05-07-2020 00:57 - Le scandale de la BCM : près de 2,5 millions de dollars détournés et 6 personnes arrêtées

Le scandale de la BCM : près de 2,5 millions de dollars détournés et 6 personnes arrêtées

Saharamédias - L’enquête menée au sein de la banque centrale de Mauritanie au cours des derniers jours, a permis de découvrir un détournement de plus de 2,4 millions de dollars de la réserve de l’institution, soit près de 880 millions d’anciennes ouguiyas.

Des sources proches de l’enquête ont révélé à Sahara Medias que le procureur de la république de Nouakchott Ouest et le directeur de la police judiciaire qui ont suivi l’enquête n’ont quitté la BCM que samedi soir.

L’enquête menée a conduit à l’arrestation de 6 personnes dont 5 étrangères à la banque. Deux délits ont été identifiés d’abord le détournement de fonds puis la contrefaçon de devises.

L’enquête et l’inspection interne menée en collaboration avec les autorités judiciaires a permis de découvrir l’existence d’un demi-million de faux dollars au sein de la réserve de la banque centrale, soit près de 185 millions d’anciennes ouguiyas.

Les mêmes sources ont ajouté que des présomptions de complicités externes à la banque ont été retenues par les enquêteurs et d’ores et déjà 5 personnes ont été arrêtées par la police judiciaire en même temps que la caissière responsable de la réserve.

Selon les sources de Sahara Medias le gouverneur de la banque centrale de Mauritanie œuvre à récupérer le plus grand montant possible des devises détournées.

L’enquête a dévoilé des dysfonctionnements dans le système de contrôle de la réserve de devises de la banque centrale, dus, selon les mêmes sources, à des restructurations intervenues au sein de la banque depuis quelques années qui ont sensiblement rétréci le système de contrôle et confié l’entière responsabilité de cette trésorerie à une seule personne.

Les mêmes sources révèlent parmi ces dysfonctionnements le long séjour de la personne incriminée au même poste depuis plusieurs années alors que l’usage imposait son remplacement au bout de quelque temps pour prévenir justement les risques de malversation.

Autre manquement révélé par l’enquête, à propos des contrôles d’usage, la possibilité pour la responsable de la réserve d’introduire son sac à main dans son lieu de travail, ce que certains ont considéré comme un laxisme ou une complicité de la part des responsables du contrôle.

Les sources précisent par ailleurs que les montants disparus avaient été remplacés par des faux billets, ce qui révèle par ailleurs des lacunes dans le système de contrôle quotidien qu’impose le règlement intérieur de la BCM qui exige le comptage et la vérification chaque jour, en plus des inspections minutieuses prévues tous les six mois.

Les enquêteurs veulent découvrir les mécanismes utilisés par les personnes impliquées dans la malversation pour obtenir des faux billets de dollars et comment ils ont pu agir impunément pendant plusieurs années.

Ce scandale de la banque centrale avait eu l’effet d’une douche froide au sein de l’opinion publique nationale qui y voit arriver au premier plan la question de la corruption et de la gabegie, demandant que soient renforcées les sanctions à l’endroit des corrompus.





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Commentaires (7)

  • hacen800 (H) 06/07/2020 13:50 X

    Il faudrait remettre à l'ordre cette institution (BCM) primordial pour la nation!! En nommant des personnes compétentes (sérieux etc) notamment Mr KANE OUSMANE qui a dirigé la BCM du 13/09/2006 au 06/11/2008. j'avais eu l'opportunité de le voir à l'oeuvre lorsqu'il était au ministère des finances!

  • ELHAGHIGHA (H) 05/07/2020 15:02 X

    Les mauritaniens sont allergiques aux procédures qui verrouillent les détournements,je suis certain que les anciennes procédures de la banque centrale avaient été remplacées pour permettre aux voleurs d’agir sans traces et c’est la même chose à la SNIM, toutes les procédures de gestion laissées par la Miferma avaient été aussi annulées purement et remplacées par le système des voleurs.

  • ELHAGHIGHA (H) 05/07/2020 15:02 X

    Les mauritaniens sont allergiques aux procédures qui verrouillent les détournements,je suis certain que les anciennes procédures de la banque centrale avaient été remplacées pour permettre aux voleurs d’agir sans traces et c’est la même chose à la SNIM, toutes les procédures de gestion laissées par la Miferma avaient été aussi annulées purement et remplacées par le système des voleurs.

  • NDIEWO (H) 05/07/2020 11:55 X

    Ce n’est pas la première fois de détourner l’argent publique. Après le départ de Dieng Boubou Farba, la banque centrale est devenue la banque privée des présidents et des tribus maures. Personne n’ira en prison, ils vont leur demander de rembourser, et 60 % seront remboursés par l’argent volé et les intérêts dans les banques locales de l’argent volé. Donc cette mascarade (***) point d’impunité.

  • Marrakech (F) 05/07/2020 11:46 X

    Le précédent message évoquait la disparition de 2,5 milliards maintenant c'est plus transparent on ose enfin parler de détournement ! ! !

  • avocatgeneral (H) 05/07/2020 10:37 X

    2,5 Millions de dollar des broutilles quoi ! La parti macroscopiquement visible du gros iceberg du Feçade, de la gabegie, la corruption du long règne de Ould Abdel Aziz. Fouillez dans tous les domaines économiques clés de la Mauritanie vous aurez les bras ballants. On nous fait endormir par la constitution d'une commission parlementaire qui présente déjà d'énormes biais structuraux !

  • Hammejerel (H) 05/07/2020 09:22 X

    Ce détournement en dit long sur l'état de déconfiture de la Banque des banques. Ce fait ne constitue que la partie visible de l'iceberg. La BCM est le terreau du népotisme au vrai sens du mot. Le népotisme que beaucoup de mauritaniens qualifient à tort de « tribalisme » est un fléau qui gangrène presque tous les secteurs de la vie nationale. Le népotisme est cette tendance à accorder des avantages aux membres de sa famille, à ses amis ou à ses relations indépendamment de leur valeur ou de leur compétence. A la BCM, comme partout ailleurs, la promotion et autres avantages sociaux sont généralement réservés aux employés qui font partie du cercle restreint des proches du maître des lieux ou ceux pistonnés par les galonnés ou les hauts dirigeants. C'est devenu la règle et la BCM ne constitue pas une exception. Dans cette institution, l'impunité est devenue totale même en cas de faute lourde avérée(des exemples foisonnent) Comme on dit le poisson pourrit par la tête, la déliquescence a atteint le paroxysme mais aussi au sommet. Ce détournement n'est est pas imputable à une caissière mais à la gouvernance de la banque. La politique monétaire en pâtira et il faut s'attendre à une nouvelle démonetisation, il paraît que cela rapporte gros.