15-10-2019 18:45 - Langues nationales: 5 arguments pour en finir avec l’idéologie d’Ely Mustapha

Langues nationales: 5 arguments pour en finir avec l’idéologie d’Ely Mustapha

Mouhamadou Sy - Ceci est une note qu’il m’a semblé nécessaire d’écrire à la suite d’une lecture de l’article tout récent du Pr Ely Mustapha à propos de la transcription des langues mauritaniennes non arabes, à savoir le Bambara, le Pulaar, le Soninké et le Wolof.

Pour être exact, je préciserais que le Bambara n’a pas été discuté par l’auteur; mais je crois que si inclure cette langue avait traversé l’esprit de ce dernier, elle subirait certainement le même sort que celui infligé à ses sœurs.

Je vais tenter de souscrire à la brièveté minimale permise par l’argumentation que je m’apprête à dérouler, et proposer donc au lecteur quelques points à l’intérieur desquels je ne manquerai pas de reprendre et discuter certaines idées véhiculées par l’auteur; dans certains cas je quantifierai la teneur en erreur de celles-ci.

Voici donc des arguments qui montrent, avec le plus de clarté qu’il m’a été possible de donner, combien le contenu de l’article de Ely Mustapha va à l’encontre des faits et combien absurde est son idée de transcrire les dites langues en caractères arabes plutôt que de continuer à utiliser le système latin qui, pour lui, est un échec total.

1- Argument utilitaire:

Tout d’abord, j’ai besoin que Ely Mustapha soit d’accord que les lettres, comme éléments de base d’une langue, existent indépendamment du système alphabétique utilisé pour transcrire cette langue. Ainsi, même si on avait pas d’écriture pour le Français, rien qu’en ralentissant son expression orale en disant « MOUTON », on arrivera à distinguer les syllabes, et enfin à isolé les éléments incassables que sont les lettres.

Et pour cela, on n’a pas utiliser une représentation écrite, mais juste une expression orale naturelle. Ce qui justifie bien le caractère indépendant des lettres vis à vis du système alphabétique.

Si aujourd’hui le Français adopte un autre système alphabétique, cela ne changerait en rien l’existence de la lettre « A » bien qu’elle sera écrite différemment suivant le goût du nouveau système, tout comme si Ely Mustapha décide de changer de prénom, ce ne sera pas pour autant qu’il en perdra une jambe ou poussera un troisième œil: la nature du professeur ne dépend pas du choix du prénom qu’il porte, il sera d’accord du même rapport d’indépendance chez les langues et leurs transcriptions.

Ayant compris ce fait, la question devient donc quelle transcription pour telle langue. Prenons le cas du Pulaar; une langue que je connais bien (je crois qu’un bon connaisseur des autres langues visées pourra faire une même analyse).

Le Pulaar compte 31 sons primordiaux correspondant à l’idée qu’on a construite de la lettre. Si on veut voir, du point de vue utilitaire, lequel des systèmes arabe ou latin est plus indiqué pour servir de base à sa transcription, la meilleure façon de le faire est de déterminer la masse des lettres Pulaar dont les sons sont déjà représentés dans chacun des systèmes choisi.

Dans l’alphabet latin de base, on trouve 22 sons fondamentaux du Pulaar (lettres) (a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, r, s, t, u, w, y). Cela fait 70.97% des lettres du Pulaar. Dans l’alphabet arabe, on en trouve 16 (a, b, t, j, h, d, r, s, dh, f, k, l, m, n, w, y); ce qui fait 51.61% des sons fondamentaux du Pulaar. Rien qu’à ce niveau, l’intérêt du Pulaar est assez clair: de l’arabe et du latin, le choix est vite fait.

Mais revenons un peu à l’analyse, car ce n’est pas tout! Imaginez un instant une langue qu’on va appeler A ayant juste 5 lettres (ou sons fondamentaux) et les partagent toutes avec avec le Pulaar, et une autre appelée B ayant 25 lettres mais en partagent seulement 5 avec le Pulaar.

Laquelle des deux partage le plus avec le Pulaar? Certains pourront imaginer qu’elles sont à égalité vis à vis du Pulaar, mais il n’en est pas ainsi. En effet, c’est la langue A, bien que partageant le même nombre de lettres avec le Pulaar que la B, qui partage le plus!

