12-04-2011 09:06 - Zouerate : Une commune en évolution
Malgré le peu de moyens dont il dispose, le conseil municipal de la ville minière tente par le billet de la coopération décentralisée de relever cette cité de ses cendres.
Une ville industrielle riche en matières premières exploitées depuis les années cinquante, Zouerate reste un centre urbain où les infrastructures sont restées longtemps délaissées. Les besoins les plus élémentaires des populations ne sont pas assurés (eau, électricité, désenclavement….).
Il n’existe pas encore de réseau d’adduction d’eau. Le seul réseau existant ne couvre que les quartiers Snim. Société National Industrielle et Minière participe à prés de 14% au PIB et constitue le premier pourvoyeur d’emplois fixes dans la région. La ville est enclavée et demeure presque coupée du reste du pays. Les moyens de communication (téléphone, internet…) sont médiocres.
Les entreprises et les institutions financières en font les frais tous les jours. La ville n’est toujours pas reliée au reste du pays par une voie bitumée.
Cependant un chantier prometteur d’extension du réseau électrique financé par la Snim est en cours d’exécution et un réseau d’adduction en eau potable devrait voir le jour et participera sans doute à atténuer l’impact négatif des installations minières.
En matière de formation professionnelle, Zouerate manque d’établissements de formation. Même si la Snim, grâce à un cofinancement avec la coopération française, est bien avancée dans la construction d’un centre de formation prometteur, des inquiétudes demeurent sur le contenu des formations et des disciplines offertes.
Ce manque d’institutions de formation explique le fort taux de chômage chez les jeunes et surtout chez les femmes qui se trouvent parfois dans l’impossibilité de se déplacer afin de poursuivre leurs études pour des raisons financières ou autres. Le chômage et le sentiment d’injustice que connaissent les jeunes pourront être utilisés par des extrémistes de tous bords.
Lorsque des opportunités d’embauche se présentent, les jeunes se trouvent dans l’impossibilité de postuler par manque de formation.
Pourtant, la Snim abrite en son sein, des centaines de techniciens, ingénieurs, ouvriers spécialisés et cadres supérieurs aux compétences confirmées. Ce qui peut faire de la Snim un véritable moyen de transfert de technologies et de compétences. Mais que peut-on dire de l’environnement ?
La ville de Zouerate connaît aujourd’hui d’énormes problèmes de pollution, elle se trouve au centre de plusieurs installations industrielles en attendant d’autres qui viendront accentuer ce phénomène. A ce jour, aucune étude indépendante n’a été réalisée sur les taux d’exposition des populations aux différents polluants émanant de l’exploitation du minerai de fer. On se pose alors la question à savoir ce qu’elle y gagne en contre partie.
A la suite du manque à gagné causé au budget communal par les exonérations accordées par l’Etat à la Snim ; celui-ci (l’Etat) devait verser à titre de compensations à la Commune de Zouerate la somme forfaitaire de 150 000 000 UM pour l’exercice 2011 en plus des arriérés de 200 000 000 UM, 350 000 000 UM en tout. On s’accorde à dire que si l’Etat versait les arriérés qui s’étalent sur plusieurs années, la facture s’élèvera à plusieurs milliards d’ouguiyas. Avec ces ressources cette ville pourrait se développer tout en participant pleinement au bien être de tous les mauritaniens.
Voilà quelques chiffres qui feront réfléchir : de 2008 à 2010 la ville de Nouadhibou a perçu en tout 1 125 000 000 UM à titre de compensations, Akjoujt 54 000 000 UM et Zouerate 0 UM !! Le seul montant versé jusque là , date de 2008 : une somme forfaitaire de 60 000 000 UM (de l’exercice 2006-2007). Même si l’on peut se réjouir de la situation de Nouadhibou, Ceci ne sonne t’il pas comme une privation pour les populations du Tiris Zemmour dont 80% résident à Zouerate.
En tout cas, lors des différentes visites des hauts responsables de l’Etat mauritanien, les populations n’on cessé de marteler le fait que cette ville manque de tous (eau potable, électricité, routes bitumées…..). Dans une réunion tenue avec la société civile, le Maire de Zouerate avait annoncé que ce dossier pourrait trouver une issue rapide.
