29-03-2018 21:00 - Le Botswana et son président donnent encore l'exemple

Le Botswana et son président donnent encore l'exemple

Mauriweb - Le chef de l'État Ian Khama va démissionner volontairement à 18 mois de la fin de son mandat pour se conformer à la lettre à la Constitution. Une décision, à l'image d'un pays, qui passe pour être exemplaire en Afrique.

Sur la carte de l'Afrique, le Botswana ne se fait que rarement remarquer. Mais il le fait en bien. Lundi, le pays a, une fois de plus, donné l'exemple, son président Ian Khama annonçant sa démission, quelque 18 mois avant la fin de son mandat. Une mise en retrait justifiée par la nécessité de se conformer strictement à la Constitution qui limite à 10 ans la durée au pouvoir.

Or, Ian Khama, 65 ans, avait été intronisé le 1er avril 2008, dans la foulée du départ de son prédécesseur qui, déjà, entendait pour suivre à la lettre la loi fondamentale.

«J'étais un soldat, je n'avais aucun intérêt à entrer en politique, a expliqué Ian Khama. Et j'ai plein de projets pour l'avenir, très loin de la vie politique». Le chef de l'État sortant, fils du premier président Seretse Khama, tourne donc sans regrets le dos à la vie publique.

Au pouvoir, il a su tirer au mieux parti des forces de cet Etat enclavé, grand comme la France pour de 2,2 millions d'habitants, et notamment du commerce des diamants, du nickel et de la viande.

Il a surtout renforcé l'image de bon élève du Botswana, s'impliquant dans la bonne gouvernance, la défense de démocratie et les luttes écologiques. Le pays fut ainsi un critique acerbe de Robert Mugabe, l'ex-président du Zimbabwe, et plus récemment de Congolais Joseph Kabila, qu'il a enjoint à partir.

Ian Khama n'a pas non plus résisté au plaisir de griffer le grand allié américain. Après les déclarations de Donald Trump sur les «pays de merde», Gaborone a envoyé au département d'État une lettre très officielle demandant si le Botswana était un «pays de merde».

Plus sérieusement, le 20 mars, Khama a fustigé l'administration Trump pour avoir autorisé l'importation de trophées de chasse, dont l'ivoire, notamment depuis le Botswana. Or, le pays interdit formellement la chasse à l'éléphant.

Un beau bilan mais loin d'être parfait

Le gouvernement ne manque jamais non plus de mettre en avant ses performances pour contenir la corruption, ce qui lui vaut d'être l'État d'Afrique le mieux classé par l'ONG Transparence international (34e), loin devant l'Espagne ou l'Italie.

L'ancien pilote militaire, direct, souriant et réputé pour son contact facile, part donc au sommet de sa popularité. Il reste maître chez lui, et à l'étranger, on souligne ses qualités et la capacité du Botswana à déjouer la malédiction des pays riches en ressources.

Ce beau bilan, dont le président s'enorgueillit dans une tournée d'adieu qu'il effectue cette semaine, est cependant loin d'être parfait. Après des années de croissances, l'économie, touchée par la chute des cours des matières premières, se tasse.

Le chômage, très élevé, touche au moins 20% de la population, suscitant une certaine grogne. Ses opposants, des libéraux, lui reprochent la mise en place d'une série d'aides sociales qui pèsent sur le budget ainsi qu'un exercice rugueux du pouvoir.

L'urgence pour son probable successeur, Mokgweetsi Masisi, un professeur de 55 ans, sera donc de trouver créer des emplois et de réduire la dépendance du Botswana aux matières premières.



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 0
Lus : 2520

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (0)