29-01-2020 10:35 - Lettre de Félicitations à Monsieur le Ministre de Justice et au Gouvernement pour les réformes annoncées
Mohamed Ould MOHAMED EL HACEN - Monsieur le Ministre,
Les mauritaniens qui, dans leur culture ancestrale, j’allais dire dans leur sang, ont le sens de l’honneur, de la fraternité et de la justice, devenue leur devise républicaine depuis l’indépendance de leur pays, ne peuvent que se réjouir et féliciter le nouveau gouvernement et le Ministère de la justice pour la décision visant à réviser les textes juridiques relatifs à dépénalisation du chèque sans provision et qui suppriment le recours à la contrainte par corps pour les chèques sans provision et autres raisons pécuniaires.
Comme tout le monde le sait, le chèque a été abusivement et illégalement utilisé, ces dernières années, comme support pour des opérations rocambolesques, « Chipéco », initiées par des fauves à visage humain et aux prénoms musulmans.
Dans leurs transactions, le chèque est utilisé comme support d’opérations de crédit à la place des instruments appropriés et réglementés par le droit cambiaire, tels que le billet à ordre et la lettre de change. Le chèque chez « CHIPEKYSTES » est toujours antidaté, ce qui est interdit par la loi, et il contient des intérêts supérieurs au capital avec une intention d’abuser des lois, de manipuler la justice et de se servir du pouvoir régalien de l’Etat pour jeter en prison les citoyens victimes de leur escroquerie ou démunis de moyens financiers, ou cognitifs.
Votre décision vient au bon, mais pénible moment, celui de l’avènement d’une économie de surendettement p, dans laquelle tout le monde est débiteur de tout le monde et chacun est débiteur de tous, Etat, entreprises, banques, particuliers, étrangers…
J’ai déjà développé ce thème dans des articles et audio watsaap.
Il est des moments dans la vie des nations, surtout quand elles ont été pillées et appauvries, où la tolérance, la patience, la sagesse et autres valeurs deviennent leur ultime recours, en attendant qu’elles se reconstituent, reconstruisent leur économie, réajustent le mental collectif.
Monsieur le Ministre,
Vous savez l’intérêt que je porte à la justice et aux valeurs morales dans la vie de notre Nation. Déjà en 1999, j’ai plaidé auprès de la Banque mondiale la cause de la Justice et la légitimité et la pertinence de son soutien. Des financements ont été obtenus et mon cabinet FAAR était chargé de les encadrer techniquement et coptablement.
Avec l’appui de cette institution et en relation avec le Ministère de la justice, nous avons organisé en 2004 les journées chinguettiennes, 7 jours à Chinguetty, auxquelles 100 personnalités mauritaniennes, et non des moindres, Feu Mohamed Salem Ould ADDOUD ; les ERUDITS Hamden ould TAH Mohamed El Moktar ould MBalla et bien d’autres sommités dans leurs domaines respectifs .On y a dénoncé pour la première fois les abus, la gabegie , la corruption et toutes les tares incompatibles avec nos valeurs et notre religion.
L’idée de départ était mienne et mon Cabinet FAAR, était l’organisateur exclusif de ce séminaire qui a été une réussite, ses Actes sont dans vos archives.
Je dois, cependant, attirer votre attention sur l’urgence de mettre en œuvre ces reformes. Nous sommes habitués aux grandes annonces et aux opérations de communication et aux calandres grecques, car la maison sociale et morale et le tissu économique brûlent du fait de ces malfaiteurs, jusqu’ici choyés et privilégiés, de fait, mais inconsciemment, par les texte et les tribunaux.
Enfin, je dois vous rappeler que cette question a des dimensions, financières, monétaires et bancaires qui concernent au premier chef la Banque centrale et les ministères de l’économie et des finances.
Une concertation et une coordination avec eux, vous le savez mieux que moi, est indispensable.
