11-05-2021 06:01 - Mohamed Salem ould Merzoug, ministre de l’Intérieur : «3.892.000 mauritaniens ont été recensés »
Satisfait et droit dans ses bottes, le ministre mauritanien de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Salem ould Merzoug, a salué lundi 10 mai le "travail remarquable" fourni par l’ANRPTS, Agence Nationale du Registre des Populations et des Titres Sécurisés.
Le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Mohamed Salem ould Merzoug, a révélé ce chiffre lors d’une réponse à une question orale posée par le député UFP, Kadiata Malick Diallo, à propos des difficultés liées à l’acquisition des pièces d’état-civil.
Selon le ministre de l'Intérieur, un grand travail a été accompli pour recenser les Mauritaniens.
«Le recensement général de la population de 2016 a révélé que la population totale est de 3.587.368 habitants et qu’en vertu d’un taux de croissance démographique estimé de 2,8 %, en 2021, la population mauritanienne est estimée à 4.271.127 habitants. Sur ce nombre, 3.892.000 citoyens sont déjà inscrits dans les centres de l’ANRPTS. Cela prouve qu’un travail remarquable a été fourni », a dit le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation qui a reconnu certaines difficultés comme le manque d’enregistrement dans certaines zones et la faiblesse du réseau d’internet dans d’autres.
En 2011, les autorités mauritaniennes avaient lancé un recensement national de la population. De nombreux partis politiques, organisations de défense des droits de l’Homme et mouvements de revendication étaient montés au créneau pour critiquer les conditions de recensement jugées discriminatoires notamment à l’égard des communautés noires.
Dix ans après, les critiques sont loin de s’estomper.
Récemment, lors d’une émission télévisuelle sur le web, le président du mouvement Touche pas à ma nationalité (TPMN), Dr Dia Alassane, indiquait que des mauritaniens avaient encore des difficultés à se faire enrôler notamment dans la vallée. « Beaucoup de mauritaniens sont devenus apatrides dans leur propre pays. L’enrôlement, c’est un parcours du combattant », avait ajouté le président de TPMN.
Avant lui, le député à l’Assemblée nationale, Biram Dah ABEID, interpellait les autorités mauritaniennes sur les conditions de recensement. « Beaucoup de mauritaniens et mauritaniennes ne bénéficient pas de papiers d’état-civil. Ceci est une aberration et une grave violation des droits de l’Homme », avait-il dit à l’issue d’une visite au centre d’enrôlement de Sebkha, à Nouakchott.
En 2019, la Mauritanie comptait 4, 526 millions d’habitants, selon des chiffres de la Banque Mondiale. Des statistiques qui n’ont rien à voir avec celles avancées par le ministre de l’Intérieur…
Babacar BAYE NDIAYE - Journaliste à Cridem
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