13-07-2021 09:30 - En Jordanie, 15 ans de prison pour deux anciens responsables jugés pour «complot» contre le roi

En Jordanie, 15 ans de prison pour deux anciens responsables jugés pour «complot» contre le roi

Le Figaro - La Cour de sûreté de l'Etat jordanien a condamné lundi 12 juillet à une peine de 15 ans de prison deux anciens responsables jugés pour «complot» contre le roi Abdallah II.

Bassem Awadallah, ancien chef du bureau royal détenteur de la nationalité saoudienne, et Cherif Hassan ben Zaid, un temps émissaire spécial du roi en Arabie saoudite, ont été reconnus coupables d'«incitation (à agir) contre le régime politique du royaume», d'«actes susceptibles de mettre en danger la sûreté et la sécurité de la société et de sédition».

Les deux hommes avaient plaidé non coupable. Principal protagoniste dans cette affaire, le prince Hamza n'a pas été jugé lors de ce procès, son cas ayant été résolu au sein de la famille royale après qu'il a fait acte d'allégeance au roi et promis de «lui rester fidèle».

Selon l'acte d'accusation de 13 pages, le prince Hamza, 41 ans, «était déterminé à assouvir son ambition personnelle de gouverner, et ce en violation des coutumes et de la Constitution hachémite».

Selon le texte, le prince Hamza aurait pour se faire cherché à obtenir l'aide de l'Arabie saoudite. Bassem Awadallah et Cherif Hassan ben Zaid sont étroitement liés au royaume saoudien: le premier en détient la nationalité et le second y a un temps été émissaire spécial du roi jordanien. Puissance régionale voisine, l'Arabie saoudite avait fermement nié être impliquée dans cette crise inédite et exprimé son soutien «total» au roi.

Nommé prince héritier en 1999 mais démis de ses fonctions en 2004 par le roi Abdallah qui avait nommé son propre fils à la place, Hamza avait accusé les autorités de son pays de «corruption» et d'«incompétence» dans une vidéo publiée par la BBC le 3 avril. Ce jour-là, il avait affirmé avoir été assigné à résidence pour sa participation présumée à un «complot». Il avait toutefois nié cette accusation. Le gouvernement avait annoncé dès le lendemain l'arrestation de 18 personnes impliquées dans cette tentative visant à «ébranler la sécurité et la stabilité de la Jordanie». Seize d'entre elles ont depuis été libérées.

Le procès des deux accusés s'est tenu à huis clos dans la capitale Amman. Le tribunal a rejeté une demande des avocats de la défense de convoquer notamment trois princes, ainsi que le premier ministre Bicher al-Khasawneh et le ministre des Affaires étrangères Aymane Safadi comme témoins. Une requête «non productive», selon la Cour. Au début des poursuites, l'avocat de Bassem Awadallah, Mohamed Afif, avait affirmé que les deux accusés «insistaient pour que le prince Hamza témoigne dans cette affaire».

«La décision finale revient au tribunal mais s'il refuse de le faire comparaître, il doit le justifier», avait-il affirmé fin juin à l'AFP. Selon Alaa Al-Khasawneh, l'avocat de Cherif Hassan ben Zaid, la défense a demandé à la Cour de «déclarer (les) deux clients innocents».

Bassem Awadallah, ancien ministre des Finances et du Plan, était très proche du roi jordanien. Avant de devenir chef de la Cour royale en 2007, il avait été chef du cabinet du roi en 2006. Il avait finalement démissionné de son poste de chef de la Cour royale en 2008 après avoir été vivement critiqué pour son ingérence présumée dans des questions politiques et économiques controversées.

Par Le Figaro avec AFP




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