01-06-2021 12:04 - Remaniement : tout ça pour ça ?
L'Eveil Hebdo - Des rumeurs de remaniement ministériel, il y en a, et il y en aura toujours en Mauritanie.
Il suffit qu’un gouvernement soit formé pour que dès la semaine suivante certains sites sortent des informations – des rumeurs pour être exact – faisant état d’un probable remaniement allant d’un simple « réajustement » jusqu’à un « grand chambardement ».
Et à chaque fois rien – ou presque à l’arrivée.
Mais ces dernières semaines, depuis que des informations – difficiles à vérifier – ont évoqué une colère du Président de la République allant jusqu’à bouder la fin d’une des réunions du Conseil des ministres, parce que non content du rendement de certains membres du gouvernement, on se disait que cette fois c’est une véritable bourrasque qui allait emporter l’attelage du Premier Ministre Mohamed Ould Bilal, lui en tête.
Dès lors tout s’était arrêté dans les administrations, la plupart des ministres étant dans l’expectative en attendant la tempête qui risquait de les emporter. Au final, la montagne n’a même pas accouché d’une souris.
Ministres victimes de leur compétence !
Trois ministres sont sortis du gouvernement, dont Sidi Ould Salem, dont le départ était annoncé depuis quelques temps.
Le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique qui était dans le collimateur de tous les lobbys de la médiocrité et qui leur a tenu tête des années durant a fini par être éjecté, même si l’argument avancé est sa future candidature à un poste au sein de la commission de l’Union Africaine.
Le deuxième sortant est le ministre de la Santé. Paradoxalement, un autre ministre qui s’était mis à dos certains milieux hostiles à ses reformes, dont celles qui ont porté sur la réorganisation de l’importation et de la vente de médicaments.
Depuis sa nomination, les pharmaciens ne l’ont jamais lâché et ont fini par avoir sa peau. D’autant plus facilement qu’au sein même de son administration, plusieurs cadres qui étaient en place non pas pour leur compétence mais pour leurs bras longs ne le portaient pas dans leurs cœurs. C’est d’ailleurs révélateur que se projet de reforme de la nomination des DRASS a été tué dans l’œuf.
Un système de quotas
Finalement, ce remaniement a eu un seul mérite. Il a conformé ce que tout le monde savait déjà . Même si le partage est déséquilibré, nous assistons bien à un système de quotas dans la nomination des membres du gouvernement.
Ainsi, le nouveau ministre de la culture entre suite au départ de la ministre de l’urbanisme et de l’habitat qui est issue de la même tribu et de la même région.
La nouvelle ministre de l’Enseignement Supérieur vient compenser le départ du ministre de la Santé qui est de la même région et de la même famille. Le ministre de la Santé, Hartani, entre à la place de Sidi Ould Salem. Et enfin, un Commissaire à la Sécurité Alimentaire directement à la place de son cousin.
Le problème dans tout ça, c’est que ce n’est pas codifié et officialisé de telle sorte que les « groupes » ou les « communautés » puissent en quelque sorte choisir « leurs représentants ». Avec ce qui se passe aujourd’hui, en dehors de son incongruité dans une république, c’est que ceux qui sont sensés être représentés par ces ministres non seulement n’ont pas eu leur mot à dire mais, en même temps voient leurs bons cadres exclus parce que leur « entité » est déjà représenté par un tel ou par un tel autre.
Qu’Allah sauve la Mauritanie.
Sikhousso