On s’en rend compte quand on se met former des mots dans les deux langues A et B. Dans A, on aura que des mots dont le son est Pulaar-compatible, et ce par la constitution au niveau fondamental de A, tandis que dans B les 5 lettres partagées ont toutes les chances d’être diluées dans les 20 autres, et donc la formation des mots tendra à affaiblir le rapport initial entre B et Pulaar.

Ce qui fait que dans la comparaison, ce ne sera pas seulement les quantités partagées qui doivent intervenir mais aussi les masses initiales des langues de comparaison doivent entrer en jeu, tel que expliqué ci-dessus. En concret, il faut un coefficient qui modélise cela, et il n’y a pas mieux que le rapport entre ces deux masses initiales pour former ce coefficient.

Ainsi, vu que les lettres arabes sont au nombre de 28 et celles latines au nombre de 26, pour mettre l’équité dans l’étude il faut multiplier la ‘parenté’ Pulaar-Latin par 28/26 (environ 1.0769) et obtenir un taux de 76.429% pour Pulaar-Latin contre les 51.61% pour Pulaar-Arabe.

Donc, environ 25% de différence effective en faveur du Latin. Ceci est évidemment appelé à s’amplifier dans la formation des mots.

2- Argument pragmatique:

La diaspora issue des communautés locutrices des langues visées par Mustapha est plus nombreuse dans des pays utilisateurs du système latin (Pays francophones ou anglophones africains, France, Angleterre, Espagne, Italie, USA, Belgique, Canada) pour des raisons qu’on sait tous.

Leurs descendants utilisent ce système. Donc il sera beaucoup plus simple pour eux d’aller à la recherche des 23.6% restants, en lisant Pulaar en lettres latines, que le contexte leur fournit souvent gratuitement.

Tandis que le peu d’enfants de la diaspora des dites communautés présente dans les pays utilisateurs du système arabe, quand bien même auront la maîtrise de l’arabe, auront bien du mal à combler les 48.4% manquantes, trop importantes pour que le contexte suffise à les leurs suggérer. Et de toute façon, ceux-ci sont minoritaires et risquent bien de savoir déjà s’exprimer en Français pour des raisons que l’on connait.

Ensuite, être transcrite en caractères latins, pour une langue, c’est tisser une parenté avec les langues les plus puissantes du monde telles que l’Anglais, l’Espagnol, le Français etc… et partager 76% de ses fondements avec celles-ci est un avantage dans leur apprentissage, et pour rien une langue telle que le Pulaar (et ses sœurs visées) ne renoncera à une telle position. Elle va plutôt l’exploiter jusqu’à la dernière graine d’énergie.

3- Argument culturel:

Contrairement à ce que prétend Ely Mustapha, le système latin n’a pas été un échec, au contraire! Il faut tout ignorer du processus de la transcription de ces langues et l’histoire des combats culturels menés, pour tenir ces propos.

La littérature en Pulaar s’est beaucoup développée dans cette transcription. Une production de qualité s’est mise en place, les éditions Binndi e Jande, les éditions ARED, les éditions Papyrus Afrique sont des exemples de plateformes qui ont servi de trait d’union entre les écrivains et penseurs comme Yero Doro Diallo, Murtudo Diop, Aboubacry Moussa Lam pour ne citer qu’eux et les locuteurs qui ne se lassent pas de s’abreuver de toute cette production littéraire.

Des livres de tout genre, Histoire, art, littérature, Sciences foisonnent aujourd’hui, et dans les coins de rue de Dakar, de Bamako, de Conakry ou de Nouakchott, il suffirait d’ouvrir les yeux pour observer des transactions dont l’objet à troquer est un livre écrit dans une de ces langues.

Je ne citerai pas ces mensuelles qui sortent en Pulaar à Nouakchott, ni les nombreuses classes qui utilisent cette transcription pour apprendre et maîtriser ces langues, ni l’entrée depuis deux décennies presque des lettres pulaar (‘extra-latines’) dans le numérique. On peut se procurer des claviers en Pulaar, on peut écrire le Pulaar sur toutes les plateformes numériques.

