12-06-2018 13:54 - Mauritanie : Les dessous de la nomination d'Ould Cheikh en tant que chef de la diplomatie

Mauritanie : Les dessous de la nomination d'Ould Cheikh en tant que chef de la diplomatie

Yabiladi - La nomination hier d’Ismail Ould Cheikh Ahmed à la tête de la diplomatie mauritanienne devrait encourager un réchauffement des relations avec le Maroc. Mais cette désignation est surtout un message adressé en direction de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis.

Depuis hier, la Mauritanie a un nouveau ministre des Affaires étrangères. Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a mis un terme aux fonctions de Isselkou Ould Ahmed Izidbih et nommé à sa place Ismail Ould Cheikh Ahmed, l’ancien envoyé des Nations unies au Yémen avant qu’il ne jette l’éponge en février dernier.

Ce changement à la tête de la diplomatie mauritanienne serait-il les prémices d'un réchauffement des relations avec le Maroc, s’interroge le site anbaa.info. Rabat devrait en effet bénéficier du départ d’Ahmed Izidbih, considéré à tort ou à raison comme l’artisan du rapprochement avec l’Algérie.

D’ailleurs, la publication en ligne a rappelé que le roi Mohammed VI n’avait pas souhaité recevoir l’ancien ministre venu à Rabat pour lui remettre une invitation officielle au sommet de la Ligue arabe, qui s’était tenu le 25 juillet 2016 à Nouakchott.

Plutôt un message en direction de l’Arabie saoudite et des Emirats

Néanmoins, il faut prendre l’optimisme d’anbaa.info avec une certaine prudence. La proximité entre Nouakchott et Alger remonte en effet bien avant la désignation d’Ahmed Izidbih en tant que ministre des Affaires étrangères, dans le cadre du remaniement ministériel d’avril 2016.

Elle n’est que la conséquence directe de la détérioration des relations avec le royaume suite à la tentative d’assassinat du président Ould Abdel Aziz en octobre 2012.

La nomination de Ould Cheikh obéit également à d’autres considérations. Durant ses trois années en tant qu’envoyé de l’ONU au Yémen, l’homme a tissé des liens privilégiés avec les responsables saoudiens et émiratis, fortement engagés dans la guerre dans ce pays.

Une proximité guère appréciée par les houthis chiites, soutenus par l’Iran. Ils ont d’ailleurs pointé à maintes reprises sa «partialité» en faveur de Ryad et Abou Dhabi avant de passer à l’acte. En mai 2017, le convoi du Mauritanien avait été la cible de tirs dans la capitale, Sanaâ, pourtant contrôlée par les houthis. Quelques mois plus tard, il avait décidé de rendre son tablier à Antonio Guterres.

L’arrivée d’Ould Cheikh devrait permettre à Mohamed Abdel Aziz de bénéficier davantage d’aides et d’investissements en provenance de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis, alors que l’Algérie n’est plus en mesure de se montrer aussi généreuse avec lui que par le passé.

Plus encore, le voisin de l’Est voit en la Mauritanie un marché pour exporter ses produits, comme le ciment par exemple.

Contrairement à son prédécesseur, Ismaël Ould Cheikh Ahmed est désormais le seul «maître» à bord au ministère des Affaires étrangères. Le secrétariat d’Etat chargé des Affaires maghrébines et africaines et des Mauritaniens de l’étranger a tout bonnement été supprimé.

Mohamed Jaabouk




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Commentaires (7)

  • siam2013 (F) 13/06/2018 00:28 X

    Bon éclairage.

  • morehob (H) 12/06/2018 18:49 X

    Sa formation et sa grande expérience au sein des Nations Unies qui enseigne la culture de l'équilibre dans les positions lui sera fort utile aussi bien dans les dossiers sensibles qui nous concernent de prés(Sahara occidental, Mali) que dans ceux un peu plus lointains...

  • lhraki (H) 12/06/2018 18:11 X

    Un premier ministrable ,voire un présidentiable,pourquoi pas?D'ailleurs Aziz aurait dû le nommer premier ministre ipso facto.

  • hamadel (H) 12/06/2018 16:25 X

    Nous voulons des ministres qui peuvent donner de quoi manger(les dormeurs on en a marre personne ne parait intellectuel dans le groupe avec des langage hesitants)

  • synthetiseur (H) 12/06/2018 15:11 X

    Après les services rendus à l'Arabie saudite et aux Emirats dans la guerre du Yemen, et dont a profité le Président Aziz, l'homme se voit ainsi récompensé lui qui cherchait une chute après la chute du Yémen. Chacun et Aziz et Ismail y trouve son compte. L'homme est destiné en fait au poste de Premier Ministre vu son profil polyvalent. Cependant à sa place je dois savoir que les fins de régne sont dangeureux pour tout le monde. Le chemin sera pavé de crocs en jambes et cette fois il n'aura paus de point de chute. Par ailleurs un homme de sa trempe aurait du chercher à etre un homme de consensus national et éviter de terminer en petit haut fonctionnaire "sous l'aisselle".... d'un finissant.

  • Ksaleh (H) 12/06/2018 15:07 X

    Vous allez en conjoncture inutile, il n'existe aucune visibilité à part des difficultés de gouvernance futiles à l'aune de la gouvernance d'un pays aux gens en majorité qui ne croient rien sauf à leur pré carrée tribal avec un relent d'opportunisme exacerbé par la direction médiocre indiquée par un président en fin de règne !

  • Observateur Nat. (H) 12/06/2018 14:39 X

    Rien ne changera de suite et il sera comme ceux qui sont passés avant lui, avec son expérience du terrain en plus de sa renommée internationale il suffit qu’il prend un thé sous la tente et sort n’importe comment de cette tente pour comprendre que ce pays à mille porte de sortie, il vient avec sa propre diplomatie et ses repères arabes et panarabe, il risque devant lui et face à un idiot aphone et atone de ne jamais comprendre le langage du chef de gouvernement qui respirent la santé des généraux. Maintenant le PM est menacé de destitution par ce diplomate chevronné avec un carnet d’adresse remplit, il prendra après le sommet de l’UA la place du PM qui a crucifié les cadres de ce pays, ould Cheikh devra savoir composer avec des nulles et des mules en attendant de prendre les commandes du pays, Ould Hademine est sur une mauvaise pente politique.