31-01-2018 19:30 - Présidentiel : Qui pour succeder à Aziz ?

Présidentiel : Qui pour succeder à Aziz ?

L'Eveil Hebdo - A quelques mois des législatives et des municipales, et près d’une année de la présidentielle, le moins que l’on puisse dire c’est que du coté du pouvoir, la sérénité n’est pas au beau fixe. En témoigne la désignation d’une commission de redynamisation de l’UPR, présidée par l’actuel ministre de la Défense, Diallo Mamadou Bathia.

En fait le grand danger du pouvoir aujourd’hui c’est paradoxalement ce même pouvoir, du fait de fortes dissensions et rivalités internes qui en partie plombent les activités de ce mastodonte aux pieds d’argile. A cela s’ajoute le casse tête que pose la constitution qui n’autorise plus l’actuel Président à se présenter en 2019.

Faut-il alors faire sauter le verrou de cette constitution pour permettre à Ould Abdel Aziz de se représenter ? Ou bien encore faut-il chercher un candidat de substitution et dans ce cas, lequel ?

C’est suite à une rencontre entre le président Aziz et le président du parti, Sidi Mohamed O. Maham, qu’une commission destinée à donner un nouveau souffle à l’UPR a été désignée. Une commission qui sera chargée de proposer une approche pour redynamiser le parti et pour entreprendre des opérations d’adhésion qui seront suivies par la mise en place de plusieurs structures.

Les observateurs sont majoritairement d’avis que l’UPR n’a jamais, à ce jour, constitué une véritable machine électorale pour son fondateur. Et ce n’est pas la dernière consultation électorale (référendum) qui va le démentir.

Le parti qui avait clairement montré ses limites, était l’un des principaux responsables de la débâcle. Mais également quelques mois auparavant, ce sont des sénateurs issus de ce même parti qui rejetaient les amendements constitutionnels proposés et entraînaient une crise sans précédent au sein du pouvoir.

Mais encore les rivalités entre d’une part l’ex Premier Ministre Ould Mohamed Laghdaf et l’actuel chef du gouvernement Ould Hadémine avait créé des ondes de choc qui auraient pu conduire à une implosion de ce parti.

La perte par Ould Mohamed Laghdaf de son poste de Ministre Secrétaire Général de la Présidence était alors perçu par certains comme victoire de Ould Hadémine. Au lieu de s’estomper, cette rivalité se déplaçait d’un pion, le Président de l’URR Ould Maham remplaçant l’ex Premier Ministre dans cette arène bouillante de la pure politique politicienne.

Ainsi depuis lors Ould Maham et Ould Hademine s’affrontent pour garder une forte influence au près du Président. La composition de la commission de redynamisation faisant la part belle au gouvernement avec pas moins de 5 ministres et aucun cadre du parti à l’exception de son Président est perçu par certains comme un désaveu fait à OULD Maham.

Seulement, le Premier Ministre est lui-même exclu de cette commission ou siège pourtant certaines pointures de son Gouvernement tels que Ould Djaye (ministre de l’Economie et des Finances) mais aussi le directeur de cabinet du Président et le très influent et craint, Ould Baya, maire de Zouérate.

Une fois encore le Président semble plus compter sur les membres de son gouvernement que sur les cadres de l’UPR pour se lancer à l’assaut des différentes échéances électorales à venir.

L’on se souvient que le président de la république avait confié aux membres du gouvernement et non pas au parti, la supervision de la campagne pour les amendements constitutionnels. Et l’on avait vu alors les piètres résultats obtenus.

La méfiance du Président face à l’UPR n’est pas nouvelle alors, sachant lui-même que ce parti est un ramassis de laudateurs invétérés ayant accompagné tous les pouvoirs…Des individus aussi versatiles que le vent, uniquement mus par des intérêts personnels.

Alors le Président sort la grande artillerie pour préparer 2018 et surtout la présidentielle de 2019. Tout porte à croire que malgré ses nombreux démentis qu’il sera candidat.

