09-01-2019 10:54 - Oumar Ould Matalla : «L’Etat va continuer à travailler pour combler le retard des anciens esclaves»

Oumar Ould Matalla : «L’Etat va continuer à travailler pour combler le retard des anciens esclaves»

Initiatives News - A l’appel du gouvernement mauritanien, une marche contre le discours dit de haine est organisée ce mercredi à Nouakchott. Quelle sont les vraies raisons de cette manifestations. Nous avons rencontré Oumar Ould Matalla, Secrétaire Général de l’Union pour la République (UPR) parti au pouvoir.

IN: Le gouvernement a appelé les mauritaniens à prendre part à une marche ce mercredi 09 janvier contre ce qu’il appelle le discours de haine. Pourquoi est-il nécessaire d’organiser cette marche ?

Oumar Ould Matalla: L’appel a été lancé par le gouvernement et les forces vives de la nation suite a beaucoup de manifestations de discours qui visent à saper l’unité nationale, la cohésion. Une cohésion que le président de la République, Mohamed Ould Abdel Aziz, a tissée depuis son arrivée au pouvoir. Il s’est attelé à consolider l’unité nationale avec la prière de l’absent à Kaédi pour régler définitivement la question du passif humanitaire.

“Ces extrémistes des droits de l’homme parlent de l’esclavage. Cette pratique a existé dans ce pays comme dans tous les pays d’un monde.”

Oumar Ould Matalla: Ensuite, le Chef de l’Etat, avec le gouvernement, la majorité, le peuple mauritanien, s’est attelé à s’occuper des couches le plus défavorisées. Il a créé de écoles dans les Adwabas, éliminé les Kebba, sécurisé l’état civil, distribué des centaines des terrains a ceux qui vivaient dans les ghettos du temps des régimes précédents.

Récemment, des sons qui appellent à la haine, à l’insurrection populaire, qui appellent certaines couches de ce pays à prendre les armes pour s’attaquer à d’autres, ont été diffusés. Nous sommes là pour dire non, pour que le peuple mauritanien, comme un seul homme, se lève pour dire qu’il n’a jamais accepté la division, la haine, pour dire que son unité est une ligne rouge.

Contrairement à l’opposition, nous avons un bilan à préserver. Nous avons travaillé pour que l’unité nationale soit exemplaire. Nous tenons à ce qu’elle reste exemplaire. Les fauteurs de troubles ne trouveront oreilles pour les écouter. Ce peuple est digne, démocratique. Il sait faire la différence entre le vrai du faux.

IN : Ce sont les activistes des droits de l’homme qui sont accusés de porter un discours extrême ?

Oumar Ould Matalla: Ces extrémistes des droits de l’homme parlent de l’esclavage. Cette pratique a existé dans ce pays comme dans tous les pays d’un monde. Mais, très tôt, le peuple mauritanien, par l’intermédiaire de ses gouvernements successifs, a aboli l’esclavage.

Le régime du président Aziz est celui qui a le plus fait pour faire disparaître les séquelles de cette pratique. Les érudits mauritaniens ont affirmé que l’esclavage pratiqué ici n’a aucune valeur juridique du point de vue de l’Islam. Les anciens esclaves savent plus que tous qu’ils ont leurs droits. Bien sûr qu’ils sont en retard. Il y a beaucoup de choses à faire.

“Vous vous rappelez de la grande marche contre celui qui a écrit contre le prophète PSL. Le peuple s’était levé comme un seul homme pour dire non. Aujourd’hui, il se lève encore comme un seul homme.”

Oumar Ould Matalla: L’Etat va continuer à travailler pour combler leur retard. Parmi les fils d’anciens esclaves, il en est qui sont ministres, érudits, docteurs, infirmiers, pécheurs….ils sont en fait comme tout le monde. Bien entendu leur proportion dans l’Administration reste encore faible. C’est dû au fait qu’ils ont un retard historique dans les domaines économique, culture, cultuel, éducatif….L’Etat travaille pour résorber tous ces retards.

IN : Vous avez une idée de ce que sera l’ampleur de cette marche

Oumar Ould Matalla: Cette marche sera un plébiscite car le gouvernement, la société civile, les partis politiques, le peuple sont tous mobilisés pour dire non à l’extrémisme, non au racisme, non aux clivages que certains cherchent à créer au sein de notre société fragile comme toutes les sociétés.