4- Argument géographique

Il faut savoir que ces langues, en particulier le Pulaar, sont transfrontalières. Elles sont présentes dans plusieurs pays de l’Afrique de l’Ouest et pour certaines, dans quelques pays de l’Afrique centrale; cohabitant avec d’autres langues.

Ces pays peuvent se servir du même argument pour vouloir transcrire les langues présentes sur leurs territoires dans un seul système, cela risque fort de ne pas être le système arabe, alors Pr Ely Mustapha, irez-vous jusqu’à vouloir que le Pulaar soit écrite à la rive gauche du Sénégal différemment qu’à la rive droite? D’ailleurs, proposerez-vous aux maures Sénégalais d’écrire en caractères latins pour les mêmes soucis de standardisation?

5- Argument administratif:

Toute la littérature citée plus haut et qui est disponible dans ces langues, devra donc disparaître ou être traduite (ce qui nous retarderait beaucoup) alors que beaucoup de nouvelles œuvres sont à faire. Ceci n’est pas envisageable.

L’ACALAN (Académie africaine des langues) est une institution de l’OUA qui reconnait et adopte ces caractères.

Dr Mouhamadou Sy
University of Virginia
Source :Page FB de Kaaw Elimane Bilbassi Touré



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Source : Mouhamadou Sy
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Commentaires (12)

  • SAF-B.F.L. (F) 21/10/2019 00:36 X

    HÉÉÉ!!! BONNET YOOO!!! Mon Maari me dit tout ce qu'il pense et même ce qu'il ne pense pas il me le transmet par osmose! Génial non! Donc mon maari m'a dit qu'il n'y a pas plus hypocrite que ce Élie Mustfa et ce Pdg du marathon de NDB Med haydara (rien du tout en poulaar) evec leur accolyte Hanafi depuis le Koweit! Voilà des individus découillardisés à l'époque du cas de ce forgeron Courageux O/ Makeytir ... On ne les a entendus nulle part revendiquer d'être des griots ou des forgerons??? Et pourtant Mkhaytir avait raison sur toute la ligne. Mais ces trois individus ont fait profil bas et n'osaient dire (#je suis griot Ou #je suis forgeron????)! Elie qui avance qu'on devrait transcire les langues nationales tels le pulaar, le wolof et sononké en caractères arabes: voilà encore une façon de nous isoler doublement à l'intérieur du pays et dans la sous-région où ces langues sont depuis belle lurette transcrites en caractères latins. pour votre gouverne Élie le hassanya est reconnu et trancrit en caractères latins au sénégal; du moment qu'on refuse de la reconnaître comme une des lengues nationales différente de l'arabe et parlèe par plus de 80% de la population en Mauritanie!!! Où se trouve l'IDIOTIE??? quant au faux "mara-ton-nier" il n'y a pas plus ingrat que lui! Mon maari se rappelle qu'à son retour de son Sénégal natal et ne parlant aucun mot de hassanya; il a été accueilli par une famille des environs de Rosso Mais actuellement il les a carrément oubliés! QUELLE INGRATITUDE DE SA PART!!! Je ne suis ni Sombie encore moins Zombie!!! HÉÉÉ!!! BONNET YOOO!!!!

  • pyranha (H) 16/10/2019 14:10 X

    Je me demande d'abord si Ely Moustapha a compris quelque chose de cet exposé du Dr SY .Dans une émission télévisée à la 2STV du Sénégal appelée NGALOU il y a quelques années ,ce Mr y était invité.Ce jeune au visage pouponnant et d'aspect très innocent ,est en effet un scientifique de très haut niveau engrangeant des doctorats en mathématique dans plusieurs disciplines. Dans cette émission qu'il animait, il a fait découvrir à tous ceux qui se prétendaient intellectuels ou cultivés ,qu'ils se fourvoyaient dans un abime d'ignorance totale pour ne pas privilégier l'enseignement des langues nationales.Pour expliquer l’Intérêt que notre " professeur" Ely aurait à approcher ce Mr SY ce serait très long.Ce jeune est très dense comme on dit.

