19-02-2018 16:55 - Mauritanie: le président Abdel Aziz annonce qu'il ne briguera pas de 3e mandat

Mauritanie: le président Abdel Aziz annonce qu'il ne briguera pas de 3e mandat

Le360 - Le président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, réitère sa ferme volonté de respecter la Constitution en ne briguant pas de 3e mandat en 2019, dans un entretien exclusif avec l’hebdomadaire panafricain «Jeune Afrique» paru ce lundi.

Par la même occasion, le chef de l’Etat mauritanien déclare ne pas avoir de dauphin, tout en confirmant sa volonté de conserver un regard attentif et intéressé sur le jeu politique national après son départ de la présidence.

Lors d'une sortie précédente dans les médias français en 2016, le Premier magistrat de Mauritanie déclarait déjà: «Je n’ai jamais dit que j’allais modifier la Constitution pour me représenter. J’ai prêté deux serments pour la respecter. Ils sont plus forts que tout ce que je pourrais dire à l’avenir».

L’article 28 de la Constitution mauritanienne de juillet 1991, modifiée par voie référendaire le 25 juin 2006, prévoit que «le président de la République est rééligible une seule fois».

L’article 29 stipule «avant d’entrer en fonctions, le président élu prête serment en ces termes: je jure par Allah l’unique de bien et fidèlement remplir mes fonctions, dans le respect de la constitution et des lois, de veiller à l’intérêt du peuple mauritanien, de sauvegarder l’indépendance et la souveraineté du pays, l’unité de la patrie et l’intégrité du territoire national.

Je jure par Allah l’unique de ne point prendre ni soutenir, directement ou indirectement, une initiative qui pourrait conduire à la révision des dispositions constitutionnelles relatives à la durée du mandat du président de la République et au régime de son renouvellement, prévus aux articles 26 et 28 de la présente Constitution».


Mais au-delà des dispositions gravées dans le marbre, le débat continue dans les salons de Nouakchott. Certains «soutiens» du président continuent à réclamer un troisième mandat, alors qu’une partie de l’opinion reste sceptique quant au respect de la constitution par le président.

Réagissant à cette nouvelle déclaration, Lô Gourmo, vice-président de l’Union des forces du progrès (UFP), exhorte ses camarades de l’opposition à prendre Mohamed Ould Abdel Aziz au mot, tout en restant «vigilants». Sur les réseaux sociaux, il a écrit que «le chef de l’Etat confirme ne pas se présenter en 2019 pour un 3e mandat. Cela est clair et sans aucune ambiguïté.

En 2019, une situation nouvelle se présentera dans le pays. Aux Mauritaniens de tous horizons d’agir de concert, dès maintenant, pour une alternance démocratique authentique et apaisée, dans le respect de l’ordre constitutionnel et des libertés démocratiques. Il en va de l’intérêt de notre patrie».


Une perspective «d’alternance démocratique» à laquelle ne semble pas trop croire maître Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny, ex-bâtonnier de l’Ordre national des avocats (ONA).

Cet avocat s’est exprimé dans les colonnes du Quotidien de Nouakchott ce lundi, dans lequel il met à nue les carences «d’une opposition qui n’a jamais réussi à s’unir sous une même bannière politique, tout comme elle a échoué à concevoir une stratégie crédible pouvant sauver le navire et le conduire à bon port, qui a échoué lamentablement à tirer les enseignements des épreuves qu’elle a enduré dans le passé». Selon lui, l’opposition actuelle ne représente pas une alternative crédible.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya




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Source : Le360 (Maroc)
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Commentaires (10)

  • sindibad (H) 20/02/2018 18:20 X

    le faite de aziz déclare qu'il ne briguera pas un 3 ieme mandat pose une question sur logique de changer une année avant sont départ :la constitution ,le drapeau , l'argent ,le sénat et le parti....entrer en geurre au mali. on peut penser qu'il prépare l'intronisation d'en fidèle à lui le temps de pouvoir y retourner mais quand on a régné sans partage pendant 12 ans sans partage avec une main de fer et partir un laissant un champs politique en ruine constitue un risque d'anarchie et d'instabilité... donc une nouvelle période de transition présidé par aziz s'impose pour avoir des élections démocratiques fiables.

  • lass77 (H) 20/02/2018 09:50 X

    Notre Aziz n'a jamais dit qu'il souhaitait briguer un troisième mandat qui serait de fait une violation de la constitution. On sait que les vautours et autres démagogues et opportunistes ont meme proposé qu'Aziz devienne ROI de Mauritanie, ces derniers pensent déja à se repositionner aprés 2019 comme ils l'ont éte au temps de Taya, d'Ely et meme de Sidi. C'est ainsi la vie politique mauritanienne, certains suivent la direction de vent du pouvoir. C'est curieux par exemple d'avoir les memes conseillers à la presidence dépuis Taya, Ely, Sidi et maintenant Aziz, tout le monde peut le verifier. Retenons la prise de position claire et nette d'Aziz sur ce point sauf coup de théâtre.

  • mystere1 (F) 20/02/2018 08:09 X

    On verra inchaallah s'il ne fera pas du wakh wakhète comme ses confrères sénégalais, n'oublions pas que c'est la politique, or avec elle il faut tout s'attendre !