Pour de nombreux observateurs, il ne fait l’ombre d’aucun doute que Ould Abdel Aziz sera candidat. Cela s’expliquerait d’abord que l’on voit mal cet homme se ranger paisiblement dans son Inchiri natal, savourer une retraite, aussi dorée soit-elle. Lui-même avait dit au cours d’une conférence de presse qu’il ferait encore de la politique, une fois la Présidence quittée ! Ce serait alors pour revenir au pouvoir car c’est l’ultime objectif de tout politicien.

Mais abandonner le pouvoir pour y revenir est un risque. L’ex Président du CMJD, feu colonel Ely Ould Mohamed Vall en avait fait les frais en permettant une transition démocratique 2007. Il ne réussira plus revenir au pouvoir et obtint même un humiliant score lors de la présidentielle de 2009. Ould Abdel Aziz prendrait-il ce risque ?

En tout cas, tout porte à croire le contraire et ce n’est plus un secret de polichinelle que Ould Abdel Aziz sera présent en 2019 pour défendre les couleurs du pouvoir. Au cas où, il ne serait pas là (personne n’y croit) quelques noms sont avancés. Tantôt on évoque le nom de Ould Ghazouani qui parait-il ne serait pas intéressé par le poste.

Egalement l’actuel maire de Zouérat, l’influent colonel Ould Baya est cité. Il aurait l’avantage d’être un très proche de Ould Abdel Aziz et serait éventuellement prêt à rendre l’échelle à quelqu’un dont il est redevable de sa fulgurante ascension. Officier à la retraite, il aurait plus facilement le quitus de l’armée.

L’ex Premier Ministre, Ould Mohamed Laghdaf serait, dit-on, en réserve depuis son départ de l’administration présidentielle. Reste que cet homme vu ses antagonismes avec l’actuel chef de Gouvernement ne ferait pas l ’unanimité au sein de la classe politique mais aussi n’aurait l’aval de nombreux hauts gradés parmi lesquels le général Ould Ghazouani.

D’autres noms sont encore évoqués, l’actuel chef de Gouvernement Ould Hademine ou l’ancien ministre et président de l’UPR, Ould Mohamed Lemine.

En tout état de cause l’ombre de Aziz pèse outrageusement sur cette élection et les supposés candidats de substitution du pouvoir ne font pas le poids devant lui. Une interrogation et pas la moindre : la constitution sera-t-elle encore amendée pour lever le verrou des mandats ?

AOB



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Commentaires (10)

  • bleil (H) 01/02/2018 14:43 X

    La guerre est une chose trop grave pour être confiée à des militaires." Pour être pragmatique, Aziz ou tout autre militaire est pratiquement exclu de la liste des politiciens capables de diriger la Mauritanie et la remettre sur les rails du développement socio-économique ! Le pays a besoin de bonne gouvernance, synonyme de progrès social et de participation effective des populations à cette bataille ainsi que la transparence accrue dans le fonctionnement de toutes nos institutions étatiques ; c’est ça la démocratie … Un jardin est une œuvre de longue haleine et tellement délicat pour être confié à des jardiniers !

  • Mauritweet (H) 01/02/2018 13:15 X

    Bonne question... Demander a l'Arabie Saoudite. C esont les Al Saoud qui gere ce cote de ressources humaines

  • KANTAKI (H) 01/02/2018 10:55 X

    Ould Abdel Aziz a fait plus que sa part du travail et beaucoup de politiciens n'en a cure, ce qui les intéresse c'est combien la communauté unetelle va avoir de postes ou de voix pour tout capter... Le travail du président n'est pas négligeable et la Mauritanie a besoin de paix civile et de continuité pour sortir du sous-développement ! Et cela seul le Président peut le faire actuellement, Vive la République unie et prospère !

