16-09-2026 15:48 - Au Canada, Coumba Bâ défend une Francophonie utile et soucieuse de ses équilibres

Au Canada, Coumba Bâ défend une Francophonie utile et soucieuse de ses équilibres

Trust Magazine -- À Montréal et à Ottawa, la candidate mauritanienne au secrétariat général de la Francophonie a décliné ses propositions auprès d’interlocuteurs universitaires, gouvernementaux et parlementaires. Au cœur de cette séquence, l’efficacité de l’organisation, la coopération économique et la préservation d’un espace politique capable de construire des consensus.

Comment donner davantage de portée à l’action francophone tout en préservant la confiance entre ses membres ? Cette question a traversé les rencontres canadiennes de Dr Coumba Bâ.

Portée par la Mauritanie, sa candidature s’y est exprimée à travers des sujets concrets, de la visibilité des contenus en français au financement des programmes, avec une attention particulière aux équilibres institutionnels.

Les échanges ont aussi permis de distinguer les sensibilités du Canada, du Québec et du Nouveau-Brunswick. Trois voix qui participent à la vie de la Francophonie avec leurs expériences propres et auxquelles la candidate entend apporter des réponses différenciées, inscrites dans une ambition commune.

Des institutions mieux coordonnées

À Montréal, l’entretien avec Antoine Rauzy, directeur de l’Agence universitaire de la Francophonie pour les Amériques, a porté sur la place des opérateurs et la reconnaissance de leur action. Coumba Bâ souhaite redynamiser le cadre de concertation stratégique pour organiser un dialogue plus étroit entre les institutions et mieux articuler leurs objectifs.

La proposition repose sur une coordination respectueuse de l’autonomie et de l’identité de chacun. Pour la candidate, la cohérence de l’ensemble doit se construire en valorisant les compétences des opérateurs et leur capacité d’initiative. L’enjeu est de rendre les complémentarités plus effectives, depuis la définition des priorités jusqu’à leur mise en œuvre.

La rencontre avec Marie-Josée Audet, sous-ministre adjointe aux affaires multilatérales et à la Francophonie du Québec, a placé la langue française au centre des discussions. Sa promotion passe notamment par la découvrabilité des contenus francophones, autrement dit leur capacité à être trouvés et proposés aux publics dans l’environnement numérique.

Cette préoccupation s’inscrit dans une réflexion politique plus large. Coumba Bâ a défendu une Francophonie attachée à ses principes fondateurs, cohérente dans ses orientations, équilibrée dans son positionnement et efficace dans son action. Une manière de relier la crédibilité de l’organisation à son utilité.

Donner corps à la Francophonie économique

À Ottawa, les discussions avec Mona Fortier, secrétaire parlementaire de la ministre des Affaires étrangères du Canada⁠, ont abordé les moyens de rendre la Francophonie économique plus opérationnelle.

La candidate entend valoriser la portée politique de cette dimension. Le rapprochement des acteurs économiques peut, dans cette perspective, soutenir des coopérations durables et renforcer les relations entre les membres de l’organisation. Reste à traduire cette ambition en mécanismes concrets, capables de mobiliser les entreprises et de faciliter les partenariats.

L’entretien avec la sénatrice Amina Gerba a prolongé cette réflexion autour du leadership féminin, de la mobilité et de la contribution du secteur privé au financement de programmes à fort impact. Ces échanges ont mis en regard l’ouverture des possibilités individuelles et la mobilisation de ressources pour l’action collective.

Avec Isabelle Doucet, envoyée spéciale de la Première ministre du Nouveau-Brunswick pour la Francophonie, la jeunesse a occupé une place centrale. Coumba Bâ défend sa participation transversale aux programmes, en associant les jeunes à leur conception comme à leur réalisation. Leur rôle serait ainsi reconnu dans l’ensemble des domaines d’intervention de la Francophonie, au-delà des seuls dispositifs qui leur sont dédiés.

Le consensus comme exigence politique

Tout au long de cette étape canadienne, la candidate a également insisté sur la recherche d’un consensus entre les États et gouvernements membres. Elle présente cette démarche comme une responsabilité collective pour préserver la cohésion de l’organisation et éviter que la compétition pour sa direction n’installe des clivages durables.

Elle a, dans le même esprit, plaidé pour la préservation du pacte de Hanoï. Ce compromis non écrit, associé au partage des principales responsabilités entre le Sud et le Nord, relève d’une tradition politique plutôt que d’une obligation statutaire. Son interprétation a d’ailleurs nourri des débats, notamment après l’élection de Michaëlle Jean en 2014, comme le rappelle l’ancien ministre mauricien Jean-Claude de l’Estrac⁠.

Pour Coumba Bâ, ces équilibres informels participent à la confiance nécessaire au fonctionnement multilatéral. Sa séquence canadienne dessine ainsi une proposition où réforme de l’action et préservation du lien politique doivent avancer ensemble.

L’enjeu de sa candidature sera de convaincre que cette recherche d’équilibre peut aussi devenir un levier de décision et de résultats.



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