15-05-2018 07:30 - Accord de pêche Mauritanie-Sénégal : toujours dans la mire malgré la contradiction des intérêts

Accord de pêche Mauritanie-Sénégal : toujours dans la mire malgré la contradiction des intérêts

Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb - A croire la presse chez nous et au Sénégal ainsi que certaines déclarations de responsables des deux pays, le principe de reconduire cet accord de pêche bilatéral est acquis et les conditions techniques et financières relatives à son exécution pratique, sont aussi quasi-arrêtées.

Quant aux reports répétés de sa signature, ceux-ci avaient semé le doute et laissé les rumeurs et les spéculations battre leur plein ; la question de date devenant ainsi un détail où couve le diable.

Ignorant complètement la position des officiels mauritaniens et l’avis de leurs techniciens à ce sujet, il me semble cependant que cet accord de pêche reste toujours dans la mire ; les dirigeants des deux pays étant suffisamment conscients que l’histoire et la géographie les obligent à surmonter tout obstacle, ancien ou nouveau, que peuvent engendrer les rapports entre les peuples et les pouvoirs.

Autrement dit, seuls des intérêts socio-économiques conjoncturellement contradictoires seraient derrière ce retard constaté dans la signature du projet d’accord déjà finalisé par les techniciens des deux pays.

D’abord, le Sénégal est pressé parce qu’il a des échéances politiques imminentes où le rôle de la communauté des pêcheurs, notamment de Saint-Louis, est très important.

La Mauritanie a, elle aussi, des élections municipales, régionales et législatives, dans quelques mois et des élections présidentielles, dans un an environ. Mais, son intérêt n’est pas dans l’urgence puisque les populations deviennent de plus en plus très regardantes sur la gestion des ressources naturelles nationales, en général et halieutiques, en particulier.

Les pêcheurs Sénégalais veulent débarquer directement leurs productions chez eux pour éviter d’un côté, les pertes inhérentes au caractère très périssable des petits pélagiques et de l’autre, le surcout causé par les opérations de débarquement-embarquement du produit.

Là, d’aucun n’ignorent que nôtre pays a un réel déficit en ce qui concerne la pêche des petits pélagiques, que son marché est capable d’absorber la production des embarcations sénégalaises autorisées et que le débarquement-embarquement des produits est profitable à ses citoyens de par ses effets induits.

Ensuite, les investissements à consentir dans les infrastructures au sud de la Mauritanie, ne seraient rentables que si et seulement si les débarquements atteignent un certain seuil garantissant les besoins des populations locales et la rentabilité des usines de transformation de proximité.

A propos, le mini-pôle de développement à créer à N’Diago autour d’une infrastructure de débarquement adaptée, est souvent citée comme pouvant constituer une solution intermédiaire consensuelle pour les deux parties mauritanienne et sénégalaise. Il reste cependant à savoir quand est ce que une telle infrastructure sera théoriquement terminée et, en conséquence, techniquement opérationnelle.

Cet autre détail de date, serait un autre point sur lequel les avis des analystes divergent et les états d’âmes des dirigeants des deux pays pourraient aussi certainement différer.

Qu’il reste par ailleurs entendu que l’octroi de quelques licences de pêche à un pays voisin comme le Sénégal est un dossier assez banal pour lier sa solution à Ewlad Leblad, à IRA, aux FLAM, aux conditions de séjour des Mauritaniens au Sénégal, etc.

En conséquence, barrons la route aux manœuvres des ennemis, aux manipulateurs d’opinions et aux pêcheurs dans les eaux troubles.

Dr Sidi El Moctar Ahmed Taleb



"Libre Expression" est une rubrique où nos lecteurs peuvent s'exprimer en toute liberté dans le respect de la CHARTE affichée.

Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.


Commentaires : 1
Lus : 2152

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (1)

  • kalidou gueye (H) 15/05/2018 21:36 X

    Cela montre encore l amateurisme de notre gouvernement. Je ne sais pas si c est de l irresponsabilité de notre gouvernement ou bien juste de la jalousie envers un pays voisin qui se développe pourtant près ce que sans richesse naturelle ou bien encore pour leur combat contre l ethnie peul (par ce que juste le président Macky sall est peul)