02-06-2021 18:00 - Le président Xi Jinping souhaite améliorer l’image de la Chine
RFI - La Chine doit « élargir son cercle d’amis », c’est le président chinois qui le dit.
Alors que le président américain Joe Biden entend sortir de « l’isolationnisme Trumpien », Xi Jinping a demandé aux dirigeants communistes de raconter une autre Chine, une Chine « digne de confiance, aimable et respectable ».
Ce n’est pas la première fois que Xi Jinping appelle les médias d’État à montrer une image positive de la Chine.
Ce n’est pas non plus la première fois que les cadres du parti et les « experts de haut niveau » sont invités à truster les sommets, les forums et les conférences internationales pour tenter de remporter la bataille du narratif notamment avec les États-Unis.
Sauf qu’ici, l’appel formulé lundi 31 mai dans le cadre du politburo chinois sonne comme un aveu, ou en tous cas comme un constat d’échec.
Sortir de l’isolement
Toutes les études en témoignent : la Chine n’a jamais été aussi isolée sur la scène internationale, son image s’est dégradée en Europe, comme en Amérique du Nord, avec un « soft power » au plus bas depuis le passage au capitalisme rouge initiée par Deng Xiaoping. Est-ce pour autant le retour au « cachons nos talents et attendons notre heure » du père de la réforme et de l’ouverture ? Est-ce aussi la fin de la diplomatie des « loups guerriers », ces diplomates chinois mordants et prêts à rivaliser dans la surenchère et les fake news avec les « Faucons » de la diplomatie américaine ? Rien n’est moins certain…
« Sharp power »
Depuis son arrivée au pouvoir Xi Jinping répète régulièrement que « la Chine ne veut pas dominer l’Asie », comme ce fut le cas en 2016 lors du discours pour le 95ᵉ anniversaire du parti communiste chinois, « ni le monde » comme lors des célébrations des 40 ans de la réforme de l’économie chinoise en 2018, qu’il faut trouver le bon ton pour « mieux raconter l’histoire de la Chine » comme il l’affirmait au lendemain de sa prise de fonction en 2013, mais toute son action est axée sur la réaffirmation de la puissance chinoise.
Une « puissance tranchante », « sharp power » propre aux pays autoritaires affirmait le géopoliticien Joseph Nye dans un article de Foreign Affairs à l’opposé de la « puissance douce » ou « puissance intelligente » (« soft power » ou « smart power ») et donc qui suscite appréhension et méfiance de la part de ses partenaires.
Avec notre correspondant à Pékin,
Stéphane Lagarde