En guise de contribution, je vous livre ci-dessous l’intégralité, de lettre par laquelle, j’ai alerté à un moment donné le Gouverneur de la BCM et dans laquelle j’ai développé des réflexions qui a eu, peut être, l’effet d’un semis à la volée.
« A
Monsieur Le Gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie S/Cde Monsieur Le Gouverneur Adjoint.
Objet : Alertes financières et monétaires
J'ai l'honneur d'attirer votre Haute attention, à titre exclusif et confidentiel, sur certaines questions financières et monétaires qui caractérisent la situation du moment et qui nécessiteraient investigations poussées, réflexions approfondies et actions urgentes.
Dans l’intérêt d'une communication de qualité entre nous, condition d'une bonne compréhension ; je me permettrai, d’abord, d'énoncer, brièvement, les raisons et l'esprit de cette démarche.
Cadre, de première heure, de la Banque Centrale de Mauritanie et dévoué au projet de la monnaie nationale, j’ai accordé un intérêt professionnel puis académique et pratique aux problèmes relevant du champ d'action de l’Institution que vous gouvernez aujourd’hui et spécialement aux questions monétaires, toujours intellectuellement passionnantes.
Cette relation historique et ce rapport affectif avec l'institution à la bonne réputation dont vous, et votre adjoint, jouissez, et le caractère très sensible, des questions monétaires et de liquidité/sécheresse monétaire du pays et des marchés- qui feront l’objet de mon propos expliquent et justifient le non recours à mon support habituel de communication, les médias.
Soumettre ces questions au débat public, avant d'en aviser les Autorités monétaires, pourrait, en effet, ajouter confusion, troubles et dysfonctionnements dans la vie du système bancaire et au niveau de la monnaie qui ont plutôt besoin, au départ, de solutions urgentes, discrètes, efficaces et à rendement final certain.
Enfin, et pour nous limiter aux raisons essentielles, je pense qu'ayant, à la fois, le recul et le contact direct avec les agents économiques, les marchés, la rue ,les ménagères et leur panier et n’étant pas conditionné, pour ne pas dire mystifié, par des chiffres et statistiques qui, tout en jouant le rôle de miroirs ,pourraient cacher ou assombrir la réalité en la reflétant; mon regard d’observateur externe pourrait constituer un élément extra comptable ,qualitatif et complémentaire aux données quantitatives en votre procession.
En 2005, j’avais proposé aux Autorités, en Transit, la réhabilitation du système bancaire et sa séparation du secteur réel. Sans concertation avec, moi, Auteur de l'idée, une loi fut promulguée qui ne pouvait rien changer et qui, au lieu de mettre des cloisons étanches entre les 2 secteurs, n'a fait que placer hypocritement un léger rideau transparent entre les banquiers et leurs entreprises du secteur réel ou de leur "monde irréel".
Cette déformation congénitale du système bancaire mauritanien constitue un handicap structurel .Elle est mère de tous les vices bancaires et monétaires. D'autres raisons conjoncturelles viennent tantôt l'aggraver ou l'atténuer tantôt.
Je pense que nous n'aurions pas connu la présente crise de liquidité que je préfère qualifier de "crise larvée ou de sécheresse monétaire dans notre pays rural et désertique", -thème qui sera abordé dans un ouvrage à paraître--,si les banques jouaient leur rôle, c'est-à -dire, finançaient l'économie au lieu de "s'autofinancer" et si elles ne confondaient pas l'adjectif "privé"(de Banque privée) avec le verbe "priver", c'est-à -dire évincer les autres, leurs clients qui sont plutôt leurs concurrents .
Si ce système bancaire privé jouait son rôle convenablement, nous n'aurions pas assisté aujourd’hui, à l'émergence en République Islamique de Mauritanie, d'un marché cannibale et oisif pratiquant des taux que j’appelle en arabe - / DARAKI ALASVALI MIINE NEYRI (D.A.M. NEYRI) -qui se chiffrent au bas mot à 365% l'an ,30% le mois,1% le jour, sur le marché parallèle du "crédit" -pire que le marché noir des devises, d'hier.
