01-10-2020 07:45 - Enquête sur la corruption : Dernier couloir vers … le procès ?

Enquête sur la corruption : Dernier couloir vers … le procès ?

Le Calame - Après une espèce de pause estivale, les limiers de la police économique ont visiblement accéléré la cadence des auditions ; ils pourraient boucler rapidement leur enquête.

L’ultime étape se concentre sur les confrontations de l’ex-Président, principal suspect de ce qui ressemble fort à un scandale, avec ses anciens ministres et collaborateurs. Pathétiques instants auxquels l’opinion mauritanienne aimerait assister.

Voir comment les ex-ministres et autres collaborateurs qui jamais n’osèrent lever le petit doigt devant le tout-puissant Président l’accuseront de leur avoir ordonné de traiter ou signer telle convention ou tel contrat en faveur de X ou Y…

On aimerait bien voir la réaction de Mohamed ould Abdel Aziz face à des gens qu’il a sortis du néant et transformés en milliardaires en moins de dix ans. Des responsables et collaborateurs dont certains voulurent l’élever roi, d’autres s’enhardissant à le comparer au Tout Puissant et pour lequel ils étaient enfin prêts au parjure mais qui, depuis que les enquêtes ont commencé, n’ont pas hésité à l'enfoncer. Ingratitude, quand tu nous tiens !

Si chacun a voulu sauver sa peau en rejetant toute responsabilité, l’ex-Président n’en a pour autant pas changé de stratégie. Malgré les pressions psychologiques et les tirs croisés de ses collaborateurs qui l’ont presque tous lâché, Ould Abdel Aziz est resté droit dans ses bottes. Se posant en victime de la vendetta du pouvoir de son ancien ami de quarante ans et fidèle compagnon durant ses dix années à la tête du pays.

L’ex-Président a refusé de répondre aux questions des enquêteurs, considérant, avec ses avocats, que le Parquet a violé l’article 93 de la Constitution selon lequel seule la Haute Cour de justice peut entendre et donc juger un ex-président de la République pour haute trahison. Or ladite HCJ est toujours en gestation.

Elle pourrait intervenir lors de la prochaine session du Parlement. Sa procédure de fondation n’est toujours pas achevée ; le texte serait entre le Conseil Constitutionnel, gardien de la Constitution, et la Présidence qui promulgue. Une lenteur propice au doute de l’opinion. La justice sera-t-elle dite, se demande-celle-ci ? Le Parquet se refuse toujours à communiquer sur le déroulement de l’enquête, se contentant de réagir aux attaques de la défense de l’ex-Président quand celle-là est mise en cause.

Avec les confrontations engagées depuis quelques jours par la police des crimes économiques et l’assignation d’Ould Abdel Aziz à Nouakchott, il semble que l’enquête soit entrée dans sa dernière phase ou, plutôt, dernier couloir. La pression s’accentue sur l’ancien homme fort du pays.

Après avoir été retenu plusieurs jours dans les locaux de la DGSN, dans des « conditions très difficiles » selon sa fille, ses avocats et proches, Ould Abdel Aziz s’est ensuite vu accusé d’avoir tenté d’acheter un parti à coups de millions pour se repositionner dans l’arène politique ; un droit tout-à-fait légitime au demeurant. Ses comptes et ceux de ses proches sont gelés. Et le voilà une seconde fois empêché de sortir de Nouakchott pour se rendre en son ranch de Bénichab, à quelques dizaines de kilomètres de la capitale.

Alors que la Fondation Rahma a été un peu plus tôt retardée dans sa volonté de distribuer des vivres aux populations d’Adelbagrou, victimes des pluies diluviennes. Un véritable psychodrame pour l’ex-Président qui regretterait fortement, à en croire à ceux qui l’ont approché ces derniers temps, de s’être trompé sur les Mauritaniens et de n’avoir su trouver des solutions à divers problèmes du pays. Un peu tard, non ?