  • samba el bakar (H) 20/02/2018 05:05 X

    Enfin ,on peut clore ce chapitre d’un hypothétique troisième mandat. C’est tout à l’honneur du Président de la République de réaffirmer son obligation de respecter ses serments de se conformer ainsi à l’esprit de la Constitution .Le peuple Mauritanien prend acte de cette décision. .Personnellement cela me rappelle la déclaration de l’ancien Président Malien Alpha Oumar Konaré qui avait sèchement rétorqué à ses sympathisants scandant pour un mandat de plus « Écoutez la Constitution du Mali n’est pas un chiffon » ! Espérons que on ne va pas nous la jouer à la Poutine qui pour contourner la Constitution a mis à sa place un pantin afin que lui-même reste le maître du jeu Politique.Ce serait très dangereux car en Mauritanie le Pouvoir ne se prête pas. La meilleure future place de Aziz serait dans la Société civile engagée à mettre en place une bonne Gouvernance dont a besoin ce Pays riche dans sa diversité Culturelle et aussi dans ses potentialités économiques. L’avenir nous dira si les militaires ont bien opté pour une position républicaine favorisant l’instauration d’une réelle Démocratie ou s’ils sont tapis dans l’ombre pour redresser, rectifier ou « saluter » et j’en passe….

  • KIZITOU (H) 20/02/2018 03:58 X

    Depuis votre pseudo élection en 2009 c’est bien la seule décision intelligente que vous ayez prise. En effet pour le bien du pays il est grand temps de tourner la page de vos années calamiteuses à la tête de notre pays bien aimé et espérons qu’il y aura une véritable alternance politique et non un pantin qui serait téléguidé par Aziz et ses sbires.

  • Selmedine (H) 19/02/2018 22:26 X

    La Mauritanie à besoin d'un homme pragmatique et xe parole pour continuer l'après 2019.Malgré la persistance de la misère,du chômage et de la gouvernance de crtains carents le bilan de Aziz reste positif au niveau de la sécurité ,de la stabilité du pouvoir et de la création d'infrastructure.

  • Kouleyb (H) 19/02/2018 22:13 X

    N’Deyssane, Aziz machi ? C’est curieux, mais depuis que j’ai lu cet article, je commence à l’aimer. Avant je n’y pensais pas, parce que les mauvaises langues l’ont toujours présenté comme un Monsieur qui n’a pas de respect pour le pays. Une chose me réconforte quand même : s’il accepte de partir sans contrainte, c’est qu’il a bien assuré ses arrières. El Hamdou Lillah.

  • synthetiseur (H) 19/02/2018 21:04 X

    Sagesse, perspicacité et magnanimité. Mais pour achever son oeuvre chevaleresque le Président doit partir en laissant une image de rassembleur, et d'architecte d'une Mauritanie nouvelle démocratique et stable. Il doit se mettre au dessus de la melée, transcender les différends avec tous ses adversaires, ceux qui sont exilés comme ceux qui sont à l'intérieur,les réunir autour d'une meme table, , leur offrir toutes les garanties nécessaires en vue d'un dialogue franc et ouvert. Ainsi les esprits et les coeurs seront apaisés et les mauritaniens pourront en toute sérénité envisager l'avenir politique à travers une transition politique apaiséee nous guidant vers une nouvelle page de notre histoire. Il pourra a ainsi effacer d'un revers de main toutes les rancoeurs, toutes les critiques et toutes les calembredaines de ses détracteurs et porter à jamais l'étendard de celui par qui la Mauritanie a réussi malgré tous les saubresauts, à se retrouver dans le cercle peu nombreux des pays ou un chef d'Etat respecte la constitution dont il est le garant, les institutions et le peuple tout entier. Il ne faut surtout pas qu'il compte sur une passation du pouvoir à un de ces pyromanes qui ne l'ont conseillé que pour le propulser vers l'inconnu.Il doit etre un arbitre sincère des joutes électorales, autant que l'arméee; arbitrage qui n'enlève en rien les chances et opportunités des candidats de son propre camp. Les mauritaniens l'écouteront moins ou ne l'écouteront pas du tout quel que sera son futur positionnement s'il ne change pas son fusil d'épaule. Le dernier referendum a prouvé un réel changement pour ne pas dire un bouleversement dans les mentalités des mauritaniens. A bon entendeur salut!

  • abouth (H) 19/02/2018 20:17 X

    Qu'il brigue ou non un troisième mandat, le président Aziz peut se prévaloir d'un brillant bilan de réalisations qui l'autorise, légitimement, à continuer à jouer un rôle de premier plan dans la gestion stratégique du pays, tant qu'il le souhaitera. Le témoignage de Me Bouhbeiny, confirme la déliquescence avancée de l'opposition islamo-socialo-anarchiste (Tawassoul-RFD-IRA), en raison de l'absence d'un quelconque dénominateur commun entre ces trois extrêmes. La Mauritanie, qui vit dans un contexte régional sensible, a prioritairement besoin de paix et de stabilité; aujourd'hui, seul le président Aziz est en mesure de les lui assurer...

  • mdmdlemine (H) 19/02/2018 18:07 X

    آNous félicitons le Président pour avoir opté pour la raison et non les sentiments, même ceux d'une partie "complaisante et avide de sa majorité" Le mieux, si on a un actif à défendre et à promouvoir, est de se mettre à quête de la personnalité la mieux habilité pour le capitaliser surtout que toute la decennie passée a permis à son Excellence d'expérimenter autant de figures pour ne pas se tromper sur le profil parfait pour rivaliser et tenter sa succession