06-10-2017 17:33 - Coopération France /Mauritanie : Interview de M. Joël MEYER, Ambassadeur de France

Coopération France /Mauritanie : Interview de M. Joël MEYER, Ambassadeur de France

Ambassade de France en Mauritanie - Quels sont les axes principaux de la concertation entre la France et la Mauritanie ?

Les relations politiques entre la France et la Mauritanie sont excellentes car fondées sur un dialogue stratégique nourri par la diversité de notre partenariat. Ce partenariat dépasse un cadre purement bilatéral et s’inscrit aussi dans le contexte des grands enjeux régionaux et globaux.

La situation géographique de la Mauritanie située au carrefour de l’Afrique, du Maghreb, aux portes du Sahel et de la Méditerranée, fait de ce pays un observateur et un acteur essentiel de la scène régionale et internationale. Il est donc naturellement un interlocuteur privilégié pour la France et de manière plus générale pour l’Union européenne. La Mauritanie joue un rôle de premier plan en Afrique de l’Ouest et au Sahel, régions, comme vous le savez qui font face au défi sécuritaire. Elle est l’un des membres fondateurs de l’organisation du G5 Sahel.

Mais elle est influente aussi sur le plan international, et cela s’est vérifié lorsqu’elle a exercé a présidence de l’Union africaine en 2015 puis de la Ligue Arabe en 2016 dont elle a accueilli le sommet à Nouakchott.

C’est dans ce cadre que, outre pour renforcer toujours nos relations bilatérales, les consultations bilatérales se sont accélérées au cours des derniers mois entre nos deux Etats. Se sont succédé au premier semestre 2017 les visites à Nouakchott des ministres français des Affaires étrangères, de l’Economie, puis le déplacement officiel en France du président mauritanien et, plus récemment, le 2 juillet dernier en marge du Sommet de Bamako, sa rencontre avec le président de la République française.

En deux mots, Quelles sont les priorités ?

Nos priorités s’articulent autour de deux axes : le partenariat au développement, économique, social, mais aussi en matière de gouvernance et d’Etat de droit, et bien sûr la sécurité.

Quels sont les enjeux régionaux et mondiaux ? les grands secteurs de coopération ? Existent-ils des partenariats économiques entre nos deux pays ? Quels sont les secteurs porteurs ?

Notre soutien au développement au pays se traduit par un partenariat bilatéral riche qui couvre, à la demande des autorités mauritaniennes, de nombreuses politiques publiques : santé, éducation et universités, énergie, eau et assainissement, infrastructures, gouvernance économique, justice et Etat de droit….

Il s’exprime aussi dans un appui à la gouvernance locale (communes) ainsi qu’à la société civile, notamment les associations de jeunes et de femmes, grâce en particulier à l’initiative « FAJR » pour renforcer l’expression de la citoyenneté, ou encore au programme de soutien à la francophonie, Nouakchott étant membre de l’OIF.

Ce partenariat se manifeste au travers d’acteurs comme le Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’ambassade et l’Agence française de développement, sans oublier les initiatives des collectivités territoriales ou des ONG françaises avec leurs homologues mauritaniennes.

Si l’objectif est d’abord de répondre aux besoins fondamentaux de toutes les composantes de la population nationale, notre coopération oeuvre également dans des secteurs où la Mauritanie est en pointe et peut servir de référent, comme les énergies renouvelables (construction de ferme éolienne, de centrale solaire).

Ce qui est cohérent avec l’engagement de Nouakchott pour lutter contre le grand défi mondial que représente le changement climatique. On doit rappeler que les autorités mauritaniennes ont activement pris part à la COP21 de Paris en 2015, dans le cadre notamment de sa présidence de la Grande Muraille verte. Les deux présidents mauritanien et français avaient d’ailleurs présidé, en marge de la COP, un sommet spécifiquement consacré à l’Afrique.

L’enseignement supérieur et la recherche est également un domaine d’excellence privilégié alors que nous soutenons la Mauritanie dans sa démarche de mise en place de filières préparatoires aux grandes écoles d’ingénieur francophones. Le secteur privé a évidemment toute sa place dans la consolidation de notre relation.

Plusieurs partenariats économiques se sont développés entre les entreprises de nos deux pays - dans le secteur de la pêche, les hydrocarbures, la logistique, la cimenterie, le domaine minier, l’agro-alimentaire et le secteur bancaire. Le savoir-faire de nos entreprises est hautement apprécié.

Concernant le G5, comment la France apporte-t-elle son soutien à la Mauritanie ?

La sécurité régionale constitue la deuxième priorité de notre coopération. La stabilité au Sahel est aussi celle de l’Europe. A cet égard, il convient de souligner que la Mauritanie, qui a elle-même fait preuve de détermination pour combattre cette menace, occupe une position clé dans le dispositif régional de lutte contre le terrorisme.

Et son rôle a été moteur dans la création et la montée en puissance du G5 Sahel, dont le secrétariat permanent est à Nouakchott et qui est appelé à devenir non seulement un instrument de développement mais aussi un dispositif de sécurité collective.