Dalay Lam





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Commentaires (8)

  • Salassa (H) 01/10/2020 14:24 X

    Cette enquête doit prendre le temps necessaire pour bouillir les casseroles afin de retrouver tout le bien publique On ne voit que la partie submergŕe de l'iceberg

  • leguignolm (H) 01/10/2020 13:24 X

    La façon dont ses complices flanquent les problèmes sur le visage de Ould Abdel Aziz ; on dirait qu’il les avait fait comprendre qu’ils ne sont là que des simples exécutants et au cas où il y aura du « « pin pin » il faut tout mettre sur mon dos, il ne faut pas qu’ils s’inquiètent çà vous serrez blanchi vous. Le jour-j ; Je veux voir, comment m’en sortir comme disait : « Je ne suis pas fait pour échouer » ! Mais Ould Abdel Aziz ne pensait qu’il peut y avoir des confrontations entre lui et sa horde. Le pourquoi, il est resté bouche cousue, il n’était pas préparer pour çà. Il a été surpris.

  • ELVALLI (H) 01/10/2020 12:06 X

    En Mauritanie le Proverbe français qui dit : «Bien mal acquis ne profite jamais» ne s’applique pas. Tout, en politique, en affaires, et en mariages est malhonnête. L’essentiel est de réussir son coup par la triche et de se rendre «Maitre» par possessions dérobées en recourant aux acrobaties sulfureuses…Mais quand le président et ses ministres, déjà nantis, se mettent à voler jusqu’à la troisième décimale l’économie de l’Etat et les finances pour améliorer la vie pitoyable de leurs pauvres concitoyens déjà malades et malnutris, les justes doivent intervenir avant qu’Allah ne nous couvre tous de honte ! Un proverbe par définition est une vérité vérifiée au fil du temps....et transformée en généralité. Peut-être, notre Proverbe Local : «La mère du voleur ne restera pas toujours à faire des you-you» s’appliquera-t-il un jour à Aziz et sa bande car la plupart du temps, la malhonnêteté se retourne toujours contre le voleur, un jour ou l'autre et d'une manière ou d'une autre que nous ne voyons pas toujours de l'extérieur… Ce jour sera la Saint-crépin car disent encore les français, à la Saint-crépin les mouches voient leur fin. Amen.

  • hamadel (H) 01/10/2020 11:23 X

    QU'AZIZ ET SA CLIQUE NOUS RENDENT NOS BIENS qu’Ils ont Pillés

  • Destroyer (H) 01/10/2020 09:00 X

    Et pas qu'AZIZ. N'oublions pas les ministres cités. Ils sont tous millionnaires....Ils ne peuvent pas tout mettre sur le dos d'AZIZ. S'ils leur a permis de voler, leur conscience devait leur dire NON. Ils sont complices

  • habouss (H) 01/10/2020 08:52 X

    "....de s’être trompé sur les Mauritaniens et de n’avoir su trouver des solutions à divers problèmes du pays." Il doit ainsi commencer par s'étonner, comment type comme lui a pu devenir président de la république si ce n'est pas la logique, on n'a l'homme politique qu'on mérite !

  • KANAWAL (H) 01/10/2020 08:34 X

    Je crois qu'il est temps de savoir ce que nous devons faire de AZIZE ou Monsieur l'ex président ( président des pauvres que nous sommes), soldat infatigable contre la corruption et le détournement des biens publics qui a enfermé pas mal de voleurs de biens publics et "privés" est innocent et ne mérite pas toutes ces tracasseries n'importe qui dit du n'importe quoi de lui même les étrangers traitent notre ex président de voleur. c'est inacceptable ou bien Monsieur a volé les biens publics et doit avoir le même sort voire même beaucoup plus sévère que les voleurs que la police ne cesse d'arrêter tous les jours. Finissons en , le sort de AZIZE doit être connu le plus tôt possible et qu'on en finisse une bonne fois pour toutes.

  • Marrakech (F) 01/10/2020 07:52 X

    Il faut rapidement solder l'ère Aziz, ce feuilleton judiciaire a trop duré alors que toutes les accusations sont avérées !