17-06-2021 02:00 - Centrafrique: au moins 15 morts dans des affrontements entre éleveurs et cultivateurs

Centrafrique: au moins 15 morts dans des affrontements entre éleveurs et cultivateurs

RFI Afrique - Au moins quinze personnes ont été tuées jeudi dernier lors d’affrontements entre éleveurs et cultivateurs dans le nord-est de la Centrafrique, tout près de la frontière avec le Tchad, a-t-on appris, ce mardi 15 juin. Il s'agit de l'un des incidents les plus violents répertoriés depuis de nombreuses années dans une région où de tels conflits entre agriculteurs et éleveurs sont récurrents.

Tout serait parti d’un éleveur arabe tchadien qui aurait laissé ses bœufs saccager le champ d’un agriculteur du village de Tiri, dans la préfecture de Bamingui-Bangoran, explique le préfet Bata Wapi Yepi. Une dispute éclate, l’éleveur est finalement tué après avoir blessé au couteau l’agriculteur.

Nous sommes vers la fin de la transhumance. Les éleveurs, arrivés du Tchad ou du Soudan au mois de décembre sont en train de remonter vers leurs pays d’origine, depuis le retour de la saison de pluie. Ils sont donc très nombreux en cette période et sont tous armés de fusils d'assaut kalachnikovs.

Opération punitive

Ils vont lancer le même jour une « opération punitive » sur le village de Tiri où ils tirent sur tout ce qui bouge, brûlent plus de 60 maisons, une église, des greniers, décrit le préfet de Bamangui-Bangoran.

Le bilan humain est très lourd également : au moins quatorze personnes tuées, dont une femme qui a été égorgée, selon ce responsable administratif qui parle d’un « véritable massacre de paysans sans défense ».

Des conflits récurrents

Depuis, les plus de 3 000 habitants de ce village ont fui dans la brousse ou dans ville de Ndélé toute proche. « Nous sommes en train de les rassurer pour qu’ils retournent chez eux », a expliqué Bata Wapi Yepi, en assurant que des éléments de la Minusca et des Faca « sécurisent » désormais le village.

Les conflits entre agriculteurs et éleveurs sont récurrents dans cette région en période de transhumance, rappelle le sultan de Ndélé, Senoussi Ibrahim. Mais « c’est la première fois je vois des violences de cette ampleur depuis mon accession à ce poste », dit-il.

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Source : RFI Afrique
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