02-07-2021 19:34 - L’entourage de l’ancien président Aziz rejette les déclarations de Me Bouhoubeyni, président de la CNDH
Le président de la CNDH, Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni, signe et persiste.
De leur côté, les partisans de l’ancien président Aziz qui a refusé de recevoir le président de la Commission nationale des droits de l’homme, Ahmed Salem Ould Bouhoubeyni, nient en bloc. Entre les deux camps, la guerre des mots s’est installée.
Tout est parti d’un post diffusé par le président de la CNDH sur sa page Facebook :
« Notre visite à l'ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz dans son lieu de détention s'inscrivait dans le cadre de la réalisation de la mission de la Commission nationale des droits de l'homme auprès d'un citoyen privé de liberté, ainsi qu'en réponse à la demande qui m'a été personnellement adressée par le porte-parole officiel du Parti national Ribat. Le refus de l'ancien président de nous recevoir nous a surpris, d'autant plus qu'il l'avait accepté plus tôt lors de sa première détention au cours de laquelle il nous a présenté ses demandes et nous les avons soumises aux autorités en toute honnêteté qui les ont traitées. Cette visite dénie à la commission tout manquement à sa mission et lui évite d’être accusée de négligence », écrit Me Ahmed Salem Bouhoubeyni.
Du côté de l’entourage de l’ancien président Aziz, on rejette de telles affirmations.
« Je ne pense pas qu’un rappel des obligatoires de la CNDH notamment sa mission et son devoir vis-à -vis des détenus et de leurs droits les plus basiques peut être considéré une invitation. Je ne pense pas également que l’invitation d’une institution publique indépendante de classe "A" à accomplir sa mission peut être considérée une invitation », a réagi le Porte-Parole du Parti Ribat pour les Droits et la Construction des Génération, Mohamed Vadel ELHADY.
« Je rappelle également que les violations de la constitution notamment l’article 93, les violations des droits de l’homme dans la rue et devant les yeux de cette commission et la diabolisation dont l’ancien Président était l’objet par l’actuel régime via la DGSN, le porte-parole du gouvernement et le parti du pouvoir, ne peut être ignorés par la CNDH, pour finalement ne s’intéresser qu’à un simple rappel venant d’une personnalité politique dont le devoir est de veiller au bon fonctionnement des institutions républicaines et traduire la volonté politique des populations de vivre dans un vrai état de droit », ajoute Mohamed Vadel ELHADY.
L’ancien président mauritanien est toujours en détention préventive dans une villa à l’école de police de Nouakchott. Poursuivi pour des présumés faits de corruption, détournements de biens publics et blanchiment d’argent qu’il a toujours niés, l’ex-chef de l’État reçoit ses avocats et sa fille aînée.
Babacar BAYE NDIAYE - Journaliste à Cridem
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