  • 05smnt (H) 01/02/2018 03:40 X

    Au-delà des querelles entre ces gens qui prennent la Mauritanie comme une chasse -gardée tout en se moquant royalement de ce que veulent les mauritaniens, on note que oul aziz a lamentablement échoué, il faut le dire «KANTAKI» et «unitéRIM» fidèles laudateurs du petit putschiste du désert, le reconnaissent eux-mêmes, le pays est au bord du précipice. Après, avoir régné un hors-la-loi, comme un chef de gang, pendant une décennie et n'avoir réussi qu'à maintenir les divisions, voire en les accentuant, en conduisant «les loups aux portes de la bergerie», il doit se barrer si une petite flamme de patriotisme a un jour visité son cœur- moi j'en doute. Si le pays est dans cet état lamentable c'est à cause de aziz. Je ne sais même pas si ça vaut la peine de revenir sur les propos honteux de «unitéRIM» qui dit que aziz est le seul à même de conduire ce navire qu'est la Mauritanie. C'est mesquin car celà veut dire que si aziz est empêché d'une manière ou d'une autre, le pays cessera d'exister ? Est ce votre aveux vous même êtes convaincus que tous ces plaisantins qui entourent entourent aziz sont des incapables, il n'a choisi que des gens aussi médiocres que lui! Mais rassurez-vous mr ce pays est rempli de femmes et hommes honnêtes, intègres et compétents qui ne demandent qu'à le servir , si vous ne les voyez pas c'est parce qu'ils n'ont pas envie de s'associer aux magouilles et à la gabegie dont votre mentor est devenu champion. Bref, aziz a eu l'occasion d'avoir des rendez-vous avec l'histoire, il s'est dérobé, car même en tant que fils spirituel de TAYA, qu'il a servi avant de trahir , il aurait pu s'attaquer aux maux qui minent la société Mauritanienne mais comme son mentor et son oncle qu'il a tué politiquement , il a préféré se comporter un minable chef de clan, de tribu, entouré de laudateurs.

  • medabdul (H) 31/01/2018 23:12 X

    TRES BONNE QUESTION. LUI MÊME ; HEMESELF

  • unitéRIM (H) 31/01/2018 22:05 X

    Soyons pragmatiques, votre analyse a dégagé une réalité que pas mal de mauritaniens la constante depuis quelques années; M.Aziz est pratiquement la seule personne capable de continuer le rôle de commandant de notre navire La Mauritanie au moins dans cette période si sensible et risquée.Les mentalités de notre société ne sont pas encore compatibles avec la démocratie occidentale. il faut une grande phase de transition pour renforcer l'unité nationale; construire des infrastructures, retourner à l'école publique et pratiquer une discrimination positive au profil de certains groupes sociaux même sans réelle démocratie. Après cette transition constructive nous pouvons de nouveau tenter la démocratisation de la vie politique et sociale en respectant nos valeurs culturelles et religieuses

  • KANTAKI (H) 31/01/2018 21:34 X

    Nous ne laisserons pas le Président Ould Abdel Aziz rejoindre son Inchiri natal,ni même quitter le territoire. Nous avons besoin de lui pour encore quelque temps car le moment est critique et les loups sont à la porte de la bergerie... Les tensions ethniques et sociales sont mises en avant et des groupes préparent le pire pour le pays.De plus, la sécurité du territoire est en jeu, menacée par les terroristes de tous bords et par les trafiquants d'armes et de drogue ! Non M. Le Président, nous ne vous laisserons pas partir !

  • habouss (H) 31/01/2018 20:24 X

    Belle analyse en attendant la tempête !

  • leguignolm (H) 31/01/2018 20:00 X

    Aziz avant son arrivé, on était des pauvres populations et ses dix ans de pouvoir, il nous a rendu la barre au seuil de la misérabiliste!Je pensais qu'au moment de referendum qu'on n'avait tiré une leçon alors j'ai trouvé tel n'est pas le cas donc t'en mieux !

  • lass77 (H) 31/01/2018 19:53 X

    Pour etre serieux c'est bien Biram Abeid qui va succeder à Aziz. Pourquoi citer que les memes ? Vivement Biram