La France apporte son aide en dispensant de la formation à ses partenaires mauritaniens, de même que, auprès du G5 à Nouakchott, elle met également à disposition des experts, notamment pour la prochaine ouverture d’un Collège sahélien de défense. Vous connaissez parallèlement nos efforts pour encourager la constitution d’une Force militaire conjointe du G5 que les autorités mauritaniennes appellent aussi activement de leurs vœux.

Comment se manifeste la présence française en Mauritanie ? Quelles sont le problématiques des français y vivant ?

La communauté française est composée d’environ 2000 français, dont 60% de bi-nationaux. Les préoccupations sont donc diversifiées mais se retrouvent essentiellement dans celles précédemment évoquées, telles que la sécurité du pays et l’appui au développement des affaires.

Nos compatriotes contribuent à l’essor de nos échanges bilatéraux et également à la croissance du pays dans lequel ils résident. Quelque vingt mille emplois directs et indirects dépendent des filiales mauritaniennes des sociétés françaises.

On doit également citer notre présence éducative et culturelle. Parallèlement à l’offre culturelle de l’Institut français, le lycée français Théodore Monod participe de la politique d’attractivité de la France et de ses valeurs. Mille élèves y sont scolarisés, Français et Mauritaniens, ces derniers, pour la plupart, poursuivant ensuite leurs études en France.



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Commentaires (5)

  • moukhabarat (F) 09/10/2017 17:02 X

    L'enseignement de la langue française en Mauritanie est une plaie ouverte et il faut un plan Marshal pour le sauver sinon les mauritaniens vont se replier sur leurs langues nationales pour sortir leur système éducatif de l'abime ( sans accent circonflexe...) dans lequel il s'enfonce jour après jour....

  • mohamed hanefi (H) 07/10/2017 12:59 X

    Excellence. La France et la Mauritanie ont été liées par le destin en mal et / ou en bien depuis les siècles derniers. La coopération bilatérale, dans l'intérêts des deux pays amis, et pour un meilleur devenir pour les deux peuples, ne peut être que bénéfique. Le respect de l'intégrité et du libre choix du partenaire, ne peut que renforcer la confiance et solidifier les liens.

  • abouth (H) 07/10/2017 09:13 X

    "La stabilité au Sahel est aussi celle de l'Europe."; "... il convient de souligner que la Mauritanie (...) fait preuve de détermination (...), occupe une position clé dans le dispositif régional de lutte contre le terrorisme."

  • Face-Mauritanie (H) 06/10/2017 20:29 X

    Monsieur l’Ambassadeur, vous cautionnez l’absence de toutes sociétés française même celle qui ramasser nos poubelles (PIZZORNO) pour préserver l’environnement dans les normes internationale définit par les accords que votre pays la France parraine encore. Donc l’absence des français en Mauritanie est une bonne chose, alors qu’ils se trouvent plus nombreux et plus touristes dans les pays et zones à risque en Afrique. Si après ma courte vision de cette situation, vous nous parler de la rencontre et d’une poignée de main fortuite entre les deux président, d’ailleurs forcé par notre président veut dire que tout va bien, je crois que les mauritaniens doivent se débarrasser de la langue française et aller apprendre le chinois ou le ruse, mais convenez avec nous politique, que la France est loin et très loin d’ailleurs d’être content du général président. Les mauritaniens sont d’accord que la France n’a encore mis la main sur un homme sur et propre pour nettoyer le plancher.

  • Face-Mauritanie (H) 06/10/2017 20:29 X

    Excellence, Monsieur l’Ambassadeur cette interview est vague et sans contour réel de la situation froide que traverse les deux pays, le langage que vous utilisez ici est une généralité sans fond dans l’océan des désaccords qui ne disent pas leurs noms, nous savons aussi que vous n’êtes pas du tout avec l’avis des gouvernants sur la façon de traiter les affaires économiques du pays, votre première observations reste vaste et sans limite dans le langage diplomatique, la France n’a aucun intérêt de voir un pays comme la Mauritanie se tourné vers la chine et l’Asie avec un seul interlocuteur (Président) qui prend tous les marchés dans ce pays jusqu’au Gaz et pétrole, vous voulez nous faire comprendre que la France même sans les intérêts des deux partie, la France perdante continuera à apporter son soutien à la diplomatie mauritanienne et son engagement dans le développement, mais monsieur nous sommes là depuis très longtemps et la France n’a jamais changé sa politique en Afrique surtout dans un pays qui regorge de ressources pouvant sauver l’économie mondiale dans 4 ans. Monsieur l’Ambassadeur, vous voulez nous dire que vous êtes content d’être dans un pays ou l’opposition, les élus, les syndicalistes, les défenseurs des droits de l’homme, les journalistes sont persécutés et empêcher de travailler, le pays ou il y’à un seul homme qui taille et cout à sa façon la constitution de son pays, avec une arme de destruction massive appeler l’article 38 pour se maintenir au pouvoir, surtout quant ce pays est une ancienne colonie de la France.