Il ne faut donc pas jouer avec le feu. Cette marche vise à préserver tout le travail qui a été fait pendant ces dix dernières années. Il n’y a jamais eu en Mauritanie de mort d’homme du fait de la politique. Il n’y en aura jamais.

Nous avons été alertés par un discours raciste, haineux, irresponsable de certains leaders politiques ou de ceux qui se disent humanistes, qui veulent ameuter une partie du peuple contre une autre.

Ce qui est préjudiciable à la paix sociale, au développement, dangereux pour le tissu social. Le Président Aziz s’est toujours dressé contre ceux qui veulent toucher aux constantes de la nation.

Vous vous rappelez de la grande marche contre celui qui a écrit contre le prophète PSL. Le peuple s’était levé comme un seul homme pour dire non. Aujourd’hui, il se lève encore comme un seul homme.

IN : Une partie de l’opposition a décliné l’invitation à cette marche. Elle estime que le pouvoir, responsable de la désunion des mauritaniens, au lieu de poser des actes concrets appelle à marcher.

Oumar Ould Matalla: Cette opposition cherche toujours à se cacher derrière un rideau d’amalgames, de désinformations. Le peuple mauritanien n’a jamais écouté cette opposition.

” Ce peuple ne veut pas d’un vide. Ce vide est voulu par ceux qui sont au bord de la géhenne (enfer)”

Il est du côté de ceux qui l’éduquent, qui construisent des écoles, des routes, des aéroports, des universités…ceux qui travaillent pour la paix sociale, la liberté d’expression. C’est d’ailleurs cette liberté favorisée par le président Aziz qui est en partie à l’ origine de certaines dérives.

Avec toutes ces réalisations, le peuple a donné au régime carte blanche pour continuer et parler en son nom. D’ailleurs, si nous somme démocrates, laissons les élus parler, les maires, les partis politiques qui seront à la marche. C’est le peuple, ses représentants, ses syndicats, sa société civile, ses ONG autorisés qui va s’exprimer. Ce n’est pas ceux qui sont dans la clandestinité ou une opposition radicale qui ne voit que du noir. Nous, nous voyons du noir, du blanc, toutes les couleurs avec de yeux de constructeurs.

Le peuple, dans son ensemble, veut que le président continue ses réalisations, continue à préserver son unité. Ce peuple ne veut pas d’un vide. Ce vide est voulu par ceux qui sont au bord de la géhenne (enfer)

IN : La continuité dont vous parlez pour le président de la République, c’est le troisième mandat ?

Oumar Ould Matalla: Cette continuité est réclamée par le peuple dans son ensemble. C’est le peuple qui est souverain. Le président a dit qu’il va respecter la constitution. Ça, c’est le président qui le dit. Mais nous, en tant que peuple, nous réclamons autre chose. Nos élus au parlement ont l’opportunité de nous mettre dans les conditions légales pour que notre président continue. C’est une option. Nous la réclamons.

Propos recueillis par BS



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Commentaires (6)

  • Hamady Barry (H) 09/01/2019 12:41 X

    C'est le Birama du pouvoir qui parle. C'est la politique du ventre;continuez ainsi et l'avenir jugera inchallah

  • président fondateur (H) 09/01/2019 12:31 X

    Concernant cette marche du 9 janvier 2019 il convient de faire les remarques suivantes :

    1. Cette marche est intitulée par le Gouvernement "la marche citoyenne contre le discours de la haine et l’extrémisme". On ne voit nullement le mot racisme et même dans le discours étatique ce mot n’est pas utilisé. Ce qui veut dire que le racisme va continuer et on ne doit pas dire des mots haineux ni protester contre le racisme. Le racisme c’est un discours et des comportements. On va continuer à pratiquer le racisme d’Etat mais personne ne doit parler.On voit que ce cirque est fait contre les discours qui dénoncent ce racisme d’Etat et principalement le discours de Biram qui est hors de prison avec un nouveau statut, celui de Député et qui pourra parler comme il veut et ce qui dérange le pouvoir qui veut à tout prix l’empêcher de parler, le discréditer.

    2. Tout ce cirque est fait aussi pour avoir quelque chose à fournir dans le rapport de cette année 2019 destiné aux différents Comités des Nations unies sur la situation des Droits de l’homme en Mauritanie. La Mauritanie doit, cette année encore, (comme elle avait été recalée les années précédentes) apporter les réponses aux questions posées par les différents Comités des Nations unies (déjà pour se préparer à cela, l’Etat a réuni un comité interministériel, nommé un ambassadeur négro-africain à Genève et à Washington. Manière de dire que les négro-africains sont là). Jamais la Mauritanie n’a été aussi malmenée avec ce régime depuis l’indépendance. C’est l’image du pays qui a pris un grand coup avec le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz.