  • foutatoro (H) 16/10/2019 13:30 X

    L'idée de la transcription des langues nationales en caractères arabes et l'idée la plus insensée de toute l'histoire des propositions sur cridem. Imaginez une seconde on transcrit ces langues en caractères arabes UNIQUEMENT en Mauritanie alors que ces mêmes langues présentes dans toute la sous-region le sont en caractères latin. Choix fait depuis longtemps et approuvé et par l'unesco l'UA et d'autres institutions de langues et SURTOUT PAR LES NEGROAFRICIANS EUX-MÊMES. On veut, et c'est terrible combien dans ce pays le démon est bien installé, moi halpular de Mauritanie je vais écrire une missive en pular à mon cousin du Sénégal en caractère arabe qu'il ne pourra pas lire. Meme situation pour mes cousins du Mali de la gambie des deux guinées du camerounais du Nigeria du Niger de la centrafrique etc. Cela est valable pour mes frères soninkes wolof et bambara. Je publie un roman en pular en caractères arabes ici qu'il va falloir traduire pour les autres locuteurs pular hors Mauritanie. Franchement les negroafricains ont ils droit au chapitre pour dire ce que eux veulent ? Ce que je sais cest que certains tirent davantage sur une corde déjà trop RAIDE. Bon dieu soyez arabes avec notre aide d'ailleurs mais laissez nous décider de ce que nous nous voulons pour nous même. Et puis qui êtes vous pour décider à notre place ? Les kwars nous avons accepté l'inacceptable depuis 1/2 siècle et je ne comprendd pas pourquoi!

  • rimois (H) 16/10/2019 10:45 X

    Un article riche et très instructif comme on en trouve rarement. Merci pour cette contribution de grande valeur.

  • clean clean (H) 16/10/2019 00:16 X

    Dr Ely, la transcription des langues nationales en caractères arabes ne peut en aucune manière être la solution à nos problèmes de cohabitation. L'islam que nous partageons s n'a pas su éviter au pays des périodes sombres de son histoire , je ne vois pas un autre outil plus puissant que cette religion que nous partageons. Ce sont des musulmans (***) qui ont envoyé au trépas des milliers de coreligionnaires (***) entre 89 et 91

  • diargua (H) 15/10/2019 22:15 X

    Je trouve cet article pertinent en terme d analyse linguistique. Aussi on peut s'interroger si son impact pouurait être compris par le professeur Ely comme plateforme d réalité linguistique. Cette analyse est convaincante dans la mesure où l UA a déjà dans son programme de valorisation de la langue pullar en Afrique.

  • synthetiseur (H) 15/10/2019 21:45 X

    C'est un débat intéressant.Il ne faut pas le fuir, il ne faut pas qu'il soit source d'adversité réciproque mais plutôt une opportunité de faire avancer ce pays qui fait du surplace dans tous les domaines.Moi je suggère aux décideurs mauritaniens de prendre leur courage à deux mains et de proposer aux citoyens mauritaniens négroafricaines de choisir librement entre le français et l'arabe comme langue de transcription dans le cadre d'une consultation directe comme un référendum. Cela peut se faire de manière ciblée ou localisée. Un deuxième référendum celui là touchant toutes les composantes du pays sera organisé pour déterminer le choix des mauritaniens entre l'arabe et le français comme première ou seconde langue d'enseignement. Et le verdict de ces référendum nous débarrassera à jamais de ce boulet que nous trainons depuis des décennies et qui empoisonne notre unité nationale. Il est bien évident que la transparence devra être de rigueur dans ces référendums et que leurs résultats devront être appliqués à la lettre.

  • kaykouta (H) 15/10/2019 21:34 X

    Merci profesor ELY, votre réponse à dr Sy est Claire. Respect et discussion. Je crois que le proléme est venu des gents qui llisent de vos articels, il ne difference pas entre une exposition d’une ideé et la conviction personnele. Et ils jugent très vite méme parfois rien quand il voyent le titre de l’articel. Votre zompie, est bien juste de les nomer comme ça, ceux qui sont cachés pour insulté.

  • 100r1kune (H) 15/10/2019 21:22 X

    Pour une Mauritanie unie, je pense que certains têtes comme Mr Sy devront être consultés. Des argumentations concrètes sans langue de bois. La seule option dans ce pays est de prendre une langue unificatrice et qui n'affectera aucune communauté.

