24-12-2021 17:16 - Apologie abusive de l’arabe au prix du déni de l’africanité!

Apologie abusive de l’arabe au prix du déni de l’africanité!

Senalioune - Tout peuple et toute composante de ce même peuple, au sein d’une Nation, d’une région ou d’un continent est fière de sa culturelle maternelle, de cette identité dans laquelle elle se retrouve sans errement, tout en vouant estime et considération à la langue et l’identité de l’autre, à condition que cette estime soit aussi réciproque et proportionnelle.

La Mauritanie est fière de son arabité, mais également de son africanité. Deux identités condamnées à coexister, sans qu’aucune puisse s’imposer à l’autre comme dominatrice, même si des chauvinistes de tout bord s’investissent corps et âme pour faire l’apologie abusive de l’arabe au point de renier l’africanité des mauritaniens.

L’arabe est sacré, car c’est la langue du Saint Coran et du dernier des Prophètes. Toutefois, il y a lieu de dissocier entre l’arabe en sa qualité de langue sainte et pure, à l’arabe de nos jours, où cette langue est déconnectée de son sens élevé, pour signifier, la digression, l’arriération, le superflu, le quantitatif au détriment du qualitatif, l’illusion…

« La production scientifique, littéraire et culturelle en langue arabe est toujours en deçà des espérances d’où notre devoir, en tant qu’arabes, d’être conscients de cette question et de déployer plus d’efforts dans ce sens ».

Ces propos sont malheureusement est à la surprise généralisée de l’élite mauritanienne ceux du Ministre de la Culture, de la Jeunesse, des Sports et des Relations avec le Parlement, Mokhtar Ould Dahi.

Pire, il les a tenus le jeudi 23 décembre courant, sous la coupole de l’Assemblée nationale, à l’occasion des travaux du Forum parlementaire de soutien et d’autonomisation de la langue arabe.

Le Département de la culture aurait même, selon le ministre doublé le budget alloué à l’écriture et à l’impression de livres afin d’inciter les auteurs à écrire en arabe, prenant en charge l’impression de leurs livres et manifestant l’intention de les récompenser pour leurs productions.

Une entreprise qui ne fera que creuser le fossé entre arabisants et non arabisants et dont aggraver la fracture linguistique déjà existante, alors que c’est plutôt dans les langues nationales, l’arabe étant arrivé à son paroxysme d’excellence au point de déborder du vase, qu’il faut injecter des fonds, dans l’espoir d’arriver à un équilibre entre toutes les langues, imposant alors à la quête d’une langue d’unité.

Ceci dit, il ne serait pas erroné d’endosser ce déni de l’africanité mauritanienne, à la lumière de ces propos officiels sectaires, au Gouvernement, au Président Ould Ghazouani et à son Premier ministre Ould Bilal, dés lors où le ministre, qui trouve souvent dans ses sorties médiatiques, de la passion pour étaler excessivement son bagage arabe, est le Porte-parole du Gouvernement.

De qui parle le ministre en disant « en tant qu’arabes » ? Des arabes mauritaniens au sens de maures blancs et noirs ? De ces premiers et des négro-mauritaniens ? Des négromauritaniens ?

Un grand pans de la Mauritanie authentique ne se retrouve pas dans de telles incendiaires peu avenantes pour trois grandes composantes de la Nation.

Le ministre n’est-il pas allé trop vite en besogne, en reniant l’africanité et la négritude des mauritaniens ?

Ne pouvait-il pas s’exercer à une meilleure diplomatie langagière en servant son objectif d’apologie de l’arabe sans attenter au Pular, au Soninké et au Wolof, langues de ces communautés qui maitrisent l’arabe mieux que les arabisants, car se contentant d’en apprendre l’essentiel, le Saint Coran, les Hadiths et la Sunna.

Autrement dit, pas l’autre arabe qui ne sied qu’aux peuples développés, inondés par les richesses et pouvant rêver, philosopher, rivaliser dans la poésie et autres ramifications sinueuses de l’arabe qui mènent parfois à l’objectif contraire.