    Pur voir ce que l’on demande encore à la Mauritanie cette année sur la situation des Droits de l’homme, et ce qui s’est passé les années précédentes, je recommande de suivre les liens ci-dessous :

    En 2019, le Comité des Nations Unies sur les Droits Civils et Politiques conduira une revue de la Mauritanie sur la mise en œuvre du Pacte. Le rapport du gouvernement ainsi que les rapports parallèles de la société civile sont disponibles ici: https://bit.ly/2QX6AWM

    Le Comité pour l’Elimination de la Discrimination Raciale ici: https://bit.ly/2yjYBLM

    En 2018, le Comité des Nations Unies sur la torture a contrôlé la mise en œuvre par la Mauritanie de la Convention contre la Torture. Les conclusions sont disponibles ici: https://bit.ly/2P7IGHU

    3. Tout cela est destiné à la consommation externe. Rien ne va changer

    En conclusion :

    1. Ould Abdel Aziz doit savoir qu’aujourd’hui tout est connu. On peut continuer à tromper son peuple ni vouloir tromper la communauté internationale. Tout se sait.

    2. Ould Abdel Aziz est le responsable de tout ce qui se passe. Sa politique raciste a détruit le pays. Il est responsable personnellement du génocide biométrique par son enrôlement et doit non seulement répondre un jour de ce crime contre l’humanité mais aussi devant Dieu puisse il a fait des mauritaniens des apatrides chez eux ainsi qu’à l’étranger. Des gens sont morts pour cela, beaucoup ont perdu leur travail en Europe n’ayant pu renouveler leur carte de séjour.

    3. Le maure blanc, à cause du régime en place est vu comme un esclavagiste et raciste à l’étranger. Il cache même son identité à l’étranger.

    4. Les mauritaniens n’ont pas de problèmes entre eux, c’est le régime en place qui les divisent pour se perpétuer au pouvoir : « diviser pour régner ».

    5. Il sera vu comme un ancien président raciste, malhonnête ayant des réseaux avec les milieux mafieux et seule son image compte. Capable de détruire tout pour son image qui malheureusement est ternie à jamais.

    6. Ce sera un homme qui va vivre durant le restant de ses jours avec la peur d’être rattrapé par son passé.

    7. Tout cela est destiné à la consommation externe. Rien ne va changer

  • Bertrand (H) 09/01/2019 11:32 X

    Il faut sévir par la loi appliquée à tous de la même manière contre les incendiaires et les fossoyeurs de l'unité nationale, ceux qui vomissent la haine comme les dragons vomissement le feu. Il faut prononcer des peines de 10 à 30 ans contre tous ceux blancs, bleu, rouges, noirs ou jaunes.Ceux qui veulent nous entrainer dans une guerre civile doivent être condamnés à mort car se sont des tueurs et des assassins par excellence. Nous sommes des frères à plus d'un titre nous devons faire face à la haine et à ceux qui veulent que la Mauritanie soit disloquée, à ALLAH ne plaise, pour que d’autres pays ou puissances ennemies en prenne chacun un morceau. Nous devons les vaincre.

  • cccom (H) 09/01/2019 11:23 X

    Ni les Vœux pieux , ni les investissement dans les Bâtiments de Tadadamoun et Banque Mondiale (qui prolifèrent abandonnées et sans effets) ni les marches anti-esclavagistes ne combleront le retard criant des Haratines et Beydanes qui sont hélas sur le même pied d'égalité d'ignorance provoquéé par le systéme éducatif officiel. La solution est d'engager immédiatement par l'Etat à travers les Conseils régionaux ou cadres locaux prétendument militants à 2 millions UM/an des classes pilotes créatrice de doctorants âgés de 18 ans. du Systéme Cerveaux Oasis pour rattraper le temps perdu par la politique de l’autruche de certains. cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr

  • kangourou (H) 09/01/2019 11:21 X

    Mon Dieu quel (***) ministre, qui parle au lieu de se taire, qui mélange tout, et si ignorant mais qui pense que sa barbe va le couvrir de ses âneries.

  • sammbasy (H) 09/01/2019 11:14 X

    Continuez à semer la zizanie, un jour le soleil se lèvera !