21-08-2021 16:33 - Et si l’opposition traditionnelle ne répondait pas à Messaoud Ould Boulkheir?
Nord Info - Depuis son arrivée en août 2019, le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouany, contrairement à son prédécesseur, a accueilli tout le microcosme politique à bras ouverts.
Tous les présidents de partis politiques et en particulier ceux qu’on a appelé l’opposition traditionnelle radicale ont eu droit d’entrée, pour la première fois, au palais présidentiel. Le premier d'entre eux fut le leader de l'opposition qui a toujours préservé la quiétude du pays sur des intérêts particularistes et ce depuis les premières élections présidentielles, au début des années 90, sous le règne du Cl Mouawiya Ould Sid Ahmed Taya.
Celui-ci ne put passer les premières élections présidentielles du pays qu’avec le remplissage des urnes de Kobenni.
J’ai nommé le charismatique homme politique et président actuel du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) M. Ahmed Ould DADDAH. Il s’agit aussi du non moins important et grand leader de gauche de l’Union des Forces du Progrès, l’homme qui a passé la plus grande partie de sa vie à cumuler la politique et l’enseignement. Je me rappelle un jour de l’année 1986, on était à l’université et c’était les ferveurs des premières élections municipales du pays. Il nous parlait de l’avancée en ce temps des forces démocratiques et leur réussite à faire bloc en mettant en avant une liste dirigée par feu Mohamed Mahmoud Ould Mah. J’ai parlé du Dr et grand historien de son pays Mohamed Ould Maouloud.
Il y a aussi le parti UNAD de Ould Abeidna, de SAWAB et le parti de Messoud ould Boulkheir qui a subi plusieurs métamorphoses. Le président Messoud Ould Boulkheir aurait pu être comme tous les autres présidents porteurs d’un discours démocratique d’opposition si ce n’est ses différentes volte faces et accointances avec les pouvoirs en place.
L’homme est un grand militant de causes nationales telles que la lutte contre l’esclavage, la marginalisation, la pauvreté et pour l’instauration d’une vraie démocratie dans le pays. Mais, paradoxalement, le président Messaoud, pour des raisons que lui seul peut expliquer, partait toujours, à contre courant, à la dernière minute, vers le côté où il ne devait pas y être.
Cela a eu lieu, au grand dam de l’opposition radicale, au temps de Ould Taya qui a nommé le grand leader haratine ministre. Sa dernière volte-face fut celle de 2007, lorsqu’il se range du côté du candidat du pouvoir, pourtant un civil feu Sidi Ould Cheikh Abdellahi, au détriment du candidat de l’opposition, à un pas des portes du palais pour un poste de président de l’Assemblée Nationale. D’aucuns jureraient que si c’était une personne autre que Ould DADDAH, l’homme pourrait passer outre les avances alléchantes du pouvoir.
Le président Messoud va continuer ses flirts avec le pouvoir de Mohamed Ould Abdel Aziz pour quelques postes ainsi que des promesses de dialogue qui n’ont jamais eu lieu au détriment d’une opposition honnie, marginalisée et laissée pour compte pendant plus de dix ans par le locataire d’un temps du palais. Aujourd’hui celui-ci est remplacé (et quel remplacement ?) par un président qui a apaisé la scène politique par l’accueil de tous les pans de l’opposition, l'invitation de celle-ci à toutes les activités nationales, l’ouverture de discussions voire de concertations très prochaines avec toute cette opposition.
Seul Messoud Ould Boulkheir de cette opposition classique, pourtant le seul de celle-ci bien placé dans le gouvernement comme président du conseil économique, social et de l’environnement, est sorti de ses gongs le 16 août courant, et sans démissionner, accuse le pouvoir actuel de tous les maux du pays, maux qui se sont multipliés, d’après lui, plus qu’avant : hausse vertigineuse des prix, problèmes de libertés, d’insécurité, de pauvreté, problèmes des minorités, pandémie.
Les questions qu’on pose maintenant : Que va faire l’opposition traditionnelle citée haut face à la sortie insolite du président Messoud, plus violente que celle de ses autres amis en conclave dont certains d’ailleurs ne sont pas reconnus ? Va-t-elle cautionner ses dires ou le laisser crier à hu et à dia son exigence d’un dialogue national? Quelle sera leur position future ?
Wait and See
A.S WEDDOU
