21-06-2020 19:30 - Abdelkader ould Mohamed : Le pari sur l’Etat de Droit passe par la compétence...

Abdelkader ould Mohamed : Le pari sur l’Etat de Droit passe par la compétence...

Adrar Info - Il y’a un peu plus d’une année, rares étaient ceux qui au sein de "la majorité" politique laquelle, au fond, n’en est pas une, croyaient à une réelle alternance au sommet du pouvoir.

A des exceptions près, tout ce beau monde qui soutenait, ouvertement le régime en place et dont une grande partie a acquis ses lettres de noblesse en soutenant les anciens régimes, rivalisait, par pragmatisme, dans la résignation au spectre du troisième mandat ou tremblait sec à l’idée d’évoquer un inéluctable vrai changement.

Il serait, peut-être, inutile de rappeler, au vu des expériences du passé omniprésent, que miser, pour des impératifs de circonstance, sur ce ce bloc girouette qui continue d’être, en apparence, le support de l’actuel gouvernement et, par conséquent, le gage de sa stabilité politique, n’est pas de nature à favoriser le pari sur l’Etat de Droit.

Il est vrai que les régimes qui se sont succédés depuis juillet 1978 ont copié, à des fins d’embrigadement de masse, le modèle du parti unique en l’habillant depuis 1991, tant bien que mal , par le prêt à porter démocratique .

Il est vrai, aussi, que l’ armée reste, qu'on le veuille ou non, la principale force organisée sur laquelle repose au-delà de la stabilité des pouvoirs en place, celle du pays et de sa sécurité.

Mais le pari sur l’Etat de droit qui a été consolidé par l’échec de la tentative du troisième mandat implique, forcément, un nouveau regard tourné vers la compétence laquelle suppose une distanciation avec les deux leviers classiques de la stabilité du pouvoir en place.

En effet, il est désormais clair que, d’une part, la pratique du parti-Etat est, de plus en plus perçue par l’opinion publique comme étant un carnaval de saison destiné à amuser la galerie.

D’autre part, l’armée est appelée, dans la perspective de la consolidation de l’État de droit, à se professionnaliser en s’élevant davantage au-dessus de la mêlée politique.

C’est dans cette optique du souhaitable pour le pays, que la compétence du gouvernement , en tant que véritable garantie, pour renforcer l’État de Droit, est vivement sollicitée.

Et c’est dans cet état d’ esprit, que la nature du "gouvernement des compétences" devrait être appréciée.

Il est, certes, prématuré voir, quelque part, injuste de prétendre pouvoir évaluer, correctement, l’action de l’actuel gouvernement. Mais je crois, qu’au bout de cette première année qui s’achève, perturbée, il est vrai par l’état d’urgence sanitaire consécutif au Coronavirus, il est bien permis de se faire, sur la base de certains critères objectifs, une idée de la compétence prétendue.

Dans ce sens,

- Un gouvernement de compétences se doit de se fixer, sans délais raisonnables, des actions précises, réalisables et, facilement, identifiables pour pouvoir, à tout moment, répondre au questions légitimes du genre : qu’est-ce que vous avez fait ? Comment vous l’avez fait ? A quel prix ? et dans quelles conditions ?

- Un gouvernement de compétences doit, scrupuleusement, aplliquer les textes législatifs et réglementaires en vigueur ou, au besoin, les modifier et, dans les tous cas, faire de sorte à ce que son action soit inscrite dans la légalité.

- Un gouvernement de compétences se doit d’être en mesure d’évaluer, correctement, les ressources humaines dont il dispose au sein de l’Administration publique.

- Un gouvernement de compétences ne peut pas pas se faire leurrer par des médiocres qui ont maquillé leurs CV par des faux diplômes ou des fausses données.

- Un gouvernement de compétences doit être capable de distinguer entre ceux qui ont des qualités de véritables commis de l’État et ceux qui ont été commis dans l’administration par erreur, ou par mépris.

- Un gouvernement de compétences doit savoir reconnaître, facilement, les gestionnaires qui font des résultats et les rustres qui ne savent que raconter du blabla ...

- Un gouvernement de compétences doit pratiquer la chasse aux cerveaux et doit chercher à profiter, intelligemment, de l’expérience et des défaillances de ceux qui ont gouverné avant lui.

- Un gouvernement de compétences se doit de veiller à ce que ses instructions soient bien rédigées et à ce que ses documents relatifs aux sensibles affaires de l’État soient entourés de la confidentialité qui inspire le respect.

- Un gouvernement de compétences se doit de faire respecter, par la conduite de ses membres et de ses agents , la grandeur de l’État..

