aux grandes ambitions pour l’émancipation de la femme migrante en Mauritanie et l’amélioration de ses conditions de vie et de travail, n’a pas été avare en mots pour exprimer toute la solidarité de son association avec les femmes victimes de violences sous toutes les formes en Mauritanie et dans le monde.

Une action qu’apprécie la présidente de l’Afcf, Mme Aminetou Mint El Moctar qui a, à son tour, exprimé sa solidarité avec les femmes victimes d’esclavage, de traite, d’exploitation. « Les femmes du monde entier, doivent lutter pour l’égalité des sexes et pour que la femme trouve la place qui est la sienne dans la société » a-t-elle dit non sans passer au peigne fin tous les problèmes de la femme en Mauritanie qu’elle soit mauritanienne ou étrangère. De l’avis de Mint El Moctar, « aucun pays du monde ne peut se développer sans la mobilisation et l’apport des femmes ».

Témoignages et dénonciations

Aminetou Mint El Moctar a également saisi cette occasion pour dénoncer les tares de la société mauritanienne en matière de promotion des droits des femmes mais aussi, les pouvoirs publics qui restent toujours à la traîne pour prendre des mesures ou des lois qui s’imposent pour l’émancipation de la femme.

La présidente de l’Afcf a affirmé mordicus, que les femmes lutteront avec toute leur énergie pour mettre fin à la discrimination et aux violences faites aux femmes. Une des victimes de l’exploitation qui a fait le voyage en Arabie Saoudite, a fait un témoignage sur sa mésaventure. Elle a dénoncé le traitement qu’elle a subi dans ce pays et à déconseillé toute femme qui aurait l’ambition d’y aller pour faire le travail domestique.

Les femmes ont été habillées en voiles sur lesquels étaient inscrits des slogans comme : « halte aux violences basées sur le genre », « nous exigeons l’égalité maintenant » ou encore, « non aux violences conjugales, oui à l’autonomisation des femmes, non aux violences sexuelles » etc. Mieux, « ce ne sont pas nos différences qui nous divisent, c’est notre incapacité à reconnaître, accepter et célébrer ces différences ». Des slogans qui, on ne peut plus clairs sur la situation de la femme.

Les artistes donnent leur partition à la fête

Les artistes n’ont pas été en reste dans cette célébration. D’abord, des sketchs ont été présentés par les femmes migrantes sur la problématique de la liberté des femmes dans le foyer, au travail et pour leur militantisme. Un sketch qui en dit long sur le traitement subi par les femmes aux foyers, les violences conjugales entre autre. Les artistes aussi ont fait de belles prestations donnant ainsi leur contribution à la fête des femmes. Et tout était bien qui avait fini bien.

I.Badiane



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