20-03-2018 07:45 - Politique : UPR, La guerre des clans continue

Politique : UPR, La guerre des clans continue

Initiatives News - Le ministre Mohamed Abdallahi Ould Oudaa n’ira pas diriger la mission de sensibilisation de l’UPR au Hodh Echargui.

Le Premier ministre aurait contesté l’envoi de «cet opposant» dans «sa» région… rappelant ainsi que les lignes n’ont pas bougé sur le front des querelles intestines. Même si le parti UPR a entamé le processus de transformation tracé par la commission désignée par le Président de la République, il est toujours en proie aux querelles internes…

Sitôt ses textes adoptés par le Conseil national transformé en congrès extraordinaire le 5 mars, l’Union pour la République (UPR) a envoyé ses missions à l’intérieur expliquer de quoi il s’agit.

Sur le plan organisationnel, il va falloir expliciter les grands changements intervenus sur proposition de la Commission ad hoc désignée par le Président Mohamed Ould Abdel Aziz qui lui avait donné la mission de faire l’état des lieux du parti pour permettre la redynamisation de ses structures.

Le travail proposé a été le fruit d’une large concertation qui a impliqué les instances actuelles, les organisations de femmes et de jeunes, les élus ainsi qu’une brochette de cadres qui ont, deux jours durant, discuté du plan d’actions proposé.

UPR restructurée


La nouvelle philosophie de l’organisation de l’UPR a pour finalité la représentativité. Comme exigé par le Président Ould Abdel Aziz, «l’implantation doit traduire la réalité des adhésions» pour savoir ce que le parti pèse effectivement. Pour ce faire, toutes les instances seront élues dans des conditions maximales de transparence et sans exclusion. D’où l’introduction de la proportionnelle au niveau des instances.

Parmi les nouveautés, la création de la zone qui regroupe plusieurs unités de base (un minimum de 3, un maximum de 30 appartenant à la même zone géographique). Ces zones (territoires) sont dirigées par un bureau élu pour cinq ans. Il comprend son président, un secrétaire chargé des opérations électorales, un autre chargé de l’orientation politique, un troisième de la promotion sociale, un quatrième chargé des finances, en plus d’un représentant des jeunes et d’un deuxième pour les femmes.

D’ailleurs, il a été décidé de créer sur le plan national une Commission des femmes pour les impliquer d’avantage et mieux intégrer les questions genres et toutes les problématiques sociales qui en découlent.

Coordonner avec l’Assemblée nationale et le gouvernement

Mais la grande nouveauté reste la création du Bureau politique chargé de suivre la vie du parti au quotidien. Il veille à l’application des décisions des instances dirigeantes (Conseil national et Bureau Exécutif), prend les positions sur les questions de l’heure. Mais il est surtout le cadre de coordination entre le parti, l’Assemblée nationale et le gouvernement.

Sa composition en dit long sur le constat qui le justifie : en plus du président du parti, il comprend le Premier ministre, le président de l’Assemblée (sinon celui du groupe parlementaire UPR), le secrétaire exécutif chargé du dossier politique et celui chargé des candidatures et des opérations électorales. Ce qui trahit une prise de conscience des effets néfastes des déchirements qui secouent la Majorité depuis 2015 et qui sont aujourd’hui évidents.

L’écueil des interférences

L’un des conflits ouverts et qui semble préoccuper en haut lieu, est celui qui a opposé – qui oppose encore – le Premier ministre au président du parti. L’interférence du premier dans les affaires politiques et ses velléités de faire main basse sur l’ensemble de la vie publique, expliquent largement ce conflit qui a été à l’origine de la fronde des sénateurs et des mauvais résultats du référendum fondateur du 5 août dernier. Ce conflit explique aussi les «perturbations» source d’incompréhensions au sein du public qu’il appartienne ou non à l’UPR.

Quand le Président a choisi de prendre part à la cérémonie d’ouverture des journées de réflexion, il s’agissait, en plus du soutien public au processus, d’obliger les protagonistes à aller ensemble. A ceux parmi eux qui avaient des velléités, de se ranger derrière la direction du parti et d’accepter «d’être disciplinés» publiquement. Mais la leçon a-t-elle été retenue pour autant ?

Une situation inédite qui a déjà coûté cher à l’Appareil d’État pour ne pas dire au système qui a dû recourir aux méthodes éculées pour faire passer son projet de réforme constitutionnel qui n’avait pourtant aucune difficulté à passer. Coûtant aussi en engagements personnels du Président de la République qui s’est retrouvé à chaque fois obligé de se mettre en avant pour protéger ses collaborateurs qui l’ont mis à mal.

Des collaborateurs qui, au lieu de proposer des solutions, ne savent que poser les problèmes. S’ils mettaient autant d’adresse à éviter les coups et à les laisser toucher le Président, que dans leur exercice quotidien, il n’y aurait pas aujourd’hui autant d’incertitudes sur la situation.

2019, la perspective, 2018, l’urgence

Le processus de renouveau du parti met en perspective l’urgence pour lui de se préparer aux échéances toutes proches. Celles de 2018 avant celle de 2019.