Ces taux D.A.M NEYRI sont entrain de grimper vers un niveau de 50%, le mois, soit 600%, l’an.
Les « taux d'enfer ou de super enfer ou d'usure », exceptionnellement pratiqués, pour les premiers et systématiquement réprimés, s’agissant des seconds, par les pays à tradition judéo- chrétienne, tournent, de nos jours, au tour de 19.5%.
Ce marché, je l’appelle, depuis que je l'ai découvert, le marché rouge et noir.
Rouge est ce marché, couleur de sang, parce qu'il est sanguinaire, exsangue... Noir : parce qu'il se refinancerait dans le sous sol.
Nouakchott est devenu un Grand Casino dans lequel on joue avec un argent rouge, à origine douteuse, offert par des oisifs à des demandeurs : il est offert par des cascadeurs, à des condamnés de toutes sortes (malades désespérés, délinquants ou innocents menacés de prison) ou des faibles d’esprit......
De la thésaurisation, avec son lot de privations pour l’économie et de manque à gagner pour la finance, on passe à la "super usure", puis à l’usurpation en utilisant des taux de DAMNEYRI qui brûlent tout sur leur passage: économie, culture, religion, morale, mentalités, institutions, systèmes, le Vivre ensemble, la paix sociale et la paix entre offreurs et demandeurs sur ce marché...
C’est la rareté de la monnaie active sur les marchés relevant de l’économie réelle et la difficulté qui frise l’impossibilité d’accès au crédit bancaire qui sont à l’origine du développement de ces casinos de‘’financement’’ et de cette crise de liquidité que nous connaissons depuis quelques temps et qui évolue en s’aggravant.
Si elle n’est pas contrée efficacement, elle passera inéluctablement à des degrés supérieurs : crise financière et crise systémique.
Cette crise de liquidité est un fait. Plus grave encore, elle dans toutes les têtes. Faites votre enquête ! Elle et sur toutes les lèvres.
Se plaindre de la rareté d’argent n’est pas un phénomène nouveau à remarquer .Mais l’originalité du cas présent, c’est que: c’est l’unique sujet de conversation, plus exactement l’unique objet des gémissements des entreprises et des consommateurs mauritaniens au bord du précipice.
Notre pays, aujourd’hui, souffre de la fugue de cet instrument d’échange -la monnaie, qui est sensée pénétrer partout et transporter tout –car cela bloque l’activité des agents économiques : investisseurs et consommateurs et finira par pénaliser ceux qui en sont les principaux responsables (les banques primaires) et les responsables secondaires qui font la politique de l’autruche, quand ils n’aggravent pas, par une sur-taxation ou sous-taxation mal étudiées, les revenus et le capital : le Ministère du Fisc...
Cette douleur quasi -physique est doublée d’une frustration générale. Tout le monde ne comprend pas les raisons de l’assèchement des marchés, les blocages et récessions qui l’accompagnent.
Témoin et victime de cet état de faits inadmissibles et conscient que «l’inculture conduit à l’animosité» comme le dit le proverbe arabe, j’ai écrit et publié une série d’articles (12) pour aider le public à comprendre les phénomènes de création, de destruction et de formation de la masse monétaire, en essayant d’appréhender les causes de la présente "pénurie de la monnaie active".
Le sujet ne tarissant pas, je décidai :
- d’arrêter les publications dans les journaux au profit d’un livre qui traiterait de ces questions et
-de vous alerter sur les aspects sensibles et urgents de la problématique.
Je reste à l’écoute de vos éventuelles réactions et je suis disposé à m’entretenir avec vous pour échanger et approfondir la réflexion avant la parution du dit ouvrage ou d’initiative personnelle ou collective.
Veuillez agréer l'expression de ma très haute considération. »
Mohamed Ould MOHAMED EL HACEN
PR Universités
Consultant international
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