17-08-2021 07:00 - « La gouvernance de Ghazwani est pire que celle de Ould Abdel Aziz », dixit Messaoud Ould Boulkheir

« La gouvernance de Ghazwani est pire que celle de Ould Abdel Aziz », dixit Messaoud Ould Boulkheir

Le Calame - Au cours d’une conférence de presse, tenue ce lundi midi, 16 août, à la Case, les coalitions et partis politiques de l’opposition démocratique ont tenu à marquer leur distance par rapport au refus du pouvoir d’organiser un dialogue politique inclusif afin de régler les nombreux problèmes auxquels le pays fait face.

Les responsables du parti Tawassoul, APP, CVE, CVE/VR, El Moustaqbel, le RAG, et du Parti pour la défense de l’environnement ont fustigé l’argument avancé par le président pour justifier ce refus : il n’y pas de crise dans le pays qui justifie la tenue de ce dialogue.

Comme on le sait, le pouvoir parle plutôt de « concertations » alors que les partis de l’opposition réclament un «dialogue politique national inclusif». Une querelle de sémantique ou de contenu ?

Et pour eux, le pays vit la même crise semblable à celle vécue sous Ould Abdel Aziz. Pour Messaoud Ould Boulkheir, la gouvernance de Ould Ghazwani est pire que celle de Ould Abdel Aziz. Pour étayer son accusation, le président d’APP a énuméré la poursuite de la gabegie, avec l’attribution de marchés de complaisance, le tribalisme érigé en mode déc gouvernance et de promotion, l’exclusion, les discriminations dont font l’objet les Haratines, les négro-africains, les forgerons, les Z’nagui, les griots… privés tous de « postes juteux de responsabilité ».

Pourquoi certains postes sont exclusivement réservés à une seule communauté, s’est interrogé Ould Boulkheir ? Pour le leader Haratine, l’Etat est devenu une vache à lait pour une catégorie de citoyens, ce qui est inacceptable et injuste tant est que le pouvoir se soucie de l’avenir de la Mauritanie. Ghazwani n’a rien fait pour redresser ces injustices, déplore-t-il.

Comment peut-on dans ces conditions dire qu’il n’y a pas de crise et que le dialogue est inopportun, s’est offusqué le président Messaoud Ould Boulkheir avant critiquer le tribalisme et le clientélisme érigés en règle. Si le président décide de changer de gouvernance, nos portes sont ouvertes, dans le cas échéant, nous prenons nos distances, car «pour nous, c’est le dialogue ou rien », conclut-il. Le vice-président de Tawassoul, Saleck Sidi Mahmoud s’est demandé si, après deux ans de règne semblable à celui de la décennie précédente on pouvait en dresser un bilan positif, appelant au passage la tenue d’un véritable dialogue inclusif pour panser les plaies du pays.

Prenant la parole, les autres présidents de partis et coalitions ont abondé dans le même sens. Pour eux, le bilan des deux ans de Ghazwani est un échec et il doit en tirer toutes les conséquences. Si pour Moctar Ould Sidi Maouloud, président du parti Moustaqbel, le régime perpétue et accentue la marginalisation des Haratine et des négro-africains, pour Ould Dellahi, président du parti pour la défense de l’environnement, après deux ans d’échec, Ould Ghazwani doit tout simplement démissionner.

Prenant la parole ensuite, le président de la CVE, Kane Hamidou Baba et de la CVE/VR, Dia Alassane, et des FPC, Samba Thiam ont émis le souhait de voir le dialogue politique, objet de tergiversations au niveau du palais de permettre de reconstituer les bases de la cohabitation et du vivre ensemble en Mauritanie.





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Commentaires (3)

  • DULQUEINYUN (H) 17/08/2021 12:34 X

    Un faucon de la politique mauritanienne qui mérite d'être féliciter pour sa vision claire et limpide de la situation actuelle du pays. Oui rien ne va, c'est la grande désillusion, on a l'impression que ce pays est unicolore. La communauté négro mauritanienne y compris les harratines, subie une marginalisation sans précédent. Toutes les structures de l'État ont été dénégrifiées, la plupart des ceux qui sont restés, sont des exécutants de premier ordre et souvent les plus nuls ! Il faut en finir avec les régimes militaires, qui n'ont apporté que souffrances et pauvretés à la majorité des citoyens mauritaniens. Rien ne va plus! le système scolaire mauritanien est l'un des plus nuls au monde, l’économie peu florissante, un système de santé privatisé.

  • mystere1 (F) 17/08/2021 09:25 X

    Ah le vieux lion noir, sort de sa tanière ! pour rugir, après une longue absence, dans l'arène politique, quel sacré clashe dur contre notre président, c'est vrai admettons, que ce sont les hommes qui ont changé, mais pas le système, oui, aucun évolution dans le paysage social, car les tares sociaux sont dans les gênes de chaque ethnie de ce pays ! chacun a sa part de responsabilité, mais Messaoud, n'a pas tort de dire ses vérités sèches, sur le règne doux du président !mais aussi, chaque ethnie est responsable d'un côté, même si on accuse les concitoyens arabo berbères, d'être des acteurs de méfaits, ils sont soudés entre eux, voilà pourquoi Dieu les Aide, car Ce Dernier Aime l'union, et contrairement, à la communauté noire, plus précisément, les puulars, égoistes et durs de coeurs entre eux ! les wolofs sont minoritaires et effacés, au coeur poltron, quant aux soninkés, eux, aussi sont soudés, mais ultraconservateurs des traditions archaiques, et effacés aussi, dans ce combat contre l'injustice, et parlant de nos arrières cousins négro africains, qui ne sont autres que les haratins, eux aussi, souffrent de la marginalisation, à cause d'un passé douloureux ! même si certains aussi sont désunis entre eux ! et quelques minorités soudés, bref, de manière générale, c'est la race noire, même qui est désunie, voilà pourquoi l'afrique noire n'avance pas ! cette mauritanie, a besoin, d'être soudée, comme un et un seul peuple, si nous voulons, que Dieu, nous Aide, à avancer, la sainte devise, dit que ("tous les musulmans, sont frères" !), mais hélas, c'est regrettable, ici dans ce pays, c'est le contraire, noyé dans un faux paysage social, déguisé, en "diplomatie hypocrite" ! quant à messaoud, il est connu habituellement pour ses clashes sévèrement politique de ses adverssaires, depuis le temps de Taya ! cela ne nous étonne pas du vieux dinausore ! que Dieu nous Aide à changer, si nous voulons, que ce pays avance.

  • nemahaidara (F) 17/08/2021 07:21 X

    Il faut vraiment être naïf ou opportuniste pour penser qu’il pouvait y avoir de rupture entre Aziz et son successeur. Une convergence idéologique lie les deux hommes . Toutes les réformes qui excluent ou discriminent dans l’armée sont les faits de l’actuel président. La prise de position de Messaoud peut ne pas résulter d’une conviction politique mais d’une recherche de « quelque chose pour lui même ou son parti … » Ces partis doivent ne pas trop compter sur Messaoud s’ils ne veulent pas se réveiller brutalement..,