06-09-2019 10:22 - Réponse à l’article paru sur CRIDEM de M. Cheiguer, Président de l’ANEJ, concernant les incendies en Amazonie

Réponse à l’article paru sur CRIDEM de M. Cheiguer, Président de l’ANEJ, concernant les incendies en Amazonie

Ambassadeur du Brésil | Mauritanie - Monsieur le Président,

Comme suite à votre article concernant les incendies au Brésil. Toutefois, je voudrais vous apporter quelques éclaircissements en ce qui concerne la situation actuelle dans la région amazonienne. Tout d’abord, chaque année des feux de forêts apparaissent au Brésil et actuellement, nous traversons la période la plus critique pour les brûlis.

En ce moment, le gouvernement brésilien intervient par le biais de l’Ibama (Institut brésilien de l’environnement et des ressources de la biodiversité), ainsi que par l’ICMBio (Institut Chico Mendes de conservation de la biodiversité), et conjointement avec les Etats concernés, pour contenir les foyers d’incendie.

En 2019, le ministère de l’Environnement a maintenu le programme des brigades fédérales des pompiers de l’Ibama et de l’ICMBio. Le gouvernement brésilien apporte tout son soutien aux Etats en situation d’urgence, tel que le secours procuré à l’Etat de Rondônia.

Les moyens financiers pour contrôler les incendies restent à des niveaux semblables à ceux de l’année dernière et ce, en dépit de la crise économique. 2.409 pompiers du gouvernement fédéral sont en cours d’intervention et à la disposition des gouvernements d’Etats – un contingent supérieur à la moyenne des années précédentes.

Le Brésil est une référence mondiale en matière de combat terrestre des feux de forêt et coordonne le Réseau sud-américain des feux de forêt, fournissant formation et assistance à d’autres pays. Presque tous les incendies détectés en 2019 sont de niveau 1, le plus faible d’une échelle allant jusqu’à 3. Les incendies en cours ne sont pas hors de contrôle.

La protection de la forêt est un devoir du gouvernement brésilien. Les autorités en sont conscientes et agissent pour lutter contre la déforestation illégale et toute autre activité criminelle qui mettrait l’Amazonie en danger.

Il faut rappeler que dans cette région vivent plus de 20 millions de brésiliens qui, depuis des années, attendent un dynamisme économique proportionnel aux richesses qui y existent.

Pour protéger l’Amazonie, les opérations de surveillance, commandement et contrôle ne suffisent pas. Il faut offrir des opportunités à toute cette population afin qu’elle se développe en même temps que le reste du pays. C’est dans ce sens qu’œuvrent tous les organismes gouvernementaux.

Le Brésil est prêt à agir de manière souveraine, conformément aux instruments internationaux auxquels il appartient et à sa propre politique gouvernementale pour mettre en œuvre des mesures concrètes pour lutter contre la déforestation et la dégradation des forêts, en particulier en Amazonie.

Néanmoins, le Brésil rejette avec fermeté toute suggestion d’action qui pourrait mettre en doute la souveraineté de son territoire. Cela est clairement considéré comme une politique équivoque de traces néocolonialistes.

Monsieur Cheiguer, comment vous, qui devez si bien connaître les maléfices que le colonialisme a apporté au continent africain, pouvez-vous, en plein XXIème siècle, appuyer une politique si clairement colonialiste qui considère légitime de s’approprier une partie d’un Etat souverain ?

Cordialement,

Leonardo Carvalho Monteiro
Ambassadeur du Brésil en Mauritanie




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Commentaires (5)