  • Pr ELY Mustapha (H) 15/10/2019 20:22 X

    Cher frère Dr Mamadou Sy,

    Permettez-moi d’abord de saluer votre initiative d’écrire en votre propre nom , contrairement à cette intelligentsia de zombies anonymes qui n’a pas le courage de ses idées. Permettez ensuite de vous dire que j’apprécie la contradiction que vous me portez respectueusement et qui est tout à votre honneur puisqu’elle contribue à un débat fructueux et argumenté et surtout fraternel. C’est autant vous dire que cela justifiait que je partage largement votre article sur ma page Facebook et sur mon blog personnel.

    Pour vous répondre j’aurai pu écrire un contre-article au vôtre et je saurai vous porter très haut la contradiction, le sujet étant si vaste n’est-ce pas ? Toutefois je me limite à ces quelques lignes.

    D’abord voyez-vous Dr Sy , lorsque l’on part d’une assertion qui est fausse, tout le reste de l’argumentaire l’est aussi . C’est justement ce qui arrive à votre raisonnement.

    En effet au-delà du contenu, vous partez d’une prémisse qui est fausse que vous avez formulée dès le titre de votre article : « 5 arguments pour en finir avec l’idéologie d’Ely Mustapha », or je ne développe aucune idéologie dans mon écrit et je n’en annonce aucune et je n’expose pas non plus une idéologie qui serait mienne. Tout au moins dans son sens philosophique ; à savoir une « science des idées, des concepts, en relation avec les signes (sémantique) » à moins que vous l’entendez dans son sens péjoratif à savoir « une philosophie vague et nébuleuse, et ou idéalisme naïf ». Ce que je ne crois pas, eu égard, à votre sens du discernement. Mais si cela était, veuillez me le faire savoir et ma réponse y sera ajustée. Ainsi donc la prémisse de votre raisonnement étant fausse, le reste de votre syllogisme démonstratif s’effondre de lui-même.

    Ensuite, vous concevez votre démonstration comme s’il s’agit de contredire une conviction exposée, qui serait la mienne et, en Don quichotte, vous la guerroyez. Mais vous trucidez des moulins à vents car mon article n’est pas une opinion arrêtée mais un exposé de solutions proposées laissées au libre-arbitre du lecteur. C’est ce que d’ailleurs j’annonce dès la première phrase de mon article.

    Enfin, vous me portez la contradiction sur une démarche linguistique, qui n’est pas la mienne. Je ne fais qu’exposer l’analyse d’éminents linguistes et d’historiens dont je cite les références bibliographiques en bas de page. Donc vous ne me portez pas une contradiction, dût-elle être en cinq ou en un nombre infini d’arguments, mais vous apostrophez des linguistes, avec moult chiffres et pourcentages, ce qui est une gymnastique intellectuelle intéressante mais qui ne me concerne pas.

    Pour conclure, si vous ne l’avez pas saisie de prime abord (ce qui vous aurait évité une démonstration harassante), l’essence de mon article est la suivante : « Dans la recherche de solutions (toujours introuvables) de cohésion et d’unité nationale nécessaires et bloquées , la transcription des langues nationales en alphabet arabe pourrait-elle y contribuer eut égard au rôle que l’alphabet arabe a déjà joué historiquement (et joue encore aujourd’hui dans plusieurs pays africains) dans l’écriture des langues africaines. ».

    Donc simple contribution à un débat ouvert sur un site d’information générale. Libre à chacun de se faire une opinion et d’en discuter. Je ne fais qu’exposer et au lecteur, en son âme et conscience, de disposer. Vous avez voulu en faire une idéologie, et vous en sortez essoufflé. Un commentaire aurait suffi, pas un article.

  • foutatoro (H) 15/10/2019 20:11 X

    M. Sy c'est brillantissime. Mais malheureusement vous ne pourrez jamais convaincre un homme qui n'est même pas convaincu de ses propres thèses. Par ses dernières sorties ce porofossor a rejoint la légion des hypocrites qui ont tué ce pays. Ceux qui chantent à tue-tête l'arabité errante du projet de pays tout en se bousculant devant les établissements de formation en français pour leurs rejetons. Allah a tant parlé dans son saint Coran des hypocrites. Il les attend.

  • Adiekodda (H) 15/10/2019 19:25 X

    C'est très convaincant. J'espère que notre notre professeur Ely Moustapha est bien emballé par cette analyse quite à enterrer sa proposition.