04-11-2021 22:13 - Une soixantaine de villageois tués dans une attaque djihadiste au Niger, à la frontière du Mali
Oest-France - Une soixantaine de villageois membres de milices d’autodéfense ont été tués au Niger dans une attaque près de la frontière du Mali, dans la région de Tillabéri, à l’ouest du pays, théâtre depuis le début de l’année des actions meurtrières de djihadistes présumés.
L’attaque s’est produite mardi 2 novembre, mais n’a été apprise que jeudi 4 novembre de sources locales – dont un député – et sécuritaire. Elle n’avait pas encore été confirmée de source officielle.
Parmi les personnes tuées figure le maire de Banibangou qui était à la tête de Comités de vigilance de plusieurs villages du territoire de sa commune, selon les sources locales.
Neuf personnes portées disparues
« Dans cette attaque, il y a eu en tout une soixantaine de morts, neuf disparus et quinze rescapés. Le maire de la commune de Banibangou fait partie des personnes tuées et son corps a été retrouvé », a indiqué un député de la région de Tillabéri.
« Ce sont des autorités locales, dont des préfets, qui ont été sur place pour voir les corps, qui m’ont officiellement confirmé ce bilan », a ajouté ce parlementaire, sans détailler les circonstances de l’attaque.
Selon une autre source locale, « 60 éléments » de Comités de vigilance de la commune de Banibangou, ont été tués lors de cette « attaque terroriste » qui a visé 84 d’entre eux circulant à moto, avec, à leur tête, le maire de la commune.
Les membres de ces comités ont eu « un accrochage à Adab-Dab, une localité située à environ 55 km au nord-ouest de Banibangou, avec des éléments de l’EIGS (État islamique au grand Sahara) lourdement armés » et circulant également à moto, a encore relaté cette source. Les assaillants sont repartis « vers le Mali en emportant les corps de leurs combattants », selon elle.
Une source sécuritaire a « confirmé » l’attaque « survenue mardi vers 9 h 30 (heure locale) », sans donner de bilan.
Des villageois constitués en comités d’autodéfense
Selon un ex-maire de la région, des villageois s’étaient récemment constitués en comités d’autodéfense pour veiller sur les paysans régulièrement ciblés par des hommes armés dans leurs champs. Ces comités avaient décidé mardi 2 novembre de traquer jusque dans leur repaire riverain de Adab-Dab, des hommes armés qui attaquent les villages et volent le bétail, a-t-il souligné.
Depuis le début de l’année, des jihadistes présumés multiplient les assauts sanglants contre des civils dans la zone de Banibangou et des communes voisines de la région de Tillabéri, faisant des centaines de morts.
Le 2 janvier, 100 personnes avaient été tuées dans les attaques de deux villages de la région et en août, Human Rights Watch (HRW), avait estimé que plus de 420 civils avaient été tués depuis le début de l’année dans l’ouest du Niger.
Cette immense et instable région de 100 000 km2 est située dans la zone des trois frontières entre Niger, Burkina Faso et Mali, théâtre depuis 2017 d’actions meurtrières de groupes armés liés à Al-Qaïda et au groupe État islamique (EI).
Lors d’une visite dans la région en septembre, le président nigérien Mohamed Bazoum avait estimé que « l’ennemi se rabat sur des populations désarmées innocentes » et « se livre à un massacre à grande échelle ».
« Partout, ils [les jihadistes] s’en prennent aux paysans qui sont dans les champs des villages les plus éloignés, les plus excentrés où ils savent qu’ils n’ont aucune chance de rencontrer nos forces », avait-il ajouté.
AFP