Un monde duquel nous sommes séparés encore et que cette arabité zélée ne pourra nous aider à rattraper.

Il est temps pour les officiels mauritaniens d’accorder les égards qu’il faut à l’africanité de la Mauritanie, tout en défendant sans abus, ni déni l’arabe.

C’est seulement à ce prix que l’arabe pourrait, une fois la dignité retrouvée de l’autre, chercher, pas les moyens de sagesse, de conviction, de concertation à se faire accepter comme langue unificatrice sans être exclusive.

Par Oumlbenina Mint Bamba



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Source : Senalioune
Commentaires : 3
Lus : 2389

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (3)

  • insoumis (H) 24/12/2021 21:50 X

    Une langue utilisée politiquement, imposée politiquement et en même temps, favorise la discrimination, une langue qui s’impose par le lobby des grands corrupteurs. Les vraies langues n’ont pas besoin d’être arrosées par des billets verts pour exister ou dominer. Monsieur lobby, les langues auxquelles vous cherchez l’extinction(langues des africains ou langues locales) elles existent pour des raisons très solides, elles sont tolérantes, culturellement, elles ne cherchent pas à dominer par le biais religieux ou communautaire. L’arabe est sacrée pour les arabes! Nous les autres, la disparition de l’arabe ne nous impact en RIEN. C’est dans ce sens que nous tenons en nos langues naturelles(maternelles) sans elles nous existons pas ET c’est pour ça qu’elles sont farouchement sacrées...

  • Mauritanie D'abord (H) 24/12/2021 19:51 X

    Oumlbenina Mint Bamba Il m’a été donné de constater que vos articles traitent des informations d’une importance capitale pour la société mauritanienne, vous mérités le respect de la lecture journalistique et d’analyse qui dit tout haut ce que certains n’osent même pas dire tout bas, est ce que les hommes ont perdus la langue franche en utilisant la langue de bois pour des intérêts personnels et égoïstes, en tout cas vous, Madame OumlBenina, Ahmed cheikh et monsieur Kane Ciré de KASSATAYA rendez le site cridem.org agréable et captivant par vos articles et analyses pertinentes, vous obligez le respect des autres. Voilà ce que nous avons lu dans les années avec feu Mahfoud et les autres, la Mauritanie avait de très belles plumes du journalisme et du journaliste, aujourd’hui nous sommes face à une société réfractaire à la vérité et au sérieux, les laudateurs prennent le pas et la parole sur le professionnel et le bon sens, chacun se dit journaliste et se fait pertinent par des attaques personnelles et sans raison. Ce que nous disait Ahmed cheikh du calame, dans les années passées sur la situation du pays est entrain de se passer aujourd’hui, pourtant hier personne ne voulait l’écouter sous le régime d’Aziz, pourtant il avait raison, l’homme Aziz aujourd’hui n’est plus que l’ombre de lui-même dans une chambre sombre et surveiller comme du lait sur du feu. Le ministre porte-parole et porteur de la langue arabe joue son atout de la reconduction au prochain gouvernement comme le ministre berger de la langue arabe, malheureusement dans son troupeau se trouve des non arabes et des moins que rien qui se cherchent un parrain non arabe par naissance, il aura comme mission d’amener son troupeau d’arabisant vers les pays africains pour se faire entendre, parce que les vrais arabes s’occidentalisent et ont décriés la langue arabe comme une langue en retard dans tous les domaines surtout du NTIC qui domine le monde sans la langue arabe, ce ministre ne dira pas ce que Ould Maham n’avait pas dit à son temps, qu’il se refroidit, ce discours ne paye plus, lui ces enfants apprennent le français et cherche la Nationalité française, à bon entendeur salut et merci Oumlbenina Mint Bamba.

  • hamaodo (H) 24/12/2021 19:34 X

    ça c'est une fuite en avant a;;;;;reculons;le désespoir fait que ces truffions s'accrochent a du éculé suranné