En attendant le comité des…Sages

Dans quelques semaines voire quelques jours, une nouvelle CENI doit voir le jour. Nouvelle par le nombre de ses membres (11 au lieu de 7), par ses compétences plus larges que par le passé, par son mode de désignation sur la base d’une proposition faite au Président de la République de 22 noms (11 fournis par la Majorité et 11 par l’Opposition) avant de voir les 11 sages nommés par décret élire parmi eux un président et ses adjoints.

Ce mode de désignation annonce les difficultés qui peuvent se poser donc le temps.

que cela peut prendre. Alors que nous sommes en face de délais incompressibles s’agissant des modalités prévues pour organiser les scrutins (renouvellement des listes électorales, convocation des collèges électoraux, fixation des rendez-vous…).

La désignation d’une nouvelle CENI est un test déterminant pour la participation d’un large spectre de l’espace politique. Si l’on réussit à faire «le bon choix», cela diminuera considérablement les appréhensions des uns et des autres et délégitimera les présomptions d’intelligence entre cet organe (en principe) indépendant et l’Exécutif.

Vers quel nouveau casting pour le scénario de 2019

En tout état de cause, les échéances attendues arrivent dans un contexte particulier. La fin du mandat présidentiel, le départ à la retraite d’une bonne partie de l’encadrement national, la jeunesse de la population, la prise de conscience et l’émancipation de la pensée individuelle… sont autant de facteurs favorable à l’émergence d’un «courant alternatif» à même de faire évoluer la situation mauritanienne. Les échéances de 2018 sont le test qui permettra ou non de passer le cap en traçant la voie à suivre pour la meilleure des transitions.

Encore faut-il que l’élite y croit en s’appropriant le processus actuel.

Ould Oumeir

La Tribune N°747



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Commentaires (5)

  • abidine ahmedou (H) 20/03/2018 21:02 X

    J'ai suivi ces derniers jours des livraisons de presse et commentaires vantant les qualités et merites du Dr Isselkou Ahmed izidbih J apprecie ces réactions positives, mais je remarque que leurs auteurs ont oublié de préciser que : _le ministre a dirigé la campagne référendaire a l'inchiri avec sagesse et savoir faire (la région était classée en tête du oui au plan national )au même moment où les régions de l est dont il est ressortissant caracolent au premier rang dans la wilaya du hodh echargui _à la tête de notre diplomatie, ses méthodes sont innovantes et ses performances sont positives et indéniables au triple plans sous régional, régional et continental _dans l'exercice de sa fonction il allie culture et persuasion (série de conférences à l'onu, Genève, Paris et ailleurs ) _s'exprimant aisément en anglais, écrivain en arabe et français, le prof de maths, 1 er de sa classe (voir l'hommage à son enseignant ),dessine l'arc en ciel d une règle de trois : patience -persuasion action _dans son idiosyncrasie (sa manière propre de voir ),il rappelle la philosophie stoïcienne par la sagesse et le sang froid et la modestie _d'akjoujt à ndb, il professe l'idéologie de son parti /Upr avec un accent accessible au plus simple des militants (voir sa photo visitant le dernier de nos résistants de oumtounsi ) من نصره الله فلا غالب له

  • hamadel (H) 20/03/2018 17:15 X

    un MOUVEMENT CARTON ROUGE contre l'union pour rien EST NE a basra et vous attend de pied ferme bande de budgétivore vive IRA

  • moulaye sidine (H) 20/03/2018 10:39 X

    L'UPR en pleine effervescence politique et ISSELKOU en pleine force pour faire un excellent travail pour la pays et nation. Un cadre inégalé dans le mérite et le savoir. Le doyen Med Vall Oumeir, devrait au moins, reconnaitre que ce Parti a des adhérents et militants à mesure de servir les bonnes causes.

  • cccom (H) 20/03/2018 09:54 X

    J’ai posté le commentaire suivant à l’article . http://cridem.org/C_Info.php?article=709175 de Ould Oumeir de la Tribune : Trois secteurs détruisent les acquis fantastiques du Président :Je demande à l’UPR et ses nouvelles structures dont les personnalités qui me suivent tous les soirs sur ma page FB (dont le MAE et ADG de la SNIM et bien d’autres) de communiquer au PR le contenu de mes 33 lettres ouvertes pour briser le carcan de la routine et engager la Mauritanie en 2018 et 2019 (il n’est point trop tard) dans une nouvelle ère de développement de l’Education, de l’agriculture et de l’emploi par centaines de milliers au Nord comme au Sud en comptant sur nos propres moyens et potentialités prouvées dans ma page. cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr

  • cccom (H) 20/03/2018 09:45 X

    Trois secteurs détruisent les acquis fantastiques du Président :Je demande à l’UPR et ses nouvelles structures dont les personnalités qui me suivent tous les soirs sur ma page FB (dont le M.A.E. et ADG de la SNIM et bien d’autres) de communiquer au PR le contenu de mes 33 lettres ouvertes pour briser le carcan de la routine et engager la Mauritanie en 2018 et 2019 (il n’est point trop tard) dans une nouvelle ère de développement de l’Education, de l’agriculture et de l’emploi par centaines de milliers au Nord comme au Sud en comptant sur nos propres moyens et potentialités prouvées dans ma page. cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr