25-10-2026 08:34 - Sénégal: les députés du Pastef rejettent la loi de finances rectificative du gouvernement
RFI AFRIQUE -
Au Sénégal, un nouvel épisode du bras de fer engagé entre le parti Pastef et le gouvernement du président Bassirou Diomaye Faye.
Ce vendredi 24 octobre, la commission des lois de l’Assemblée nationale a rejeté le projet de loi de finances rectificative (LFR) 2026. Le parti d’Ousmane Sonko, largement majoritaire à la chambre basse, se justifie par la non-prise en compte de plusieurs conditions posées au gouvernement.
Dans un communiqué, le parti Pastef rappelle les cinq conditions qu'il avait posées au gouvernement, notamment la transmission des accords conclus avec la Banque mondiale après près de deux ans de blocage lié à la dette dite cachée, mais aussi la réduction du train de vie de l’État et l’encadrement des fonds spéciaux encore appelés caisses noires.
Le parti majoritaire à l’Assemblée nationale dénonce par ailleurs les coupes budgétaires sur plusieurs secteurs qu’il juge prioritaires, comme la santé, l’éducation ou la formation professionnelle.
Vers une motion de censure ?
La position du parti d’Ousmane Sonko est décriée par l’opposition parlementaire. Dans un communiqué, « Takku wallu » dénonce une guerre entre deux anciens alliés – Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye – au détriment de l’intérêt de la nation.
Prévu pour être discuté en plénière mardi 27 octobre, le projet de loi de finances rectificative risque d’être à nouveau rejeté par les députés. Le cas échéant, le gouvernement pourrait recourir, selon des spécialistes, à l’alinéa 6 de l'article 86 de la Constitution. Celui-ci prévoit que « le Premier ministre peut engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale, pour adopter sans vote le budget ».
Un couteau à double tranchant, puisque le parti majoritaire Pastef pourra alors faire tomber le gouvernement au travers d'une motion de censure.
Avec notre correspondant à Dakar,
Birahim Touré
