17-03-2017 09:12 - Les légumes vont coûter plus cher

Les légumes vont coûter plus cher

L'Authentique - Le gouvernement a revu à la hausse, les tarifications sur les produits alimentaires importés en Mauritanie. Sont particulièrement touchés, les fruits et les légumes, mais aussi les produits laitiers tels les yaourts.

La mesure qui viserait la protection de la production nationale, a provoqué une immense ode de choc dans les marchés et au sein du monde des consommateurs, d’aucuns craignant que les produits cibles ne soient plus à la portée de toutes les bourses

Le marché des fruits et légumes de Nouakchott, sis à la mosquée marocaine est en effervescence depuis mercredi dernier. Raison de cet état de fait : l’information rendue publique portant sur de nouvelles tarifications douanière qui touchent depuis ce jour, le secteur de l’importation des fruits et légumes.

En effet, les droits des douanes ont été revus à la hausse, sur l’ensemble des points d’entrée dans le territoire mauritanien. Autres mesures, celles portant sur la révision des taxes et droits de passage, qui ont également été revus à la hausse. Ce qui fait par exemple, qu’un camion de 40 tonnes chargé des produits cibles, devra payer 603.000 UM au lieu de 456.000 précédemment. Pour les camions de poids et de capacité supérieurs, la nouvelle tarification a été uniformisée pour être fixée à 790. 000 UM. Pour les Autorités, il s’agit d’une mesure visant à protéger et à favoriser la production locale.

Sur le terrain en tout cas, les premières conséquences sont graves : le prix au kilogramme des légumes est subitement passé, samedi dernier du simple au triple : 700 UM le kg de carotte, de navet ou de choux ; 800 UM, celui des pommes de terre et des oignons…

Le week-end durant, ce fut ne panique indescriptible qui a touché les sites de commerces de fruits et légumes. Alors que nombre d’importateurs locaux ont décidé de prendre du temps pour réfléchir quant à la mesure à prendre, ils sont déjà légion, ceux d’entre eux, qui ont décidé de se tourner vers d’autres secteurs d’activités plus porteurs.

Il faut dire que le marché de la mosquée marocaine de Nouakchott est le plus important marché national de vente de fruits et légumes. C’est en effet ici que sont débarqués quotidiennement des dizaines de camions chargés de centaines de tonnes de fruits et légumes, en provenance de l’étranger, notamment le Maroc et le Sénégal.

La Mauritanie produisant jusque-là les 2/6 de sa demande en légumes, a toujours été approvisionnée du Sénégal qui lui assurait le reste de ses besoins alimentaires… à des prix défiant toute concurrence. Les fruits quant à eux étaient obtenues d’Europe et arrivaient par bateau ou par avion.

Il faudra attendre le début des années 2000, avec la réalisation de la Transsaharienne pour voir le Maroc s’inviter, et avec force dans le marché local. D’abord très timide, l’arrivée des Marocains dans le marché se fera forte. Les charges des camions débarquées à Nouakchott, se retrouvaient grâce au transport inter urbain, sur l’ensemble des villes de la Mauritanie.

Tous les produits y passaient : de la carotte à la choux, de la pomme de terre aux oignons, de la mandarine à la pomme, avec des prix totalement abordables. Quel que soit son niveau de vie, le Mauritanien pouvait s’offrir, à toutes les saisons, les fruits de son choix, les légumes aussi.

Avec la nouvelle tarification, il faut craindre la fin de ces traitements surtout quand on sait que la production nationale n’est pas encore capable d’assurer les besoins des populations en fruits et légumes !

Pire, même si c’était le cas, tous les fruits et légumes ne seraient pas présents sur le marché national parce qu’ils en peuvent pas être produits en Mauritanie. Faut-il alors conclure que la consommation des fruits et légumes, n’est plus offerte à toutes les bourses ou plutôt, qu’elle est réservée dorénavant à la classe économique qui a les moyens de se la procurer ? Certainement…

Faut-il rappeler que cette augmentation décidé dans le secteur de l’import des fruits et légumes est la deuxième du genre, intervenue en deux mois, la précédente ayant été de 220.000 ouguiyas en février dernier.

A.S



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Commentaires (1)

  • Aboulamine (H) 17/03/2017 13:07 X

    C'est bien de protéger le marché local, mais il faut le faire intelligemment et progressivement sans préjudice pour le consommateur local et ne pas seulement voir le côté pécuniaire économique et financier. En effet il s’agit aussi d’une question de nourriture et de santé publique que pose la gestion de ces produits alimentaires locaux le plus souvent de moindre qualités, délaissés par les populations au profit de produits exportés de qualité car soumis à des contrôle de qualité sévère des pays d’origine . Connaissant l’état d'esprit des producteurs locaux Mauritaniens qui ne se soucient guère de l’amélioration de la qualité, jouent avec les dates de péremption des produits laitiers et autres produits pour ne se soucier qu’à l’amélioration de leur chiffre d’affaire. Pour cela, il faut travailler à professionnaliser d'abord le marché local, surtout renforcer le cadre juridique pour une professionnalisation de la production alimentaire locale et procéder par étapes : 1- Exiger une certification qualité pour tout producteur et/ou fournisseur de produit alimentaire au niveau local. 2- Taxer fort les producteurs locaux qui ne respectent les conditions d’hygiène et de péremption des produits et les modes de conservation. 3- S’assurer que le contrôle qualité sur tous les produits est assuré et respecté par tous. 4- S’assurer qu’une production de qualité égale à la production des produits exportés est disponible en quantité pour couvrir les besoins des consommateurs. 5- Enfin, à la dernière étape, dans le cadre d’une politique protectionniste, hausser les taxes pour les produits exportés pour permettre l’écoulement de la production locale.