Ce manque de ressources n’a pas empêché le conseil municipal d’aller de l’avant en focalisant ses recherches de financement vers ses partenaires au développement et un recouvrement fiscale qui est l’un des plus élevé en Afrique. Nous pouvons dire, ici, que les Zouératois s’acquittent correctement de leurs devoirs.
Depuis 2007, la ville de Zouerate s’est voulue être la ville la plus propre de la Mauritanie. Pari réussi , un reportage de la Télévision Nationale a consacré Zouerate comme la ville la plus propre de la Mauritanie. Rappelons ici que la Snim y a joué un rôle remarquable avec le prêt d’engins et autres aides logistiques. L’originalité du système de ramassage des ordures ménagères a joué pleinement à la réussite de ce projet.
Un système écologique permet le ramassage quotidien des ordures et la création de plusieurs emplois, une opération qui coûte à la Commune 1 8 000 000 UM par ans et a fait diminuer considérablement les maladies liées à l’insalubrité.
L’ouverture d’un cyber communal, le plus grand du pays , financé par la société P&H, a permis le développement chez les jeunes des nouvelles technologies de l’information et de la communication. La Maison de la Société civile, inaugurée le 14 juin 2010, donne au ONG un centre de ressources, de formation et de communication pour les organisations de la société civile avec un accès à une documentation sur la gestion administrative et financières des organisations, un accès gratuit à l’internet, une salle de réunion et un amphithéâtre pour les activités culturelles.
Le projet « Maison de la société Civile » a été financé par la Fondation Snim (FS). Créé en mars 2007 , la Fondation Snim se fixe comme objectif principal l’amélioration des conditions de vie des populations vivant le long du couloir du chemin de fer qui relie Zouerate, ville minière, à Nouadhibou la capitale économique de la Mauritanie.
Pour les nouvelles réalisations, la Snim a financé pour la commune la construction de 3 salles de classe à l’école 16 pour un montant de 5 000 000 UM et la construction d’une école neuve de 6 classes, la FS a quand à elle financé la réalisation d’espaces verts dans la ville pour un montant 5 000 000 UM et la construction et l’équipement d’une aire de jeux pour un montant de 23 000 000 UM. Ce qui hisse la Snim au rang des partenaires privilégiés de la Commune de Zouerate, l’AIMF vient d’accorder récemment un financement de 221 000 EURO pour le ramassage des ordures de la source à la décharge finale.
La municipalité prévoit la construction de point de ventes, la clôture de deux cimetières, la construction de latrines pour un montant de 7 800 000 UM et la construction d’un nouvel abattoir qui coutera 3 600 000 UM.
En ce qui concerne les infrastructures éducatives, l’Ambassade des USA en Mauritanie a financé la réhabilitation des écoles 1, 9,12 et 16 de Zouerate pour prés de 200 000 Dollars soit environ 54 000 000 UM. « On note ici que l’USADF avait financé pour un montant global de 345 000 Dollars des coopératives et une ONGs à Zouerate en 2010 ».
En 2006, 46% des écoliers étaient assis à même le sol soit environ 2300 et la majorité des écoles étaient délabrées ; aujourd’hui, toutes les écoles ont été réhabilitées et aucun élève n’est assis à même le sol. Ceci constitue, affirme le Maire de Zouerate Mr Yacoub Ould Salem Vall, dans un email d’information, une véritable satisfaction pour le conseil municipal que je dirige qui a fait de l'éducation une priorité parce qu'il constitue à ses yeux la base d'un développement véritable et durable.
Les travaux de réhabilitation et d'équipements financés, en plus de l'effort communal, par le Ministère de l'Education Nationale, la SNIM, la FS (Fondation Snim), le PDU (Plan de développement urbain), la KFW, l’Ambassade des USA en Mauritanie, a-t-il ajouté.
Zouerate se transforme peu à peu en un grand chantier de construction. Avec l’installation prochaine de sites d’extraction du minerai de fer des projets Ghelb II et Tazadit II, la ville aura besoin d’avantage d’infrastructures pour mieux accueillir de nouveaux habitants.
