31-10-2017 07:00 - Mohamed Ould Ghadda, sénateur : « Jugez-moi ou acquittez-moi »

Mohamed Ould Ghadda, sénateur : « Jugez-moi ou acquittez-moi »

Human Rights Watch - Mohamed Ould Ghadda, ancien membre du Sénat mauritanien, était assis sur le sol devant la cellule qu’il partage avec huit autres prisonniers, quand je l’ai rencontré à la prison de Nouakchott il y près d’une semaine.

« J’ai refusé de demander au tribunal d’être placé en liberté provisoire, parce qu’alors cela serait plus facile pour eux de laisser l’affaire traîner », a expliqué Ghadda, qui passe ses journées dans une cellule commune en attendant des nouvelles de la procédure judiciaire. « Pour moi, il n’y a que deux options acceptables : jugez-moi ou acquittez-moi. »

En mars dernier, Ghadda a contribué au rejet d’amendements constitutionnels qui visaient à dissoudre le Sénat, soutenus par le président Mohamed Ould Abdel Aziz. Lorsque le président a soumis la même proposition à un référendum national le 5 août, Ghadda a dénoncé la manœuvre haut et fort. Cinq jours après l’approbation de la proposition du président par les électeurs, Ghadda était placé en garde à vue.

Ghadda a été détenu pendant trois semaines avant de voir un juge. Les six premiers jours, il était détenu au secret. « Ils m’ont laissé seul dans une pièce sombre, personne ne m’adressait la parole », a rapporté Ghadda. Il a dû attendre six semaines de plus avant qu’un juge ne l’interroge sur l’affaire. Ghadda, à qui j’ai pu rendre visite grâce à la Commission nationale des droits de l’homme mauritanienne, est poursuivi pour avoir supposément accepté des financements de l’homme d’affaires et philanthrope exilé Mohamed Bouamatou, fonds que Ghadda est censé avoir distribués aux sénateurs de l’opposition.

Le ministre de la Justice, Brahim Ould Daddah, m’a indiqué le 19 octobre que le parquet avait l’intention de prouver que les actes de Ghadda constituaient des infractions à la loi mauritanienne anti-corruption de 2016. Ghadda soutient qu’il est innocent de tout méfait.

La Mauritanie a émis un mandat d’arrêt international contre Bouamatou, riche opposant au président. Le collège de juges d’instruction qui a entendu Ghadda le 12 octobre a également placé sous contrôle judiciaire douze autres sénateurs, quatre journalistes indépendants et deux leaders syndicaux – eux aussi à cause de leurs liens supposés avec Bouamatou.

De nombreuses personnes en Mauritanie ont confié à Human Rights Watch qu’ils pensaient que derrière cette enquête de corruption, se cachait en réalité la volonté de réduire au silence un opposant du président et d’intimider les autres opposants, les journalistes indépendants et les acteurs de la société civile qui pourraient accepter un soutien de la part de Bouamatou.

Pour dissiper cette impression, rien ne serait plus efficace qu’une résolution rapide de la procédure en cours contre Ghadda. Les autorités devraient donc soit le juger de façon équitable, soit abandonner les poursuites contre lui.

Candy Ofime
Leonard H. Sandler Fellow




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Commentaires (3)

  • Hamadalneenooy (H) 01/11/2017 09:59 X

    Ce n'est pas étonnant dans une République bananière. Prions Dieu de nous préserver de ce système pourri qui ne cherche qu'à s'accaparer de nos terres, nos biens immobiliers, etc. Rendez-vous compte que ce gouvernement nous a appauvri comme le président l'avait promi durant sa première campagne. Prions pour notre chère patrie.

  • mdmdlemine (H) 31/10/2017 08:44 X

    موريتانيا : "حاكموني آو برئوني" : هيومن رايتس ووتش - كان محمد ولد غدة، العضو السابق في مجلس الشيوخ الموريتاني، جالسا على الأرض، أمام الزنزانة التي يقبع فيها مع ثمانية سجناء آخرين، عندما زرته في سجن نواكشوط، منذ أسبوع تقريبا.. "رفضت أن أطلب من المحكمة الاستفادة من الحرية المؤقتة، لأن ذلك يتيح لهم بسهولة الفرصة لعدم الإسراع في حل القضية"، يؤكد لي ولد غدة، الذي يقضي أيامه في زنزانة جماعية في انتظار جديد في شأن المسطرة القضائية. "بالنسبة لي، يوجد خياران لا ثالث لهما : حاكموني آو برئوني" تم اعتقال السيناتور ولد غدة لمدة ثلاثة أسابيع، قبل أن يلتقي قاضيا، امضي الأيام الستة الأولى منها، تحت الحجز السري. "تركوني وحيدا في غرفة مظلمة، لا أحد يكلمني" يقول لي ولد غدة. كما انتظر ستة أسابيع أخري قبل أن يسأله قاضي في القضية، يضيف ولد غدة، الذي تمكنت من زيارته بفضل اللجنة الوطنية الموريتانية لحقوق الإنسان. ويخضع السيناتور للمتابعة القضائية، اثر اتهامه المفترض بقبول استلام تمويلات مقدمة من طرف رجل الأعمال والمحسن، الذي يعيش في المنفي، محمد ولد بوعماتو، والتي قد يكون ولد غدة، قام بتوزيعها على أعضاء مجلس الشيوخ المعارضين للتعديلات الدستورية. .ودائما في هذا الملف، أكد لي، وزير العدل، إبراهيم ولد داداه، في 19 من شهر أكتوبر الجاري، عزم النيابة العامة، تقديم الأدلة التي تثبت أن التهم المرفوعة ضد المعتقل، تمثل انتهاكات للقانون الموريتاني المتعلق بمحاربة الرشوة لسنة 2016، في الوقت الذي يؤكد فيه ولد غدة عن براءته من القيام بأي سوء.. وقد أصدرت موريتانيا مذكرة اعتقال دولية ضد ولد بوعماتو، المعارض الثري للرئيس ولد عبد العزيز. كما القضاة الذين استمعوا لولد غدة، في 12 من أكتوبر ألحاري، وضع 12 آخرين من أعضاء مجلس الشيوخ، 4 صحفيين و 2 من قادة النقابات العمالية، كلهم متهمون بارتباطات ما بولد بوعماتو، تحت الرقابة القضائية. ويعتقد كثير من الموريتانيين، الذين التقت بهم هيومن رايتس ووتش، أن التحقيق في هذه القضية بالذات والمتعلقة بملفات فساد، تهدف في صميمها وصرامتها في الإرادة الساعية إلي إسكات معارض للرئيس من جهة و تخويف المناوئين الآخرين و الصحفيين المستقلين والفاعلين في المجتمع المدني، الذين قد يقبلوا دعما من ولد بوعماتو. ولتبديد هذا الانطباع، لا يوجد شيء هناك، أكثر فعالية من الإسراع بالإجراءات الجارية ضد غدة. مما يعني أنه من واجب السلطات إجراء محاكمة عادلة لولد غدة آو التخلي عن كل المتابعات ضده. http://cridem.org/C_Info.php?article=704017 ترجمة محمد ولد محمد الامين

  • Sidikader200 (H) 31/10/2017 07:34 X

    Un héros qui subit l'injustice et l'arbitraire sans faiblir. Un exemple pour la jeunesse mauritaniens qui doivent travailler pour se débarrasser en 2019 du vieux dictateur.