  • ouldsidialy (H) 06/09/2019 16:50 X

    En plein XXI° siècle, où les humains vivent à crédit écologique 5 mois par an, l’ambassadeur du Brésil préfère nous ramener « aux politiques clairement colonialistes » du siècle précédent.Il est vrai qu’il représente le président Bolsonaro qui est un nostalgique assumé de la dictature militaire que connut son pays entre1964 et 1985 ; laquelle appréciait l’expertise et l’expérience d’anciens coloniaux, en matière de torture et d’extermination d’indépendantistes. Au XXI° siècle, des dirigeants d'anciens pays coloniaux manifestent des regrets pour les erreurs du XX°et tâchent de contenir les néofascismes chez eux et ailleurs. Alors que M. Bolsonaro traite des militants de la cause noire au Brésil « d’animaux », lesquels ne seraient « même pas bons pour la procréation » et qui devraient « retourner au zoo »(1). Les mauritaniens savent que l’écologie peut être aussi cyniquement politique que l’aide humanitaire,les droits de l’homme ou l’ultra-liberté. Monsieur l’ambassadeur représente un grand pays et un peuple formidable.Que le Brésil ne s’en laisse pas compter sur l’écologie,cela s’entend. Que l’ambassadeur se fasse relais de la condescendance d’esprit de son présidentauprès du « zoo humain » est moins bien senti.

  • ASSOCIATION MAIN PROPRE (H) 06/09/2019 13:59 X

    Mr Cheigeur , un vieux dicton disait ‘’ Avant de balayer devant chez les autres, balayez devant votre porte’’ .Il faut donc s'occuper de ce qui nous regarde avant d'essayer de s'immiscer dans les problémes environnementaux du brésil. Mr Cheigeur , on ne vous entend jamais parler du navire IVAN contenant 3 200 tonnes de fioul lourd qui a sombré au large de NDB et qui gît maintenant au fond de la mer à environ 12 nautiques de la réserve naturelle du banc d’arguin , une vraie bombe écologique ; voilà quelque chose qui devrait vous intéresser en tant que Président de l’ANEJ. VIVE GHAZOUANY et VIVE LA NOUVELLE MAURITANIE

  • pyranha (H) 06/09/2019 11:32 X

    Excellence Mr l'ambassadeur, la suggestion de Mr CHEIGUER n,a rien de néocolonialiste quand on voit bien qu'il y a des chefs d’état prêts à sacrifier leur pays en connivence avec les occidentaux pour des intérêts égoïstes . mr CHEIGUER n'est pas le seul à dénoncer ce laisser aller fort heureusement.Quand on voit tout ce qui a été dit et redit par la chaine télé.de Mr Nicolas HULOT on ne peut évidement que s’inquiéter de ces recrudescences d'incendies dans cette Zone paradisiaque.

  • mdmdlemine (H) 06/09/2019 11:17 X

    SEM l'ambassadeur du Brésil Leonardo Carvalho Monteiro Il ne s'agit pas de légitimer ou d'ouvrir la voie à l'impérialisme mais plutôt de tirer profit de l'expérience des autres Etats pour les pays qui se trouvent confrontés à des défis énormes et considérables, devant lesquels, ils peinent et qui nécessitent la solidarité de l'humanité L'environnement est un bien planétaire et non propre à des Etats spécifiques d'où le sursaut qu'il fait naitre partout dans le monde, dés lors où bien respirer en Erurope, en Amérique Latine ou ailleurs, est tribune du bon vivre en Afrique, en Asie et en Australie Votre réponse est louable et votre attachement à la souveraineté du Brésil mérite aussi d'être vivemùent saluée, qsurtout conjuguée au sens de la bonne et responsable communication que vous incarnez et qui malheureusement et cruellement défaut à vos pairs indifferents à ce qui se trame sur leurs Patries dans les médias et réseaux sociaux Mais Excellence, comprenez plutôt l'appel de Cheiguer, ce panafricain et mondialiste incontesté de l'environnement, dans le sens de la mobilisation de l'humanité et de l'éveil des gouvernants pour prendre conscience des dangers surtout qu'en terme d'environnement, les sinistrers et les catastrophes sont imprévisibles, d'où l'urgence d'anticiper voire même de précipiter certaines actions pour sauver le monde Respectueusement

  • hi (H) 06/09/2019 10:45 X

    C’est bien dit et Cheiguer devrait se justifier avant que les colonialistes attaquent le Brésil, pays du football et des filles dynamiques!