Il reste , maintenant, à chacun de vous, chers lecteurs, de faire son appréciation de l’actuel gouvernement sur la base des critères ci-dessus énumérés.

Pour ma part, j’en ai une mais elle sest soumise au fameux devoir de réserve.

Abdelkader ould Mohamed





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Commentaires (8)

  • moreandmore (H) 22/06/2020 19:44 X

    L'incompétence est l'un des critères de recrutement de la plupart des fonctionnaires ! Je peux citer l'exemple du conseiller culturel de l'ambassade de Mauritanie à Paris qui, depuis un an qu'il est en poste, n'a même pas su changer le mail de son prédécesseur. Il est totalement absent, invisible, inaudible, inutile de s'adresser à lui : il ne sait rien ! Les étudiants de France se sentent totalement abandonnés ....

  • Le Titan (H) 21/06/2020 21:02 X

    Monsieur Abdelkader, vous avez fait une très bonne réflexion sur la nature d’un Etat de droit qui doit passer par la compétence, je suis d’accord avec vous, seulement ici dans votre développement vous confondez à mon avis Etat de droit qui est garantie par la constitution et la compétence, qui doit être l’œuvre de l’homme normal souci de son lendemain, souci de l’avenir de ces enfants, qui au départ à donner son temps aux études, aux formations, à l’expérience et aux savoir vivre ensemble collectivement, ce qui ne doit faire aucune distinction de couleur ni de race a part sur la compétence, ce qui est loin d’être notre cas hier et aujourd’hui dans ce pays qui est la Mauritanie désertique de compétence, mais remplit de connaissance sans études et sans fin, basé sur le mimétisme (une apparence conforme aux objets qui les entourent).

  • Le Titan (H) 21/06/2020 20:57 X

    Monsieur Abdelkader, si vous parlez d’Etat de droit, chose vraiment complexe même dans les plus grande démocratie Africaine, comme certains pays Africains qui ont surmonter des épreuves de la vie qui a facilité aujourd’hui leur vivre ensemble sans distinction de race et de couleur, cet Etat de droit que vous vous interroger est ce qu’il existe en Mauritanie, même si la compétence est absente, même si la compétence est raciale, tribale, communautaire mais aussi régionale, par exemple ; Je suis ministre, je dois mettre toute ma famille au boulot, ils ne sont ni instruit, ni compètent ni intelligeant et rien pour les maintenir que ma présence et le prolongement de ma suite ; je suis un directeur général, je dois employer toute ma tribu dans les postes stratégiques de ma direction ; je suis conseiller, je conseille ma communauté de profiter de tous les avantages qui ne les concernent pas et qui bloquera les autres.

  • Le Titan (H) 21/06/2020 20:53 X

    Monsieur Abdelkader, L’Etat de droit existe pour certains et pour d’autres ils doivent se battre pour cela, l’Etat de droit existe dans le verbe et le discours, mais quand vous allez dans les juridictions Nationales ou l’indépendance du droit devrait être entendu et lu par le citoyen, c’est l’incompétence et la fabrication de la chose publique qui l’emporte. Monsieur Abdelkader, l’Etat de droit existe dans un pays de droit ou la constitution est respectée.

  • Le Titan (H) 21/06/2020 20:53 X

    En ce qui concerne l’incompétence, je vous renvoie au discours du premier ministre qui disait que 67% des malades du Corona Virus COVID 19 meurt avant d’arriver à l’hôpital ou dans les structures de santé, que vont dire le reste des ministres et des directeurs, je crois que c’est là ou s’arrêtent l’incompétence en norme, votre choix du titre de l’article est pertinent, mais le contenu ?

  • medabdul (H) 21/06/2020 20:15 X

    oui je disais le jour qu'on est aux manettes on fera pire c'est dans les gênes de certains mauritaniens;pour eux l’État c'est rien du tout;il faut se remplir les poches d'abord et l’État ne tombera jamais en faillite.hein abdelkader c'est vrai non?

  • medabdul (H) 21/06/2020 20:10 X

    bof on parle on ecrit et on critique à tout va;mais le jour qu'on est auw

  • habouss (H) 21/06/2020 19:38 X

    @Abdelkader ould Mohamed, bravo pour cet article riche et concis. Il faut juste savoir que depuis la formation de ce gouvernement avec aux postes clés certains affidés de Ould Abdel Aziz, la déception s'installe de jour en jour. Quand on a comme réponse que le silence et la nonchalance du président Ould El Ghazouani, il y'a de quoi à fuir avant la COVID19 !